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4e Dimanche de l’Avent B


2ième lecture : Romains 16/25-27

25 A Celui qui a le pouvoir de vous affermir selon l’Evangile que j’annonce en prêchant Jésus Christ, selon la révélation d’un mystère gardé dans le silence durant des temps éternels, mais maintenant manifesté et porté à la connaissance de tous les peuples païens par des écrits prophétiques, selon l’ordre du Dieu éternel, pour les conduire à l’obéissance de la foi, à Dieu, seul sage, gloire, par Jésus Christ, aux siècles des siècles ! Amen.

A propos de cette deuxième lecture :

Ces versets font partie de la finale de la lettre aux Romains.
Et, même si la plupart des exégètes prétendent que cette finale est une ajoute qui ne serait pas de la main de Paul, ce texte n’est pas sans importance à quelques jours de la prochaine fête de Noël. « A Dieu qui est seul sage, par Jésus Christ, à lui soit la gloire ». C’est bien ce que Marie a fait en se fiant uniquement à la gratuité de l’amour de Dieu.
Malgré les difficultés que connaît la communauté, de la part des fauteurs de dissensions et de pièges dûs à l’intégrisme des judaïsants « qui ne sont pas au service de notre Seigneur Jésus-Christ mais de leurs tripes » ; malgré cela éclate l’émerveillement et l’action de grâce de Paul lorsqu’il contemple les merveilles de la grâce dans le cœur de tous ceux qui ont été touchés par l’Evangile, dans le cœur de tous ceux à qui il a annoncé la Bonne Nouvelle.

C’est la grande doxologie finale de la lettre aux Romains : le secret merveilleux de Dieu est enfin révélé, dévoilé et le salut est donné à tous. Cette doxologie à la louange de Dieu, jaillit de l’émerveillement de Paul face à Dieu qui a le pouvoir d’affermir les croyants selon l’Evangile et de le proclamer à toutes les nations, selon le mystère resté caché. L’action de grâce est fréquente chez Paul : toute sa vie est action de grâce tant il perçoit Dieu à l’œuvre dans toute sa vie et celle des communautés. Paul, qui a parcouru tout le monde romain pour y annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus et pour conforter et affermir tant de communautés dans leur cheminement et difficultés, sait que c’est le Seigneur qui affermit et que l’Esprit rend fort ceux qui s’engagent.

v. 25 « La révélation d’un mystère » : de quoi s’agit-il ? Il ne s’agit pas de quelque chose d’inaccessible mais du projet de libération de Dieu, annoncé par les prophètes et révélé aujourd’hui de manière explicite selon la Sagesse de Dieu pleinement révélée par Jésus. Cette Sagesse de Dieu révélée en Ephésiens, 1, 4-6 : « Il nous a choisis en lui avant la fondation du monde pour que nous soyons saints et irréprochables sous son regard, dans l’amour. Il nous a prédestinés à être pour lui des fils adoptifs par Jésus Christ ; ainsi l’a voulu sa bienveillance à la louange de sa gloire, et de la grâce dont il nous a comblés en son Bien-aimé », et qu’il constate à l’œuvre présentement.
Ce mystère qui est révélation de Jésus Christ et du salut apporté par lui, ne sont donc pas seulement portés à la connaissance mais bien à l’œuvre.

v. 26 Le travail d’affermissement selon l’Evangile, opéré par l’annonce de Jésus-Christ reste un mystère. C’est le mystère du salut longtemps caché et enfin révélé qui a pour but de conduire tous les hommes et toutes les femmes à la foi, à l’obéissance de la foi. C’est déjà de ce but que Paul parlait tout au début de sa lettre : « nous avons reçu grâce et apostolat pour prêcher, à l’honneur de son nom, l’obéissance de la foi parmi tous les païens, dont vous faites partie, » 1,5.6
La foi n’est rien d’autre que la réponse libre de l’homme à Dieu, son acceptation à entrer dans le projet de Dieu. C’est un oui qui est aussi un retour à Dieu et entrée dans une voie de renouveau, de renaissance et donc un refus du passé ; il nécessite la conversion, le renversement. C’est en ce sens qu’elle est obéissance, fruit d’une écoute qui ose accepter la Parole d’un autre, lui faire pleinement confiance et s’engager à sa suite sur sa seule parole. C’est un oui qui est aussi un retour à Dieu et entrée dans une voie de renouveau, de renaissance et donc un refus du passé ; il nécessite la conversion, le renversement. L’obéissance de la foi est le fruit d’une écoute qui ose accepter la Parole d’un autre, lui faire pleinement confiance et s’engager à sa suite sur sa seule parole. En accueillant pleinement la révélation d’amour de Dieu et en y répondant l’homme entre dans une relation toute spéciale avec Dieu, une relation d’amour qui répond à l’amour par l’amour. C’est en ce sens qu’on peut parler réellement d’obéissance et pas dans le sens d’une soumission contraignante, même si on sait que l’amour est toujours exigeant s’il est vrai.

Pour reprendre avec Feu Nouveau, « cette révélation ou plus exactement cette manifestation lumineuse en la personne de Jésus Christ requiert en réponse « l’obéissance de la foi », comprenons : l’obéissance qu’est la foi, la foi en Jésus Seigneur et Fils de Dieu. Il ne s’agit pas d’une soumission à des vérités théoriques mais de l’accueil de la personne même de Jésus, dans un élan de confiance absolue et dans un engagement total de vie à sa suite. Ce mouvement de confiance et d’adhésion s’explicite dans une écoute attentive et dans un abandon total entre ses mains. »

La Parole de l’Evangile est à la source, à l’origine de la réponse de la foi, en ce sens l’Evangile, la Bonne Nouvelle, interpelle l’homme, tout homme : tous les peuples païens sont appelés. Jésus-Christ est manifesté à la face de tous les peuples ! En est-il bien ainsi de nos jours ? Est-ce bien vrai ? En résumant ici le projet libérateur de Dieu annoncé jadis par les prophètes et révélé aujourd’hui à toutes les nations, Paul nous invite à contempler le mystère resté longtemps caché et maintenant porté à la connaissance de toutes les nations. De ceux qui étaient hier ses ennemis, Dieu en fait ses bien-aimés. Telle est l’œuvre de ce Dieu « sage ». Toute notre vie devrait concourir à cette annonce, à cette proclamation, même si elle semble parfois pauvre et timidement annoncée, il est certain qu’elle nous est parvenue aujourd’hui et qu’elle continue d’atteindre son but.
Aussi devons-nous nous essayer davantage à être plus occupés de ce que Dieu fait pour nous que de ce que nous faisons pour lui. « Le vrai, le grand problème, c’est d’être content de Dieu. Il est difficile d’être pratiquement, concrètement, content de Dieu de telle façon que l’on consente simplement à marcher chaque jour dans la joie d’être aimé gratuitement ! Marie a vécu ainsi. Elle a été contente de Dieu dans la joie d’être aimée. La gloire de Dieu, c’est d’aimer pour rien. C’est pour cette gloire-là que Dieu s’est fait homme. Et ce que nous pouvons lui apporter, c’est la joie de tout recevoir. C’est en cela qu’il avait besoin de Marie et qu’il a besoin de nous. Célébrer Noël avec Marie, c’est célébrer un Dieu qui nous aime bien !
« Et, selon le vœu de Paul qui résume tout le propos de l’ensemble de son épître sur la grâce de la Foi, ‘Que la gratuité de notre Seigneur Jésus soit avec vous !’ » Ruelle.

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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