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5e Dimanche de Carême A

5ème Dimanche de Carême –A-

Ezéchiel. 37, 12-14 Romains .8, 8-11 Jean 11, 1-45

Dieu ne veut être servi que par des hommes libres. Quand il les voit prendre un mauvais chemin, il les avertit par des prophètes. Si rien ne change dans leur comporte-ment, la catastrophe arrive. C’est ainsi, qu’après des années de dérive, le royaume de Juda fut envahi par les troupes de Nabuchodonosor et une grande partie de la population fut déportée en Chaldée. ( Irak du sud - Vers 586 av. J.C.)Ezéchiel, prêtre au Temple de Jérusalem, faisait partie du convoi. Passé le moment de stupéfaction, sa foi en Dieu se réveille : si le peuple est infidèle, Dieu reste fidèle.

Un jour, Dieu allume en lui une conviction qui a l’allure d’une promesse : « Ainsi parle le Seigneur : « Je vais ouvrir vos tombeaux et je vous en ferai remonter, ô mon peuple, et je vous ramènerai sur la terre d’Israël. »
Le tombeau est un endroit où on ne va pas de soi-même. On y est conduit et déposé par d’autres. Personne ne peut sortir de son propre tombeau.
En captivité, le peuple de Dieu est comme dans un tombeau. Il ne peut plus prendre la moindre décision le concernant, mais Dieu s’engage à le ramener sur sa terre d’Israël.
Quand Dieu dit : « J’ai parlé et je le ferai. » nous nous sentons invités à prendre la Parole de Jésus au sérieux quand il ramène un mort à la vie.
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Jésus a participé à la fête des Tentes à Jérusalem. Vite repéré, sa parole déclenche une manifestation. Risquant d’être lapidé, il s’enfuit de l’autre côté du Jourdain et c’est là qu’il apprend que son ami Lazare est malade. Sa réaction est rassurante et énigmatique : « Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié. »
La maladie de Lazare va donner à Dieu l’occasion de manifester sa puissance et sa gloire va rejaillir sur son Fils.

Jésus demeure deux jours à l’endroit où il se trouvait, puis il dit à ses disciples : « Revenons en Judée. » Les disciples sont sidérés. Retourner dans la fournaise de Jérusalem est suicidaire. Mais, éclairé par la volonté de son Père, Jésus est sûr de marcher sans trébucher. Et il ajoute : Lazare notre ami s’est endormi ; mais je vais aller le tirer de ce sommeil. » Ce sommeil rassure les disciples mais Jésus enlève toute ambigüité : « Lazare est mort et je me réjouis de n’avoir pas été là, à cause de vous pour que vous croyiez. Mais allons près de lui. » Fidèle, réaliste et résigné, Thomas conclut : « Allons-y nous aussi, pour mourir avec lui. »
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Avertie, Marthe part au devant de Jésus. Elle a commencé le travail du deuil : « Si tu avais été là… » Réaction de Jésus : « Ton frère ressuscitera. » Marthe le sait. Bien sûr ! Il ressuscitera… au dernier jour, mais pour l’instant,… il est mort !
« Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt vi-vra ; quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » Marthe dit sa foi : « Tu es le Christ, le Fils de Dieu. »

Marie réagit comme sa sœur. Jésus arrive trop tard. Naturellement, Jésus désire aller sur la tombe. « Où l’avez-vous déposé ? » « Viens et vois. » ! Jésus prend alors l’initiative : « Enlevez la pierre ! » Sûrement pas ! Il sent déjà. « Ne te l’ai-je pas dit : Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. » Jésus rend grâce à son Père avant de s’adresser au cadavre : « Il cria : Lazare, viens dehors ! » Le texte grec est encore plus expéditif. Pas de verbe, mais deux adverbes : « Lazare ! Ici ! Dehors ! »
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Remarques
* Les Juifs manifestent leur sympathie aux deux sœurs de Lazare. Ils pensent que Marie va prier au tombeau. Nous voyons ainsi nos voisins faire des choses mais le sens nous échappe. Les uns disent : « Voyez comme il l’aimait » Et d’autres - « Il n’avait qu’à l’empêcher de mourir ! » Qu’y-a-t-il de vrai dans nos interprétations ?
* On ne sait rien des relations que Jésus a pu avoir avec ses apôtres avant de les appeler. Il en a fait ses amis mais de son ami Lazare, il n’a pas fait un apôtre. Et pour-tant, après ce qui lui est arrivé, il aurait convaincu les foules. Jésus a prié son Père avant d’appeler ses apôtres et de ramener Lazare à la vie. Il maîtrise ses appels. Le retour à la vie de Lazare va activer la décision de supprimer Jésus.
* La sagesse populaire dit : « Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir. » Quand la mort est là, il ne faut plus rêver. La mort est la plus grande des pauvretés. On parle de vous et vous ne pouvez pas répondre. Conscient de sa vulnérabilité devant les mena-ces qui se précisent contre lui, Jésus fortifie la foi de ceux qui l’ont suivi.
Quand l’horizon est bouché, Jésus ouvre un chemin. Il fait passer du savoir à la foi donnée. Jésus se préoccupe davantage de la foi de Marthe et de Marie que du sort de Lazare. Il veut les faire progresser dans la foi en sa personne. Que Lazare sorte de son tombeau donne du poids à sa parole. C’est plus difficile pour Jésus de faire un croyant que de ressusciter un mort. En tout cas, cela prend plus de temps.
* L’évangile nous invite à repérer dans notre vie nos tombeaux, nos addictions, ce qui nous enferme. Il nous invite aussi à être attentifs au travail de Jésus dans notre vie. Par sa mort et sa résurrection, déjà il ouvre nos tombeaux de mensonge, de souffrance, de solitude et d’errance morale pour nous relever et nous faire entrer dans une vie nouvelle. Etre mort, c’est être loin de Dieu qui donne la vie.
* La communauté chrétienne accompagne cette découverte d’une autre vie dans le baptême de ses enfants. Par Jésus et avec lui, tout croyant passe de la mort à la vie. C’est l’Eglise qui enlève les bandelettes qui nous maintiennent dans la mort.

D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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