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4e Dimanche de l’Avent C -Michée 5,1-4a

Michée 5,1-4a
5
1 Et toi, Bethléem Éphrata,
le plus petit des clans de Juda,
c’est de toi que sortira pour moi
celui qui doit gouverner Israël.
Ses origines remontent aux temps anciens,
aux jours d’autrefois.
2 Mais Dieu livrera son peuple
jusqu’au jour où enfantera...
celle qui doit enfanter,
et ceux de ses frères qui resteront
rejoindront les fils d’Israël.
3 Il se dressera et il sera leur berger
par la puissance du Seigneur,
par la majesté du nom du Seigneur, son Dieu.
Ils habiteront en sécurité, car désormais
il sera grand jusqu’aux lointains de la terre,
4 et lui-même, il sera la paix !

A propos de cette lecture.

Michée prophète de la fin du 8e siècle exerce son ministère à la même époque qu’Isaïe. D’origine campagnarde, il dénonce vigoureusement la corruption généralisée à Jérusalem. Il s’en prend à tous ceux qui exercent l’oppression sur les petits et annonce la destruction de Jérusalem : « Sion sera un champ qu’on laboure, Jérusalem un monceau de ruines et la montagne de la Maison deviendra une hauteur boisée » 3,12.

A la lecture de Michée, on se rend compte que le prophète était un rural, il faisait partie des petites gens de son époque, lui-même était victime des injustices sociales. Témoin horrifié des violences et des dévastations de l’envahisseur assyrien, il a vu la chute de la Samarie et le début de l’Exil. Aussi, manifeste-t-il constamment une certaine agressivité à l’égard des responsables politiques, militaires ou religieux de Jérusalem.
Mais quoiqu’il arrive, Dieu a toujours le dernier mot et le temps du délaissement laissera place à l’espérance, au renouveau, à la conversion.

Michée, se souvenant des mœurs de Dieu « aux jours d’autrefois, ne se laisse donc pas ébranler par les désarrois qui le traversent. Pour lui, le peuple n’aura pas besoin de s’appuyer sur des guerriers prétentieux ou ambitieux pour voir la réalisation des promesses divines.
« Et toi, Bethléem Ephrata » ! Le nouveau David va surgir, non de l’orgueilleuse capitale, de Jérusalem la grande, mais de l’humble bourgade de Bethléem, la maison du Pain du clan d’Ephrata-la Féconde, dans le territoire de Benjamin où mourut Rachel, l’épouse de Jacob. C’est dans ce petit village de Bethléem-Ephrata que Dieu prépare la naissance du véritable Berger d’Israël. Le texte de ce jour porte en lui la grande promesse dont vivait et vit encore Israël.

L’oracle de Michée 5, révèle une tension entre « la grandeur cosmique du vrai berger et la petitesse de Bethléem. Le Messie naîtra de « Toi Bethléem Ephrata, trop minable pour appartenir aux grandes familles de Juda ». L’étable de Luc (il parle d’une « mangeoire ») est dans la parfaite logique de ce texte. Il fallait trouver, dans la ville la plus minable, ce qu’il y avait de plus méprisable.

Alors qu’on croyait la vie finie et le peuple mort, c’est comme toujours à partir d’un petit reste, que Dieu va faire sortir d’Ephrata un souverain qui délivrera Israël et le fera grandir « jusqu’aux confins de la terre ».

A propos d’Ephrata : Bethléem est occupée à l’époque des Juges par le clan d’Ephrata. « Il y aurait eu un clan ephratéen à Bethléem et autour de ce clan se serait peu à peu constitué la tribu de Juda. » cf. Le monde de la Bible. Ephrata est considéré comme le Père de Bethléem. Ephrata est le lieu de sépulture de Rachel. C’est beaucoup plus tard que le « nom d’Ephrata » a été glosé en précisant qu’il s’agit de Bethléem.

v.2 La pointe de ce verset « jusqu’au temps où enfantera… », dit clairement que Dieu n’abandonne pas son peuple. Ce temps de délivrance sera précédé d’un malheur qui durera le temps d’une grossesse.
Le « reste de ses frères » désigne ceux qui survivent au malheur de la nation. Il s’agit des « frères de l’enfant que celle qui doit enfanter, met au monde » Osty
Les fils d’Israël, ce sont ceux qui n’ont pas été déportés.
Car il faut quand même savoir que « la descendance davidique disparaîtra en exil. Il faut reprendre l’aventure à frais nouveaux, revenir aux origines, aux temps passés, aux jours d’autrefois, à la Bethléem de Jessé, le père de David. Vers cette même époque un disciple d’Isaïe proclamera : « un surgeon sortira de la souche abattue de Jessé. Dieu annonce la naissance d’une nouveau David qui à l’instar du premier doit émerger d’un mystère de pauvreté … » Le Monde de la Bible n°30 p. 31-32.

V4 : Lui-même sera en paix. Ce merveilleux espoir de paix que tous les peuples attendaient et avait été annoncé par Isaïe 9,6 et par Zacharie 9,10, est confirmé par Paul à propos du Christ Michée affirme que le messie est lui-même la paix. On trouvera chez Paul une affirmation similaire : « c’est lui le Christ qui est notre paix » Eph. 2,14.

Michée a compris que le choix du plus faible pour accomplir les promesses n’est pas pur caprice de la part de Dieu. C’est la logique même de l’amour tout-puissant !

Pour que puisse entrer dans le mystère de la Nativité une société comme la nôtre, avide de performances et où seuls les battants réussissent, il lui faut accueillir cette Parole. Les grandes choses se réalisent vraiment que dans l’humble fidélité. La conversion qui nous est demandée à la veille de Noël est celle du refus d’une Eglise qui se voudrait imposante. C’est d’un hameau presque inconnu de Juda que vient l’homme qui sera la paix pour tous. Ne faisons pas mentir cette Parole ! Nous n’enfantons pas notre salut, nous ne le méritons pas, nous le recevons gratuitement. Nous ne pouvons arguer d’aucun artifice pour célébrer Noël. Sans nous targuer d’aucun mérite ou de capacité d’aimer, nous avons à nous faire petits, pour tout recevoir.

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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