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4e Dimanche de Pâques - 11 mai 2014


4ème Dimanche de Pâques –A-

Ce que Jésus avait dit
Jésus venait de guérir un aveugle de naissance rencontré par hasard. Émotion dans le quartier ! Après enquêtes, constats et débats, l’aveugle guéri s’est trouvé expulsé de la synagogue par les pharisiens. Conclusion de Jésus : ces pharisiens se prennent pour les guides du peuple alors qu’ils sont aveugles.
Et Jésus développe sa réplique avec la parabole du berger et de son troupeau.

Dans notre culture, l’image du troupeau évoque des moutons qui suivent bêtement un meneur qui parle bien. Ce n’est pas valorisant. Dans la Bible, un beau troupeau est le signe d’une réussite humaine grâce à la bienveillance de Dieu. Les brebis ont du prix aux yeux du berger ; il est prêt à tout pour les défendre. Dans la perspective de la Bible, nous sommes la richesse de Dieu. Nous avons du prix à ses yeux.

Dans la famille de Jessé, David, le petit dernier, veillait sur le troupeau de son père. C’est lui qui a été choisi pour être le roi d’Israël. Berger était un des titres donnés au roi. Il devait veiller sur le peuple que Dieu lui confiait.

Au temps de Jésus, le travail des bergers était une réalité familière. Le soir, les troupeaux étaient rassemblés, sous la garde d’un portier. Le matin, les bergers venaient reprendre leurs bêtes en les appelant. Chacune reconnaissait la voix de son berger et le suivait.
Qui peut dire le nombre d’appels que nous entendons au cours d’une vie ? Ils nous parviennent tous par le canal d’une voix humaine. Au-delà de cette voix, il nous a-rive, dans la prière, de reconnaître un appel de Jésus. Il n’y a pas d’être humain qu’il n’appelle. Tous sont appelés à faire partie du peuple de Dieu.
L’appel est toujours une invitation à prendre un chemin à la suite de Jésus. Une réponse permet de discerner un autre appel.
Dans la bergerie, au temps de Jésus, seuls les vrais bergers pouvaient passer par la porte. Ceux qui s’introduisaient dans l’enclos d’une autre manière étaient des malfai-teurs. Si Jésus en parle, c’est qu’il y en avait ! En est-il autrement aujourd’hui ?

Jésus attire aussi notre attention sur la porte. Dans notre quotidien, il arrive qu’on reste sur le pas d’une porte, avant d’entrer ou de sortir d’une salle, pour terminer une conversation et cela gêne la circulation. Inévitable, la porte n’est qu’un lieu de pas-sage. Dans la bergerie comme partout ailleurs, elle fonctionne dans les deux sens. Elle permet d’aller du dehors vers le dedans et du dedans vers le dehors.

Jésus se présente comme la porte. Il est le passage obligé pour entrer dans le peuple de Dieu. Ceux qui veulent l’éviter sont des imposteurs. Ici Jésus vise les pharisiens.

Jésus connaît ses brebis comme lui-même est connu de son Père. Il est naturellement le passage obligé des brebis pour profiter, sans s’égarer, des bons pâturages. En passant par lui les hommes trouvent Dieu le Père qui est la source de la vie. « Moi, je suis venu pour que les hommes aient la vie pour qu’ils l’aient en abondance. »

Ce qui est arrivé
Etre comparés à des aveugles n’a pas plu aux pharisiens. En mettant en doute leur autorité, Jésus fragilisait tout le système de la société juive. Ils ont manœuvré pour le supprimer de la manière la plus efficace et la plus honteuse. Et ils ont réussi.

Ce que Pierre dit à la foule, le jour de la Pentecôte.
Il oppose la décision de Dieu à la décision des représentants du peuple.
« Que tout le peuple d’Israël en ait la certitude : ce même Jésus que vous avez crucifié, Dieu a fait de lui le Seigneur et le Christ. »

Voilà une parole peu agréable à entendre mais il ne sert à rien d’écraser un coupable sous le poids du remords. Ce qu’il faut, c’est le reconstruire. Pierre parle d’expé-rience. Lui-même a douté de Jésus ; il l’a renié. L’énormité de son erreur lui saute aux yeux quand Jésus se manifeste vivant en lui montrant ses plaies. Il pouvait s’attendre à être humilié par une sévère remontrance. Or Jésus ne lui a posé qu’une question : Pierre, m’aimes-tu ? Cette question l’a déstabilisé. Il a accepté d’être délié de son passé, de ses fanfaronnades et de son reniement.
Son expérience personnelle lui donne autorité pour inviter le peuple à faire le même retournement. Jésus est celui qu’il fallait suivre. Comment sortir d’une situation pareille ? « Convertissez-vous et que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus Christ pour obtenir le pardon de ses péchés. »
Ce jour-là, il y eut 3000 conversions. C’est beaucoup mais on est loin du compte. Ceux qui répondent et ceux qui ne répondent pas vont devoir vivre côte à côte avec des frottements parfois virulents.

Ce que Pierre a écrit dans sa première lettre
Il s’adresse à des esclaves qui subissent de mauvais traitements de la part de leurs maîtres. Il ne les appelle pas à la révolte qui, selon les lois en vigueur, les conduirait au supplice de la croix. Il les invite à tenir bon.
Dans sa passion, le Christ n’a pas répondu au mal par le mal. Il n’a ni menacé ni insulté ses bourreaux. Ce sont ses souffrances offertes qui ont ouvert un chemin de ré-conciliation à ses bourreaux.
Suivre le Christ conduit à la croix et, au-delà de la croix, à une vie avec Dieu. Dans u-ne vie, toutes les souffrances vécues en union avec Jésus ouvrent un chemin de réconciliation à ceux qui font souffrir.

D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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