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4e Dimanche de Carême C

4ème  Dimanche de Carême - C-}}
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_ A la suite d’un conflit familial, un des fils de Jacob, Joseph, a été vendu par ses frères à une caravane de passage. Revendu comme esclave en Egypte, il est devenu un personnage important dans le royaume et il se trouva qu’il accueillit son père et ses frères chassés avec leurs troupeaux par une famine qui sévissait en terre de Canaan.

_ Bien accueillis, ils profitent des avantages d’un pays fertile. Avant de mourir, Joseph avait fait promettre aux fils d’Israël de ramener ses ossements dans le pays promis à Abraham (Gen. 50, 24-25), mais pourquoi retourner vers une terre incertaine, menacée par la famine ? On est bien en Egypte. On y reste !
Le temps passe. Les Hébreux s’installent… si bien que l’idée d’un retour dans leur pays s’estompe et les générations se succèdent en Egypte.
Le peuple élu est dans l’Alliance comme n’y étant pas. Il profite des agréments du Monde sans se soucier de la Promesse. Mais le Monde devint agressif.
Un roi égyptien soucieux de protéger l’identité de ses sujets entreprit d’exterminer les Hébreux. Joseph était arrivé comme esclave. Près de quatre siècles plus tard, les descendants sont redevenus esclaves. La Terre Promise redevint un rêve.

_ Moïse, les sortit de leur misère mais la route ne fut pas une promenade. Elle éclaircit les rangs des fuyards. Après 40 ans de marche, de piétinement et de contestations, ils sont devenus rares ceux qui ont connu l’esclavage. La dureté de la vie au désert a effacé les souffrances de l’Egypte. Certains rêvent même d’y retourner.

_ Moïse les conduisit jusqu’à la frontière de Canaan mais c’est Josué qui assura le pas-sage du Jourdain et l’entrée en Terre Promise. Le Jourdain franchi, Dieu dit à Josué : « Aujourd’hui, j’ai enlevé le déshonneur de l’Egypte. » (Josué 5,9a). Etre dans la misère, aurait-il été un déshonneur ? Où donc est ce déshonneur ?
Dans le plan de Dieu, une terre était donnée aux Hébreux pour qu’ils puissent s’y forger une identité religieuse forte en opposition avec les autres peuples. Les Hébreux seront les premiers au monde et les seuls à rendre un culte au Dieu unique. Les dons de Dieu sont sans repentance.
Or la famine étant terminée en terre de Canaan, les Hébreux ne sont pas revenus sur leur terre. Séduits  par une vie facile, ils ont oublié la promesse faite à Abraham. Il a fallu la misère et la persécution pour que leur mémoire se réveille.

_ Aujourd’hui à Guilgal et seulement aujourd’hui, la page est tournée. Ils ne sont plus des esclaves en fuite. Ils arrivent chez eux dans le pays de leurs ancêtres. A Guilgal, ils célèbrent la Pâque. La manne, cesse de tomber du ciel. Ils se nourrissent des fruits d’une terre qu’ils n’ont pas encore cultivée. Le passage est accompli.

_ « Aujourd’hui, j’ai enlevé le déshonneur de l’Egypte. » Cette parole de Dieu donne une couleur au texte de Luc. Où est le déshonneur de la vie du cadet de l’évangile ? Il était dans la maison de son père comme en pays de famine. Ses désirs étaient ailleurs. Un jour, il partit pour faire la fête mais cela ne dura pas. La misère le rattrapa. Il revint à la maison après avoir préparé son acte de contrition mais son père ne lui laissa
pas le temps de le réciter. Oubliant sa crasse de misère, il l’embrassa, lui refit une beauté et le rétablit dans sa dignité de fils. Aujourd’hui, son déshonneur est enlevé.

_ Ce dimanche pourrait s’appeler le dimanche de la réconciliation, le dimanche des retrouvailles. La Terre Promise a retrouvé son peuple. Le Père a  retrouve son fils. Le peuple de Dieu a retrouvé sa terre. Le fils cadet a retrouve son père.

_ Mais que dire du fils aîné ? Fidèle à son devoir d’état, il est resté sagement à la maison. Mais lui aussi est dans l’Alliance comme n’y étant pas. Il vit à côté de son père plutôt qu’avec son père. Il fait consciencieusement tout ce qu’il faut faire mais le cœur n’y est pas. Sa relation à son père pourrait se dire ainsi. « Je sais ce que j’ai à faire ; je laisse mon père tranquille ; qu’il me laisse tranquille {{et qu’il soit là quand j’en ai besoin ! »

Quelques questions :
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_ En quoi ressemblons-nous au fils cadet, au fils aîné, au père ? Où peut être notre déshonneur ? Par notre baptême, nous sommes membres d’une Eglise qui doit refléter dans le monde l’image d’un Dieu qui se veut proche des gens en les accompagnant, en les reconstruisant, en leur redonnant leur dignité de fils, …étant nous-mêmes reconstruits !
Y a-t-il des signes dans notre vie qui donnent à penser que nous vivons à côté de Dieu mais pas avec lui ? Vivons-nous en Eglise comme en n’y étant pas ! Comment sommes-nous du genre croyant non pratiquant ou du genre pratiquant non croyant ?

_ De quelle manière sommes-nous hors de l’Eglise ? De quelle manière sommes-nous absorbés par le monde ? Le sort des réfugiés nous préoccupe de quelle manière ? Comment ne pas reconnaître que nous ne sommes pas fâchés de bénéficier des commodités que donne le Monde avec le risque de vivre comme tout le monde et d’oùblier notre raison de vivre ? Dieu n’est-il devenu qu’un vague souvenir ?

_ Dieu veut faire alliance avec des hommes libres. Pour faire alliance avec lui, il faut se défaire des autres alliances qui nous emprisonnent. Après avoir imaginé et fabriqué tant de caricatures de Dieu, le carême nous invite à redécouvrir son vrai visage.
Dans sa première lettre aux Corinthiens, Paul écrit ceci : « Si quelqu’un est dans le Christ, il est une créature nouvelle. Le monde ancien s’en est allé, un monde nouveau est déjà né. (…) Laissez-vous réconcilier avec Dieu.»

Dans notre relation à Dieu ! Quoi de neuf ?
D. Boëton
 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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