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4e Dimanche de l’Avent

4ème Dimanche de l’Avent –A-
Is 7, 10-16 Rom. 1, 1-7 Mt 1, 18-24

Pour nous préparer à célébrer Noël, la Liturgie nous invite à regarder deux hommes, Acaz et Joseph. L’un est roi et l’autre charpentier. Tous les deux, descendants de David à 7 ou 8 siècles de distance, se trouvent dans une situation difficile. Dieu intervient dans la vie d’Acaz par le prophète Isaïe et dans la vie de Joseph par un ange.

La vie du peuple de Dieu, aujourd’hui comme hier, est mêlée aux événements de la vie internationale. Comment être fidèle à Dieu quand on est immergé dans les combinaisons politiciennes de l’Histoire ? L’histoire d’Acaz n’a rien à voir avec un conte de Noël.

L’ancien royaume de David est divisé en deux depuis environ 200 ans. Deux rois, deux capitales, (Samarie au nord, Jérusalem au sud), et donc deux politiques.
C’est à Jérusalem que règne la dynastie de David, celle dont naîtra le Messie.
A peine installé sur son trône à Jérusalem, le roi Acaz, est affronté à une situation bien compliquée. Et il n’a que 20 ans !
Il doit choisir entre deux camps rivaux. Avec lequel faut-il faire alliance ?

Le premier camp est une puissante émergente au Proche Orient, l’empire assyrien (Irak du nord, capitale Ninive). L’Assyrie menace toute la région et ses armées sont arrivées jusqu’à Damas en Syrie et en Samarie. Ayant capitulé, les rois de Syrie et de Samarie doivent verser régulièrement des sommes d’argent importantes au vainqueur.

L’autre camp, ce sont justement ces deux petits royaumes de Syrie et de Samarie. Révoltés contre Ninive vers 735 avant J.C., ils veulent donner plus de poids à leur coalition, en demandant l’appui du roi Acaz qui refuse. Elles font alors le siège de Jérusalem pour détrôner Acaz et le remplacer par un roi plus coopérant.
Tandis qu’Acaz est pris de panique, le prophète Isaïe garde son sang froid et rassure Acaz : Dieu en effet à promis que sa dynastie ne s’éteindrait pas. Jérusalem ne sera pas prise. La chance d’Acaz est dans sa foi.

Mais justement Acaz à la tête et le cœur ailleurs. Pour sortir de cette situation périlleuse, il offre des sacrifices aux idoles et va même jusqu’à immoler son fils par le feu (2 R. 16,3). Conclusion : Pour contrer les rois de Syrie et de Samarie, il demande l’appui de l’empereur assyrien.
Isaïe s’oppose à cette solution qui va priver Acaz de son indépendance politique et religieuse. Et c’est là que nous retrouvons le texte d’Isaïe d’aujourd’hui.

Isaïe dit à Acaz : Puisque tu as du mal à croire demande à Dieu un signe. Acaz répond de manière hypocrite. « Jamais je ne mettrai le Seigneur à l’épreuve. » Et il s’entête dans le mauvais choix qu’il a fait. Isaïe se fâche.
Même devant l’infidélité répétée d’Acaz, Dieu va rester fidèle. Il va le prouver en donnant à Acaz un autre fils. La descendance de David sera ainsi assurée. Ce fils n’est pas nommé « fils d’Acaz » selon la coutume. Sa mère lui donnera le nom « Emmanuel » (Dieu-avec-nous) ce qui montre qu’en fait, il est d’abord fils de Dieu.
Avant que cet enfant ait atteint l’âge de raison, les deux rois de Damas et de Samarie seront battus par les Assyriens et Jérusalem sera sauvée … provisoirement. (722 avant J.C.)

Au fil des siècles, cet oracle d’Isaïe se charge d’un sens nouveau. Dans l’Emmanuel annoncé, le peuple d’Israël voit l’annonce du Messie. Quand les sages d’Israël traduisent le texte, ils remplacent le mot hébraïque « jeune femme » (la femme du roi Acaz) par le mot grec « vierge ». Le signe s’est enrichi et met l’accent sur une intervention particulière de Dieu. Vraiment, le salut ne viendra jamais des hommes et de leurs combines. Il viendra de Dieu.
*
Sans quitter la descendance de David nous sortons de la cour du roi Acaz pour rejoindre, huit siècles plus tard un charpentier de Nazareth, Joseph.
L’évangile de Matthieu s’adresse à des communautés juives converties au Christ. Naturellement, Matthieu fait remonter la généalogie de Jésus à Abraham et la poursuit par David et les rois d’Israël. Il affirme que Jésus est un vrai fils d’Israël, un vrai fils de David, le vrai roi que Dieu envoie à son peuple

Mais Jésus est aussi le fils d’une vierge, né d’une intervention spéciale de Dieu.
Donné au peuple juif, Jésus échappe au peuple juif pour être donné à toute l’humanité.

Au manque de foi manifesté par le roi Acaz répondent la foi de Marie et la foi de Joseph. Si Joseph est présenté comme juste, c’est qu’il connaît la loi et malgré la déception de son cœur, il envisage de redonner à Marie sa liberté.
Il faut imaginer sa souffrance. Il s’était cru capable de rendre Marie heureuse et voilà que, semble-t-il, elle en a choisi un autre puisqu’elle est enceinte avant qu’ils n’aient habité ensemble.

Acaz a refusé de mourir à son projet Il a eu plus confiance en ses calculs personnels qu’en Dieu. Face son entêtement, il a fallu l’entêtement de Dieu pour assurer la continuité de la race de David.
Joseph a renoncé à s’imposer auprès de Marie, mais finalement, il reçoit de Dieu lui-même son épouse avec la mission d’humaniser le fils de Dieu.
Devant la crèche, il est permis aux enfants de s’émerveiller. Il est permis aussi à nous, les adultes, de nous interroger. Les décisions que nous prenons disent en qui ou en quoi nous mettons notre foi.
Pour intervenir dans notre monde d’aujourd’hui Dieu a besoin de notre Oui.

D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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