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5e Dimanche B

8 février 2015.
5ème Dimanche du T.O. -B-

out est étrange dans le livre de Job. On n’y relève aucune trace de l’histoire d’Israël, aucune allusion à la Loi ou au Temple. Tout est étrange, même le personnage, dont on pense qu’il n’est pas juif.

Sur terre, voici donc un homme parmi tant d’autres, un homme droit, craignant Dieu, faisant le bien… et vivant bien. Et… ailleurs (!) voici Dieu et l’Adversaire, deux compères, ennemis irréductibles et inséparables, qui échangent quelques propos.
Ce jour-là, Dieu attire l’attention de l’Adversaire sur le comportement exemplaire de Job. En quelques mots, l’Adversaire dégonfle la naïveté de Dieu. Job a intérêt à rester fidèle à Dieu tant qu’il en reçoit richesse et prospérité. Que Job soit mis à l’épreuve et on verra ce que vaut sa fidélité. Dieu relève le défi. L’Adversaire a les mains libres pour détruire les conditions de vie de Job. Il perd successivement tous ses biens, toute sa famille, et sa santé. Va-t-il rester fidèle ?

Le passage lu aujourd’hui nous le présente dans une situation de détresse absolue : Il fait des journées de manœuvre et ne compte que des nuits de souffrance. Le bon-heur a disparu de son horizon quotidien.
Cette lecture qui nous présente un homme affligé est déprimante, mais elle sert d’introduction au ministère de Jésus qui commence à parcourir la Galilée.

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On sait depuis les premières lignes de la Bible que la Parole de Dieu est créatrice. Rien de ce qui a été fait n’a été fait sans elle. Dieu vit que cela était bon ! Jésus est la Parole de Dieu.
Dans ces conditions, nous pouvions imaginer, avec naïveté, le Fils de Dieu faisant la visite officielle de son domaine. Évidemment, avant son passage, le terrain a été nettoyé par des services spécialisés et il ne va rencontrer que des gens beaux à voir, « genre mannequin » vivant dans l’opulence, conditionnés pour l’applaudir et pour-quoi pas heureux de le rencontrer pour lui rendre grâce.
Jésus n’est pas naïf. Il sait où il met les pieds. Il est envoyé par son Père pour restaurer l’humanité minée par un mal qui se manifeste de multiples façons. C’est cette humanité-là qu’il veut rencontrer.
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Dans le texte de Marc, dès que Jésus est baptisé, un adverbe de temps apparaît : « aussitôt ». On l’entendra souvent. Jésus serait-il un homme pressé ? Les premières pages de son évangile donnent une idée de sa méthode de travail.
- Avant tout, il a quelque chose à dire. Il est la Parole de Dieu.
- Il mène la vie de tout le monde mais il profite des situations pour prendre des initia-tives. Puisque dans une synagogue, toute personne de passage peut prendre la parole, il la prend à Capharnaüm. Il s’adresse au tout-venant et répond quand on l’interpelle.
- Il s’accorde un moment de répit chez Simon, mais, pas de chance, sa belle-mère garde le lit. « Aussitôt, on parla à Jésus de la malade. Jésus s’approcha, la saisit par la main et la fit lever. La fièvre la quitta et elle les servait. »
.Quand elle est mise debout, la fièvre la quitte ! Elle peut servir.
- La rumeur fonctionne ; les malades accourent. Jésus les accueille. Il est libre de sa parole mais il contrôle la parole de certains patients qui révèlent son identité. C’est lui qui se fera connaître… quand le moment sera venu. On ne pénètre la véritable identité de Jésus qu’après un long cheminement avec lui.
- La nuit est courte. Très tôt le matin, il s’isole pour enraciner davantage sa relation au Père.
- Il est disponible envers tous mais il n’est la propriété de personne. Il reste libre de l’organisation de son temps. D’autres l’attendent ailleurs.

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En survolant de très-haut ce cheminement, en le relisant à la lumière de la Résurrection, on perçoit dans cette volonté de s’approcher et de toucher, quelque chose de la réalité de l’Incarnation.
A la fin du récit, il dit à ses disciples qu’il doit aller ailleurs. On n’imagine pas que cet « ailleurs » puisse être autre chose que les villages voisins. Après la Résurrection, cet ailleurs couvrira l’horizon des extrémités de la terre.

En revenant au ras du sol, nous pouvons nous poser quelques questions :
- Par vocation, chaque baptisé est dépositaire de la Parole de Dieu, une Parole qui doit se manifester. Avons-nous quelque chose à dire qui ne soit pas la simple répétition de ce que nous avons appris mais qui traduit notre expérience de vie avec le Seigneur dans le réel de notre vécu ?
- « Jésus s’approcha de la malade ». S’approcher des autres ! Comment cela réson-ne-t-il à nos oreilles ? On peut se sentir invités à aller dire aux autres nos certitudes. _ On peut aussi les rencontrer pour écouter leurs questions et cheminer avec eux.
- « Jésus sortit et se rendit dans un endroit désert. » Y a-t-il du temps libre dans notre vie ? Le loisir est important. Il est important aussi que les chrétiens se réservent du temps pour un contact personnel dans la prière avec Jésus. Ce temps-là, il faut vouloir le prendre. Savons-nous nous réserver des moments, des lieux qui favorisent cette rencontre ?
- « Tout le monde te cherche ! Allons ailleurs » La tentation de devenir propriétaire de notre mission n’est pas une illusion. On se sent bien où on a été bien reçu parce qu’on a bien travaillé. On y resterait bien. Un appel peut ouvrir d’autres horizons incertains.
De quelle manière sommes-nous donnés aux autres… sans être possédés ?

D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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