Accueil > Prier avec nous > Commentaires 1ére lecture > 4e Dimanche de Pâques B -

 

4e Dimanche de Pâques B -

2e lecture : 1 Jean 3,1-2 Voyez quel grand amour le Père nous a donné !

1 Voyez de quel grand amour le Père nous a fait don, que nous soyons appelés enfants de Dieu ; et nous le sommes ! Voilà pourquoi le monde ne peut pas nous connaître : il n’a pas découvert Dieu.
2 Mes bien-aimés, dès à présent nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons n’a pas encore été manifesté. Nous savons que, lorsqu’il paraîtra, nous lui serons semblables, puisque nous le verrons tel qu’il est.

A propos de la 2ème lecture :

Nous avons ici une révélation fondamentale du Nouveau Testament ; tellement inouïe que Jean lui-même en est tout émerveillé. Il est comme incapable de l’exprimer et de la décrire ; alors il nous invite à voir par nous-mêmes. Comme quoi il faut peu de mots pour dire beaucoup de choses ! En quelques lignes Jean nous plonge dans la profondeur de notre vie de baptisé.

« Voyez de quel grand amour le Père nous a fait don ». Le Dieu de la Bible est un Dieu qui donne, un Dieu qui fait grâce. Dieu n’est que gratuité.
L’expérience de Dieu et de son amour pour nous, personne d’autre ne peut la faire à notre place. Laissons-nous entraîner et suivre Jean, essayons de voir ce qu’il veut nous dire, à quoi il nous invite : « Voyez ».
« Voyez quel amour le Père nous a donné, puisque nous sommes appelés enfants de Dieu ! Et nous le sommes ». Nous sommes enfants de Dieu, comblés de l’amour de Dieu. Mais comme il le dit encore Jean : « ce que nous serons n’a pas encore été manifesté ».
Notre participation à la vie divine se fait par mode de filiation : fils de Dieu nous le sommes en réalité.
« Voilà pourquoi le monde ne peut pas nous connaître ».
Certes, nous sommes enfants de Dieu mais comme le dit encore Jean, que ce que nous serons n’a pas encore été manifesté. « L’appel » adressé est constamment considéré dans l’Ecriture comme étant déjà effectif : sur ce point, Jean ne laisse subsister aucun doute. Nous ne sommes pas seulement appelés enfants de Dieu, nous le sommes réellement. Cette réalité est tellement forte, qu’il en résulte que le monde ne nous connaît pas car il ne peut pas imaginer de quoi il s’agit. L’idée qu’il s’en fait et la nôtre sont incompatibles. Cette affirmation du monde qui n’arrive à nous comprendre, ni à saisir le trésor de notre foi, revient fréquemment dans les écrits de Jean.
Dieu n’est que gratuité. Voilà qui détonne avec notre monde d’aujourd’hui où tout s’achète et tout se vend.
Nous avons à vivre et à assumer tous les jours notre condition d’enfant de Dieu. Nous avons à devenir ce que nous sommes ; devenir enfant de Dieu n’est pas, avant tout, un titre de gloire, c’est un appel quotidien et une exigence de notre vocation chrétienne. Nous avons à vivre et à assumer tous les jours le fait d’être enfant de Dieu. Luther priait chaque jour : « O Dieu, donne-moi le courage aujourd’hui d’assumer mon baptême ». Nous avons à devenir ce que nous sommes. Est-il possible qu’enfant de Dieu je sois tout à fait à l’aise dans le monde ? Un sociologue contemporain écrit : "Dans ce monde où toutes les relations sont fonctionnelles, où tout est régi par la technique, il devient absolument anachronique, démodé de célébrer à la messe du dimanche un Dieu personnel. Cela étonne par rapport au monde habituel des relations ».

Puisque nous sommes enfants de Dieu, que nous avons à vivre et à assumer tous les jours notre être d’enfant de Dieu et que ce que nous serons n’a pas encore été manifesté « lorsqu’il paraîtra », au dernier jour, nous serons comme Jésus, son Fils Bien-Aimé ; nous découvrirons en nous les traits de son visage. Nous serons comme Jésus, son Fils Bien-Aimé. Et ce sera encore cadeau de sa part.

Deux thèmes se croisent : les conséquences de la proximité de l’avènement du Christ et la justice caractéristique des régénérés.

1.Ce que le Père nous a donné
« nous sommes enfants de Dieu », frères de Jésus ; il s’agit d’une participation à l’Esprit qui permet d’entrer en communion de volonté avec le Père pour vivre notre réalité d’enfant de Dieu et la mettre en pratique, tout comme Jésus.
C’est le Père qui donne ce « pouvoir de devenir enfant de Dieu. » Jn. 1,12,
Ce que le Père a donné c’est d’être maintenant réellement les hommes d’une nouvelle origine. « Comment cela peut-il se faire ? » L’origine de notre condition nouvelle est le don du Père, le don gratuit de son amour. Cet amour, Jean nous invite à le discerner dans les œuvres et dans le ministère du Fils, ainsi que dans la vocation des disciples : « si tu savais le don de Dieu, c’est toi qui lui aurait demandé de l’eau. » Jn. 4,10

2. v.1b Jésus, le monde et les chrétiens. « Voilà pourquoi le monde ne nous connaît pas ». Il ne faut pas oublier les derniers entretiens de Jésus, aux chap. 14-17 de Jean, dans lesquels Jésus met en garde ses disciples face à toutes les tribulations qu’ils vont connaître de la part du monde : ils savent de fait que le monde les rejette ou les méprise. Les auditeurs de cette lettre ne peuvent donc douter que leur condition présente est bien celle de Jésus et celle qu’il leur a annoncée. Le temps présent qui semble caractérisé par la méconnaissance du rôle des disciples, est en réalité le temps où les disciples apparaissent pour ce qu’ils sont vraiment : les enfants, les engendrés du Père.

3. v. 2a « pas encore manifesté. »
Jean 17 nous présente la condition des disciples déterminée par l’œuvre achevée que le Père a donné à faire à son Fils et par l’avenir qui s’ouvre pour eux avec ce don.
Le thème de la gloire exprime la gravité de l’heure : v.1 « Après avoir ainsi parlé, Jésus leva les yeux au ciel et dit : ‘Père, l’heure est venue, glorifie ton Fils, afin que ton Fils te glorifie. 9 Je prie pour eux ; je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que tu m’as donnés : ils sont à toi. 22 Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient un comme nous sommes un, 23 moi en eux comme toi en moi, pour qu’ils parviennent à l’unité parfaite et qu’ainsi le monde puisse connaître que c’est toi qui m’as envoyé et que tu les as aimés comme tu m’as aimé. 24 Père, je veux que là où je suis, ceux que tu m’as donnés soient eux aussi avec moi, et qu’ils contemplent la gloire que tu m’as donnée, car tu m’as aimé dès avant la fondation du monde. »
Jean invite les siens à se ressourcer à la source de l’Espérance qui sans cesse nous fait cheminer et nous remet en route vers l’accomplissement de l’œuvre du Fils.

4. v. 2b « Nous savons » que, lorsqu’il paraîtra, nous lui serons semblables, puisque nous le verrons tel qu’il est. »
Jean en appelle à la tradition la communauté : « nous savons… » Il s’agit de l’enseignement apostolique : la vocation chrétienne est annoncée comme un face à face avec Dieu qui comble l’espérance juive mais la bouleverse parce qu’elle devait être le propre du Messie.
Ce que les disciples savent déjà c’est qu’ils verront la gloire du Fils « aimé depuis avant la fondation du monde, » celle qu’ils ont contemplée, la gloire du Fils unique venu du Père. Gloire du Fils « tel qu’il est », tel qu’il peut déjà parler de lui-même dans sa passion mais tel que ses disciples ne peuvent encore le voir parfaitement.
Le fait d’être semblable au Fils et le fait de le voir coïncident. Il ne s’agit donc pas de l’espérance d’un salut inimaginable. Il s’agit de savoir et de voir qu’au bout du chemin nous verrons Dieu tel qu’il est, nous verrons vraiment « quel grand amour le Père nous a donné » et que nous lui sommes semblables.
C’est à partir de là qu’il faut interpréter cette « similitude » du v 2b.
Chez Jean, la communauté voit un tel amour au cœur du Père qui a donné ce Fils, et elle prend une telle conscience de la cohérence de cet amour avec le dernier mot de tout ce qu’il y aura jamais à en connaître, qu’elle se trouve à son tour située dans cet amour dont elle éprouve les aspects, petit à petit, en les vivant elle même.

Le premier don, la première merveille c’est d’être enfants de Dieu et de fait nous le sommes. En avons-nous bien pris conscience et la mesure de ce que cela veut non seulement dire mais « être »
Enfant de Dieu ça veut dire que nos « gènes » sont divins : il y a en nous cette dimension divine difficile à imaginer.
Enfants de Dieu, nous le sommes et le devenons par ce don gratuit de l’agapè qui nous rend semblable à Lui et met en nous un même désir, une même volonté.
Cette transformation n’est pas fruit d’une ascèse, mais un Don, œuvre de l’amour de Dieu qui opère en nous. Un don sans cesse à recevoir pour qu’il soit vivant et porte du fruit.
Il y a une double origine en nous : celle qui nous vient des hommes et celle qui nous vient de Dieu. Nous la ressentons en nous par l’aspiration qui est en nous, comme il y a en tout homme une vocation monastique cad une aspiration à la solitude, au silence, à rejoindre notre être le plus profond, le divin qui est en nous

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

Abbaye du Port du Salut - 53260 Entrammes | tél : (33) 02 43 64 18 64 - fax : (33) 02 43 64 18 63

 
>>>>