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4e Dimancue de Pâques C

4ème Dimanche de Pâques -C- (Vocations)

Le temple ayant été profané pendant 3 ans (167-164 av. J.C) par des païens, il a été nécessaire de le purifier et de le consacrer à nouveau au culte du Dieu unique. Cet événement était célébré tous les ans. C’était la fête de la Dédicace. Cette année-là, Jésus est venu à la fête. Pèlerin parmi les autres, il est seul. Il n’a rendez-vous avec personne. C’est l’hiver, il fait froid. Il va et vient dans le Temple, peut-être pour se dégourdir les jambes et se réchauffer les pieds. Il se livre au hasard des rencontres.
Récemment, il a déclaré : "Je suis la porte" et "Je suis le vrai berger." Paroles énigmatiques et audacieuses qui travaillent l’opinion..

Des Juifs le remarquent et s’organisent pour l’aborder : « Combien de temps vas-tu nous tenir en haleine ? Si c’est toi le Christ, dis-le nous ouvertement. »
Jésus indique que les œuvres qu’il fait au nom de son Père donnent une réponse qu’ils ne peuvent pas entendre car ils ne font pas partie de ses brebis. Et Jésus ajoute « Mes brebis écoutent ma voix. » C’est le texte d’aujourd’hui.

Le berger et les brebis.
Il n’y a dans le monde que des brebis et des bergers, étant entendu que l’on peut être en même temps, le berger de quelqu’un et la brebis d’un autre. Le penseur analyse ce que font les hommes d’action. Un homme d’action peut être la brebis d’un penseur.
Des meneurs d’hommes, il y en a toujours eu dans l’Histoire de l’humanité. Combien de chefs, construits intellectuellement par des penseurs, ont manipulé les foules pour les entraîner dans des aventures qui firent des millions de morts.
Aujourd’hui, partout dans le monde, de nombreux bergers se lèvent pour conduire les peuples et chaque citoyen dit, avec plus ou moins de succès, qui il veut comme berger.
Qu’est-ce qu’une brebis peut demander à son berger ? Qu’est-ce qu’un électeur peut demander à un candidat ? Une vie moins dure, moins difficile, une vie plus facile… et encore plus facile,… une vie plus humaine dans le meilleur des cas, étant entendu que ceux qui vivent dans l’extrême pauvreté et l’extrême richesse ont du mal à rester humains. Un rééquilibrage ferait du bien aux uns et aux autres.

Le verbe écouter
Dans notre langage, ce mot « écouter » ne fait pas bon ménage avec le verbe entendre. De la maison, on entend les bruits de la rue. On ne les écoute pas. On entend la radio et quelquefois on l’écoute. Mais quand des gens venus rencontrer une autorité supérieure pour telle ou telle réclamation disent à la sortie avoir été écoutés mais pas entendus, il faut comprendre que l’autorité n’a pas tenu compte de ce qu’ils ont dit.

La voix. Chacun a un timbre de voix particulier. Dans une culture où l’oralité s’imposait, la voix était liée au message. On reconnait la voix de quelqu’un. La voix de Jésus n’a pas été enregistrée ! Son message a été écouté, entendu et transmis par ses disciples..

« Mes brebis écoutent ma voix » dit Jésus. Jésus est-il notre berger ? Nous laissons-
nous construire par son message ?
Il nous arrive de faire un tour en ville et donc de frôler les devantures de magasins.
Nous voyons des choses diverses en y prêtant plus ou moins d’attention.
A la messe, vous l’avez remarqué, la parole, dite ou chantée, est abondante. A la sortie, pouvons-nous dire que nous avons entendu, écouté, retenu ?
Dans tout ce qui a été dit, serions-nous capables de dire le petit bout de phrase, le mot qui nous a interpellés, le mot qui nous appelle, le mot qui va nous accompagner au cours de la semaine dans tous les lieux que nous fréquentons, dans toutes les situations que nous allons traverser ?

C’est aujourd’hui la journée de prière pour les vocations. On pense spontanément aux vocations de prêtres et de religieux. Jésus ne cesse d’appeler. Est-il entendu ? écouté ? Son appel est-elle accueilli ?
Dans un monde où tout le monde prend la parole sans savoir s’il est écouté et par qui, quelle place l’appel de Jésus peut-il trouver dans notre vie ?

Si chaque baptisé a le souci de répondre à l’appel personnel que Jésus lui adresse, là où il se trouve, il est évident que l’Eglise aura les personnels nécessaires, (prêtres, religieux et laïcs) dont elle a besoin pour remplir sa mission. Tout le monde n’est pas appelé à la même chose. On n’imagine pas une Eglise où il n’y aurait que des papes. L’expression est peut-être extravagante mais Ste Thérèse de l’Enfant Jésus dit la même chose… de manière plus poétique. Chaque baptisé a une mission particulière à remplir.
Magnificat N° 281 avril 2016 p. 249

« Longtemps, je me suis demandé pourquoi le bon Dieu avait des préférences, pourquoi toutes les âmes ne recevaient pas un égal degré de grâces.
Jésus a daigné m’instruire de ce mystère.
Il a mis devant mes yeux le livre de la nature et j’ai compris que toutes les fleurs qu’il a créées sont belles, que l’éclat de la rose et la blancheur du lys n’enlèvent pas le parfum de la petite violette ou la simplicité ravissante de la pâquerette.
J’ai compris que si toutes les petites fleurs voulaient êtres des roses, la nature perdrait sa parure printanière, les champs ne seraient pas émaillés de fleurettes.
Ainsi en est-il dans le monde des âmes qui sont le jardin de Jésus. »

Et donc contentons-nous de devenir aussi parfaitement que possible ce à quoi nous sommes appelés.
D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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