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4e Dimanche de l’Avent A

Romains 1,1-7
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1 Paul, serviteur de Jésus Christ, appelé à être apôtre, mis à part pour annoncer l’Evangile de Dieu.
2 Cet Evangile, qu’il avait déjà promis par ses prophètes dans les Ecritures saintes,
3 concerne son Fils, issu selon la chair de la lignée de David,
4 établi, selon l’Esprit Saint, Fils de Dieu avec puissance par sa Résurrection d’entre les morts, Jésus Christ notre Seigneur.
5 Par lui nous avons reçu la grâce d’être apôtre pour conduire à l’obéissance de la foi, à la gloire de son nom, tous les peuples païens,
6 dont vous êtes, vous aussi que Jésus Christ a appelés.
7 A tous les bien-aimés de Dieu qui sont à Rome, aux saints par l’appel de Dieu, à vous, grâce et paix de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ

A propos de cette lecture

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En quoi ces premiers versets de la Lettre aux Romains peuvent-ils éclairer notre cœur à quelques heures de Noël ?
Cette lettre de Paul fut écrite en 57 ou 58. Elle résume l’essentiel de l’Evangile, tel qu’il l’a compris et vécu. Paul commence par se présenter en résumant la doctrine qui l’habite et dont le thème pourrait se résumer : « la grâce et la justice de Dieu » . « Le salut est une grâce qui ne se mérite pas » et cependant elle demande notre accueil et notre participation. Cette lettre a eu une grande influence dans l’histoire de l’Eglise et a été à l’origine d’une tempête mais aussi de retrouvailles : « ce texte de nos divisions entre Eglises est devenu le texte de notre rencontre » Pasteur Boegner.
Tout l’apostolat de Paul fut exercé en terre païenne où il a fondé nombre d’Eglises, avec le souci primordial de mettre les baptisés en relation avec le Christ, comme lui-même il en vivait, et de les regrouper en communauté autour de ce même Christ.
Lors de son troisième voyage, à Corinthe,( il va rester trois mois),il projette d’aller à Jérusalem pour y déposer les fruits de la collecte, avec certaines craintes, et de continuer ensuite sa mission en Espagne et à Rome. Il est à un tournant de sa vie. Il a parcouru toute l’Asie mineure et la Grèce qui compte bon nombre de communautés dont la plupart sont situées dans les grandes villes. Il décide maintenant d’aller plus loin, chez les païens d’Occident. C’est dans cette intention qu’il écrit à la communauté de Rome fondée par Pierre. Marche-t-il sur les traces de Pierre ? Nul ne pourra le dire !

Ceci étant dit, nous pouvons entrer dans le texte, écouter Paul : le texte grec commence directement par « Paul esclave de Christ » sans ajouter le « moi » qui donne une autre tonalité.
Paul commence sa lettre en se présentant – il ne connaît pas la communauté de Rome- en disant qui il est et comment il se voit, nous dirions il donne sa carte d’identité. Il se dit : « esclave du Christ , appelé par Dieu et mis à part pour proclamer la Bonne Nouvelle de l’Evangile de Dieu ».
Cette Bonne Nouvelle n’est pas d’aujourd’hui, Paul s’inscrit dans la lignée des prophètes, eux aussi mis à part et appelés à être les serviteurs de la Parole. Comme eux Paul s’efface derrière un message qui n’est pas le sien.

Les salutations et les présentations sont rarement anodines dans les épîtres. Elles sont au contraire souvent un résumé de l’évangile ou de l’annonce développée dans le corps de la lettre.
Dans cette lignée des prophètes Paul se situe comme serviteur et esclave d’une Parole du Seigneur à proclamer envers et contre tout. « Comme dans toutes les religions sémites « esclave » veut dire « dépendance totale de l’homme vis à vis de la divinité ». Paul vit dans cette dépendance totale vis à vis de Celui qui l’a interpellé sur le chemin de Damas, et qui lui donne la plus grande des libertés. C’est ainsi qu’il a été appelé pour être apôtre : « L’apôtre est un délégué de Dieu qui se cache derrière un message qui n’est pas le sien ».
Mis à part pour le service de Dieu, pour annoncer l’Evangile, et donc sa vie n’est que réponse à l’initiative gratuite de Dieu. Il va jusqu’à dire la même chose de ses destinataires. Eux aussi sont l’objet de la tendresse de Dieu et d’un appel de Jésus Christ. Là se trouve le cœur de la Bonne Nouvelle.

Ensuite, Paul évoque sa mission. Il ne prêche pas un nouvel évangile, mais une Bonne Nouvelle que Dieu avait déjà promise, qui a pour racine les prophètes et qui concerne son Fils. Ici nous décelons la raison pour laquelle ce texte est choisi en ce dernier dimanche de l’Avent.
La Bonne Nouvelle, cet Evangile de Dieu, c’est Jésus Christ ; son Fils, issu selon la chair de la lignée de David , « établi, selon l’Esprit Saint, Fils de Dieu avec puissance par sa Résurrection d’entre les morts, Jésus Christ notre Seigneur ».
Telle est la Bonne Nouvelle que Dieu voulait nous donner : la Bonne Nouvelle, n’est pas quelque chose, mais Quelqu’un. Paul ne fait pas de la catéchèse, il annonce quelqu’un qui est Bonne Nouvelle. Il nous découvre le mystère du Christ en deux temps. D’abord l’homme Jésus, fils de David, pauvre et démuni, qui comme chaque homme est pourvu d’une généalogie : Jésus a sa place dans la race humaine. C’est la Bonne Nouvelle ! Comme nous, Jésus est né d’une femme. Il n’est pas venu faire semblant mais il se situe vraiment dans l’histoire de l’humanité. Il est l’accomplissement de la promesse faite par Dieu au monde.
Mais ce n’est pas tout ! Paul proclame que Jésus Christ est « re-né », ressuscité. Fils de Dieu, il reçoit mission de faire participer tous les croyants à sa filiation divine. « Il nous a donné pouvoir de devenir fils de Dieu et nous le sommes », écrira saint Jean.
Telle est la mission de Paul : « pour conduire à l’obéissance de la foi, à la gloire de son nom, tous les peuples païens » . Curieuse formule dit M-N Thabut, mais dans l’esprit de Paul ,comme dans toute la bible, être « esclave du Christ » c’est entrer dans la voie du « OUI » du Christ à son Père « voici que je viens faire ta volonté » qui est un oui de communion dans l’amour. L’amour filial ainsi vécu est ressourcement continuel et rayonnement de la Bonne Nouvelle.

Prêcher Jésus Christ, pour Paul, c’est inévitablement souligner le lien étroit entre Noël et Pâque. Et ce lien justifie la possibilité de célébrer le mystère de la nativité dans la célébration eucharistique. On ne peut célébrer Noël sans référence à Pâques. Sans la résurrection, nous pourrions sans doute célébrer la naissance de Jésus comme un anniversaire mais nous ne pourrions pas la célébrer dans l’Eucharistie, mémorial de la mort et de la résurrection du Christ.
Pour Paul, Jésus est Bonne Nouvelle parce qu’il est au centre, au sommet de l’histoire. Il y a un avant Jésus : la promesse, les prophètes, la race de David, sa mère. Il y a aussi un après, c’est ce que nous vivons à la suite du Christ ressuscité. "Jésus-Christ plus jamais ne sera mort" voilà la Bonne Nouvelle qui demeure. Il est avec nous, Dieu qui chemine avec nous, non plus sans doute dans la pauvreté de la race humaine, mais dans la victoire sur toute forme de mort.
Célébrer la Nativité, c’est annoncer « Dieu-avec-nous » par le mystère pascal de son Fils. Cette annonce déconcertante, nous sommes appelés à l’annoncer à notre tour. Nous en avons reçu la vocation, dit Paul.

En ces quelques jours qui nous séparent de Noël, invitation nous est faite de prendre conscience de notre chance et de notre responsabilité : nous sommes appelés par Dieu pour annoncer la Bonne Nouvelle d’un Dieu-avec-nous. Jésus est LE chemin de Dieu vers l’humanité. C’est peut-être là le seul motif qui justifie le traditionnel « joyeux Noël ».

« Moi Paul, serviteur de Jésus Christ, appelé par Dieu pour être Apôtre, mis à part pour annoncer la Bonne Nouvelle que Dieu avait déjà promise par ses prophètes dans les saintes Écritures, je m’adresse à vous, bien-aimés de Dieu qui êtes à Rome.
Cette Bonne Nouvelle concerne son Fils : selon la chair, il est né de la race de David ; selon l’Esprit qui sanctifie, il a été établi dans sa puissance de Fils de Dieu par sa résurrection d’entre les morts, lui, Jésus Christ, notre Seigneur. Pour que son nom soit honoré, nous avons reçu par lui grâce et mission d’Apôtre afin d’amener à l’obéissance de la foi toutes les nations païennes, dont vous faites partie, vous aussi que Jésus Christ a appelés. Vous les fidèles qui êtes, par appel de Dieu, le peuple saint, que la grâce et la paix soient avec vous tous, de la part de Dieu notre Père et de Jésus Christ le Seigneur. « 

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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