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4e Dimanche de Pâques - 1 Jean 3, 1-2

1 Jean 3,1-2
Voyez quel grand amour le Père nous a donné !

Comme quoi il faut peu de mots pour dire beaucoup de choses ! En quelques lignes Jean nous plonge dans la profondeur de notre vie de baptisé.
« Voyez de quel grand amour le Père nous a fait don ». Le Dieu de la Bible est un Dieu qui donne, un Dieu qui fait grâce. Dieu n’est que gratuité.
« Voilà pourquoi le monde ne peut pas nous connaître ». Est-il possible qu’en tant qu’enfant de Dieu je sois tout à fait à l’aise dans le monde ? Un sociologue contemporain écrit : "Dans ce monde où toutes les relations sont fonctionnelles, où tout est régi par la technique, il devient absolument anachronique, démodé de célébrer à la messe du dimanche un Dieu personnel. Cela n’est pas dans le ton de la vie de la semaine. Cela étonne par rapport au monde habituel des relations ».

1 Jean 2:28 - 3:4 28 Ainsi donc, mes petits enfants, demeurez en lui, afin que, lorsqu’il paraîtra, nous ayons pleine assurance et ne soyons pas remplis de honte, loin de lui, à son avènement. 29 Puisque vous savez qu’il est juste, reconnaissez que quiconque pratique lui aussi la justice est né de lui. TOB 1 Jean 3:1 Voyez de quel grand amour le Père nous a fait don, que nous soyons appelés enfants de Dieu ; et nous le sommes ! Voilà pourquoi le monde ne peut pas nous connaître : il n’a pas découvert Dieu. 2 Mes bien-aimés, dès à présent nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons n’a pas encore été manifesté. Nous savons que, lorsqu’il paraîtra, nous lui serons semblables, puisque nous le verrons tel qu’il est. 3 Et quiconque fonde sur lui une telle espérance se rend pur comme lui est pur. 4 Quiconque commet le péché commet aussi l’iniquité ; car le péché, c’est l’iniquité. 5 Mais vous savez que lui a paru pour enlever les péchés ; et il n’y a pas de péché en lui. 6 Quiconque demeure en lui ne pèche plus. Quiconque pèche ne le voit ni ne le connaît.

Pour le commenter, il est intéressant de voir le texte dans un ensemble plus large : 2,28 jusqu’à 3,6.
Deux thèmes se croisent : les conséquences de la proximité de l’avènement du Christ et la justice caractéristique des régénérés.
Le v 3 nous dit le contenu des v 1-2 : qui a cette espérance se rend pur comme lui est pur.
Cette espérance : c’est à dire ? en quoi consiste-t-elle ?
v 1a : ce que nous sommes maintenant est déterminé par une action achevée du Père : il nous a fait un don,
v 1b nous vérifions ce fait accompli en observant l’attitude du monde à notre égard, semblable à celle qu’il a prise à l’égard du Fils,
v2a ce que nous sommes maintenant est promesse d’un avenir inouï,
d) b2b nous allons à la rencontre de celui que nous connaissons déjà : en vue de cette connaissance parfaite qui nous transformera.
1.Ce que le Père nous a donné v 1a
Nous sommes enfants de Dieu ; il s’agit d’une participation à l’Esprit qui permet d’entrer en communion de volonté avec le Père pour la comprendre, pour la mettre en pratique , tout comme Jésus.

Le premier don, la première merveille c’est d’être enfants de Dieu et de fait nous le sommes. En avons-nous bien pris conscience et la mesure de ce que cela veut non seulement dire mais « être »
Enfant de Dieu ça veut dire que nos « gènes » sont divins : il y a en nous cette dimension divine difficile à imaginer.
Enfants de Dieu, nous le sommes et le devenons par ce don gratuit de l’agapè qui nous rend semblable à Lui et met en nous un même désir, une même volonté.
Cette transformation n’est pas fruit d’une ascèse, mais un Don, œuvre de l’amour de Dieu qui opère en nous. Un don sans cesse à recevoir pour qu’il soit vivant et porte du fruit.
Il y a une double origine en nous : celle qui nous vient des hommes et celle qui nous vient de Dieu. Nous la ressentons en nous par l’aspiration qui est en nous, comme il y a en tout homme une vocation monastique cad une aspiration à la solitude, au silence, à rejoindre notre être le plus profond, le divin qui est en nous

« Comment cela peut-il se faire ? » l’origine de cette condition nouvelle est le don du Père, le don de son amour.
Il s’agit de cet amour que Jean nous invite à discerner dans les œuvres, dans le ministère du Fils et la vocation des disciples : « si tu savais le don de Dieu, c’est toi qui lui aurais demandé de l’eau » Jn 4,10

2. Jésus, le monde et les chrétiens v 1b
Il faudrait se reporter aux derniers entretiens de Jésus aux chap 14-17 dans lesquels Jésus met les siens en garde contre toutes les tribulations qu’ils vont connaître de la part du monde : ils doivent savoir que le monde, de par leur condition d’enfants de Dieu, va les rejeter ou les mépriser. Les auditeurs de cette lettre, de par ce qu’ils vivent, ne peuvent donc douter que leur condition présente soit bien celle que Jésus leur a annoncée.
Le temps présent semble caractérisé par la méconnaissance de ce que les disciples, non seulement paraissent être, mais de ce qu’ils sont vraiment : les enfants du Père.

3. « pas encore manifesté » v 2a
Jean 17 nous présente la condition des disciples déterminée par l’œuvre achevée que le Père a donné à faire à son Fils et par l’avenir qui commence avec ce don.
C’est après la Résurrection que Jésus révèle ce que nous sommes en réalité « je monte vers mon Père et votre Père » et ce que nous serons en plénitude.
Il a fallut finalement la mort du Fils pour que notre état de fils soit pleinement rétabli.
C’est dans la mort de Jésus que le Père se révèle : dans la mort il engendre son Fils à la résurrection et nous avec lui.

4.« Nous savons… » v 2b
Il en appelle à la tradition reçue dans sa communauté : nous savons…
Il s’agit de l’enseignement apostolique sur la vocation chrétienne comme d’ un face à face avec Dieu, qui comble l’espérance juive, mais la bouleverse parce qu’elle devait être le propre du Messie.
Ce que les disciples savent déjà du Fils, ils le savent de la gloire qu’ils verront, celle du Fils « tel qu’il est » : tel qu’il peut déjà parler de lui-même dans sa passion mais tel que ses disciples ne peuvent encore le voir parfaitement.
Cette gloire du Fils « aimé depuis avant la fondation du monde » c’est en fait celle que les apôtres ont contemplée, une gloire comme la gloire du Fils unique venu du Père.
Le fait d’être semblable au Fils et le fait de le voir coïncident.
Il ne s’agit donc pas de l’ espérance d’un salut inimaginable et qui nous ferait supporter le présent en l’attendant.
Il s’agit de voir. Lorsqu’au bout du chemin nous verrons Dieu tel qu’il est nous verrons vraiment « quel grand amour le Père nous a donné ».
C’est à partir de là qu’il faut interpréter cette « similitude » du v 2b
Certes, nous sommes enfants de Dieu mais comme le dit encore Jean, ce que nous serons n’a pas encore été manifesté. Devenir enfant de Dieu n’est pas avant tout un titre de gloire, c’est un appel quotidien, aussi une exigence de notre vocation chrétienne. Nous avons à vivre et à assumer tous les jours le fait d’être enfant de Dieu. Luther priait chaque jour : « O Dieu, donne-moi le courage aujourd’hui d’assumer mon baptême ». Nous avons à devenir ce que nous sommes. Nous sommes en continuel engendrement à travers les remous et les événements de ce temps et de nos vies personnelles. Aussi est-il bon de prendre conscience de la source qui nous engendre et quel est ce don du Père.
Au dernier jour, « lorsqu’il paraîtra », nous découvrirons en nous les traits de son visage. Nous serons comme Jésus, son Fils Bien-Aimé. Et ce sera encore cadeau de sa part.

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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