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4e Dimanche de Pâques

13 avril 2008
4ème Dimanche de Pâques –A-

Act 2, 14.36-41 1 P. 2,20-25 Jn 10, 1-10

On peut penser que les sept semaines qui se sont écoulées entre la mort de Jésus et la fête de la Pentecôte ont permis aux tensions de s’apaiser. Les autorités ont réglé le problème de Jésus et donc à Jérusalem l’ordre public est rétabli et donc la vie a repris son cours et… on attend toujours le Messie.

La mort de Jésus n’est pas la fin de Jésus. Le jour de la Pentecôte, Pierre remet du désordre dans l’ordre rétabli. Ce qu’il dit à la foule est incroyable : « Ce Jésus que vous avez tué, Dieu l’a ressuscité. » Cette information aurait pu déclencher un accès de colère contre Pierre.
Or, « Ceux qui l’entendaient furent remués jusqu’au fond du cœur. » Et le peuple désemparé demande : « Que devenons-nous faire ? »
Est-il possible que la foule qui a hurlé à la mort de Jésus se souvienne maintenant du bien qu’il a fait ? Peut-être ! S’il est vrai que Dieu l’a ressuscité, il doit y avoir une raison ! « Que devenons-nous faire ? »

Cette question révèle un profond désarroi. La foule se rend compte qu’elle s’est mise dans une situation sans issue. Elle comprend que s’étant trompée de cible, en condamnant Jésus, elle est condamnée par Dieu. Comment sortir de cette impasse ?

Pierre répond par un appel : « Convertissez-vous. » Il parle d’expérience. Par son reniement, il a rejeté Jésus et Jésus lui a redonné sa paix. La conversion est la seule solution.
Incapable de haine sur la croix, Jésus ressuscité ne peut qu’offrir son pardon.

Cependant le pardon ne sera pas collectif. Face à la foule, Pierre s’adresse à la conscience de chacun « Que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus Christ pour obtenir le pardon de ses péchés. »

On pourrait traduire : Que chacun dépose son péché dans le tombeau de Jésus pour que Jésus le fasse renaître à une vie nouvelle. C’est la démarche du Baptême. A nous, baptisés depuis longtemps, il est demandé de laisser la lumière de notre baptême se réveiller.
Que chacun redécouvre qui est Jésus. Qu’il redécouvre sans cesse que, lui et lui seul, a toujours été en communion parfaite avec un Dieu dont la seule puissance est l’amour.

Jésus ne demande pas un effort à l’homme, il lui offre l’amour du Père. Il lui parle de cet amour. Il montre par sa vie jusqu’où il va. Ce n’est pas le monde qui se réconcilie avec Dieu. C’est Dieu qui, dans le Christ, offre une réconciliation au monde.
Sur la montagne de la transfiguration, Dieu a dit : « Celui-ci est mon Fils en qui j’ai mis tout mon amour. Ecoutez-le. » La croix a été le signe de l’amour absolu de Dieu envers l’humanité. Sur la croix Jésus a tout supporté de la part des hommes mais il n’en a voulu à aucun.
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Dans l’évangile Jésus se présente comme LE Berger. « Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom » Que devenons-nous répondre ? La réponse est une démarche : se mettre à sa suite. Lui, et lui seul, mérite qu’on le suive.
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Ce 4ème dimanche de Pâques est un appel à suivre Jésus dans sa vie chrétienne de tous les jours, dans la vie religieuse, dans le ministère presbytéral ou épiscopal suivant l’appel reçu.

Le ministère presbytéral pose problème. Etant donnés les effectifs squelettiques des séminaires, qu’est ce que les chrétiens seront en droit de demander aux futurs prêtres dans la situation concrète qui sera la leur ?
Mais il me semble que, dans notre région, nous aurions des raisons de prier pour les vocations au ministère épiscopal. La province ecclésiastique de Rennes comprend, en plus des cinq diocèses bretons, les diocèses du Mans, d’Angers, de Luçon et de Laval. Ces quatre diocèses sont en attente d’évêque, une attente qui pour nous devient longue.

Les procédures sont sérieuses, minutieuses et donc lentes. Il n’empêche qu’on peut penser que des prêtres sollicités refusent la mission d’évêque.
Alors que les jeunes hésitent à se lancer dans le ministère presbytéral, des prêtres hésitent à se lancer dans le ministère épiscopal.

Nous voilà donc dans une Eglise qui a du mal à engendrer et des prêtres et des évêques. Il est vrai que nous sommes dans une société qui ne sait pas comment imaginer son avenir. Les séminaristes de mon temps avaient dans la tête une image du ministère qui les attendait, un ministère le plus souvent paroissial en monde rural. Pareillement, en devenant évêques, les prêtres pouvaient imaginer leur avenir. Rien de tel aujourd’hui.

Parce que, dans tous les domaines, on ne sait rien de l’avenir, un peu partout, on parle de « revenir aux fondamentaux » Pourquoi ne pas s’appuyer sur la prière que l’Eglise nous propose ?

« Seigneur, donne à chaque diocèse sans évêque le pasteur qu’elle attend, un homme qui ait l’esprit de l’évangile et guide son peuple selon ta volonté.
Donne à chaque diocèse la grande joie d’avoir un évêque selon ton cœur.
Augmente sa joie en lui donnant l’évêque dont elle a besoin. Qu’il soit le roc où s’appuiera ton peuple et la source où tes enfants s’imprègneront de l’évangile. »

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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