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4e Dimanche de l’Avent C

4ème Dimanche de l’Avent –C-

Michée 5,1-4 Hébreux 10, 5-10 Luc 1, 39-45

Marie a appris par l’ange Gabriel qu’elle a été choisie pour concevoir et enfanter un fils qui sera appelé Fils du Très Haut. Son OUI fait que désormais elle attend un bébé.
Marqués par notre culture, nous sommes enclins à penser que Marie, avec une telle mission, aurait pu prendre des mesures pour garantir sa sécurité. Il n’en est rien. En même temps qu’elle apprend qu’elle est devenue maman, elle apprend aussi que sa cousine Élisabeth, réputée stérile, est dans la même situation : elle aussi attend un bébé depuis six mois.
L’ange n’a pas suggéré à Marie d’aller voir sa cousine, mais l’information a été reçue comme une invitation : « (Elle) se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse dans une ville de Judée. »

Luc a écrit un Evangile et les Actes des Apôtres. Dès les premières lignes de son œuvre, nous voyons Marie quitter la sécurité de son chez soi pour s’aventurer sur la route. A la fin des Actes des Apôtres, cette route nous aura conduits à Rome, le centre de l’empire romain. La présence de Jésus, au plus intime de la vie de Marie, la met sur une route qui ira jusqu’aux extrémités de la terre.
Il peut y avoir plusieurs motifs d’aller chez quelqu’un. On a quelque chose à lui dire ; il faut absolument qu’il le sache. Ou bien on veut simplement échanger quelques nouvelles, assurer une présence. En allant en Judée, il est vraisemblable que Marie ait voulu simplement rendre service à cette cousine déjà d’un certain âge.

« (Marie) entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. » Entrer dans une maison, c’est entrer dans une vie concrète. La première chose à faire est de saluer. Saluer quelqu’un, c’est le faire exister, c’est reconnaître la place qu’il a dans notre vie. Dans tout salut, il y a la parole, le regard et éventuellement une poignée de mains. Le regard est important. Qu’une personne vous dise bonjour en vous serrant la main et en regardant ailleurs est déplaisant.

Elizabeth a perçu comme une faveur de Dieu de devenir enceinte. La salutation de Marie lui donne d’exister autrement. Marie l’a saluée avec les formules en usage à l’époque mais elles ont une résonance particulière dans le cœur d’Élisabeth. Elle en vient à se demander si ce n’est pas elle qui aurait dû rendre visite à sa cousine Marie :
« Quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors Élisabeth fut remplie de l’Esprit Saint, et s’écria d’une voix forte : Tu es bénie entre toutes les femmes et le fruit de tes entrailles est béni. D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? Lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en moi. »

Dans les choses qui arrivent, il y a des concomitances qui sont perçues comme des signes. La parole de Marie habitée par la présence de l’enfant à naître a éveillé l’enfant que porte Élisabeth. Le tressaillement (noté deux fois) a bousculé la vie d’Élisabeth. Son regard sur Marie a changé.
Nous voilà au cœur d’une rencontre entre deux générations : une toute jeune femme et une femme déjà âgée. Toutes deux sont porteuses d’une vie qui n’était pas ou qui n’était plus attendue.
Pour Élisabeth, Marie n’est plus seulement une cousine : Dieu a fait aussi en elle quelque chose d’inattendu et de merveilleux.
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Ce récit centre notre attention sur Élisabeth. Elle occupe la scène. Elle est saluée. Elle sent en elle le mouvement de l’enfant. Elle proclame et raconte, tandis que Marie reste en silence. Cependant c’est Marie qu’il faut regarder. C’est d’elle qu’on parle. Les paroles d’Élisabeth ne sont pas un souhait mais une révélation. Ce que Dieu a fait en Marie est pour le bien de son peuple. Pour la première fois dans l’évangile de Luc, Jésus, encore à naître, est appelé Seigneur.
« Mère de mon Seigneur » est le plus splendide titre marial dans le Nouveau Testa-ment. Dans la Parole d’Élisabeth, toute la communauté des croyants peut se reconnaître.
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Ce récit de Luc nous invite à regarder les rencontres qui meublent nos journées. Certaines n’ont pas de suite, (les inconnus qu’on croise dans la rue), D’autres restent occasionnelles , (celle du client avec un commerçant). D’autres laissent une trace dans notre vie. Le conférencier de passage ne sait rien de son public mais tel auditeur aura reçu une parole comme un message à explorer. D’autres deviennent des relations. Certaines se distendent pour des raisons diverses. On se voit moins souvent : en ce cas, ou bien le lien reste fort ou bien il s’effiloche.
- Marie a-t-elle revu Élisabeth ? On n’en sait rien. Joseph et Marie, Zacharie et Elisabeth se sont consacrés à l’éducation de leur enfant.
- Jean-Baptiste, le fils d’Élisabeth, et Jésus, le fils de Marie, ont suivi leur chemin. Ils se sont rencontrés une fois dans l’eau du Jourdain.
- Il y a des rencontres qui laissent des traces. En élevant son fils Jean, Élisabeth n’a pas pu oublier sa rencontre avec Marie.
- En saluant Élisabeth, Marie a permis à Jésus à naître de se manifester.
- Qu’en est-il de nos rencontres ? Ce que nous disons de plus banal est-il une parole de celui qui nous habite ?
- Y-a-t-il des paroles qui ont bousculé notre vie ?
D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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