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4e - 29 avril 2009 - 4e Dimanche de Pâques

4ème Dimanche de Pâques -B

« Cahiers Evangile » N° 138, p. 24

A longueur d’année, l’Eglise attire notre attention sur les appels que Dieu lance à tout homme pour entrer dans son Alliance. Le 4ème dimanche de Pâques (Di-manche du Bon Pasteur), est davantage consacré à la prière pour les vocations sa-cerdotales. Où en sommes-nous dans notre diocèse ?
Il y a 5 ans, il y avait 164 prêtres, il y en a 143 aujourd’hui. Sur ces 143 prêtres, 45 sont retirés du ministère. Sur les 98 en activité, 11 sont venus en renfort d’au-tres diocèses. Une ordination presbytérale est annoncée en juin prochain alors que depuis le début de l’année, 5 prêtres ont déjà disparu de l’annuaire.
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Notre histoire actuelle n’est qu’un bref moment d’une longue histoire. Tout au long des siècles, le peuple juif s’est laissé séduire par les idoles. Empruntant la voix des prophètes, Dieu a répété sans cesse : « Je suis votre Dieu ! Vous n’en aurez pas d’autre ! ». Et le peuple n’a cessé de dire : « Nous ne servirons qu’un seul Dieu. » Mais les bonnes intentions constamment répétées n’ont pas changé grand’chose dans les comportements.

Que nous dit la lettre de St Jean ? Que se passait-il, à la fin du 1er siècle ?
Naturellement, les premiers disciples de Jésus étaient Juifs. Bouleversés par la mort et la Résurrection, l’Esprit de Pentecôte leur a ouvert les yeux sur quelques points incontournables de la personnalité du charpentier de Nazareth. Il s’adres-sait à Dieu comme à son Père ; il s’est dit Fils de Dieu.
Croire en Jésus allait conduire à quoi ?

A la fin du 1er siècle, les Juifs restés fidèles à la synagogue et les Juifs devenus disciples de Jésus prennent conscience de ce qui les sépare. Aux yeux des Juifs de la Synagogue, les chrétiens, devenant disciples d’un homme qui se dit Fils de Dieu, (autant Dieu que son Père), trahissent le Dieu unique. Ils deviennent une secte et sont chassés de la Synagogue.
Par ailleurs, les relations avec la société païenne se détériorent. Les non-juifs, pas plus que les juifs, ne sont disposés à suivre Jésus. Et pour compléter le ta-bleau, il y a des divisions dans la communauté chrétienne …et des défections !

Les chrétiens de ce temps-là se posaient la question que nous nous posons : quel avenir pour l’Eglise ? C’est dans ce contexte que nous pouvons lire les quelques lignes de la lettre de St Jean.

Dans une Eglise au bord de l’explosion, l’auteur n’essaie pas d’arrondir les an-gles pour séduire les uns et les autres, sans perdre ses propres troupes. Son mes-sage est abrupt :
Dieu ne souhaite pas seulement établir des relations de bon voisinage avec l’homme, chacun restant chez soi. Il veut que tous ceux qui croient en son Fils Jésus deviennent aussi ses fils :
« Voyez comme il est grand l’amour dont le Père nous a comblés : il a voulu que nous soyons appelés enfants de Dieu. »
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Pour réaliser un projet commun, il arrive qu’un adulte entretienne avec un autre adulte des relations privilégiées,… comme collaborateur. Il arrive aussi qu’une personne âgée considère un jeune comme son enfant et même en fasse son héri-tier. Ce n’est pas son enfant mais c’est comme s’il était son enfant.

Dieu ne se satisfait pas de ce « comme si ». Il a voulu que l’homme fasse réel-lement partie de sa famille. Etre appelé Fils de Dieu, c’est être fils de Dieu.
« Il a voulu que nous soyons appelés enfants de Dieu, - et nous le sommes-. »

Jésus est Fils de Dieu par nature. Dieu veut que les hommes deviennent ses fils en vivant comme son Fils. Evidemment, on ne peut vivre comme son Fils sans croire en lui. C’est suffisant… et nécessaire.
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Cette situation peut nous laisser pantois, tellement c’est inimaginable. Mais il y a des conséquences.
Si les chrétiens sont enfants de Dieu « pour de bon », le monde va les traiter comme il traite Dieu. Or le monde ne cesse de rejeter Dieu, de rejeter son Fils et donc il traite les chrétiens comme il a traité Jésus.
« Le monde ne peut pas nous connaître : puisqu’il n’a pas découvert Dieu. »
Et voilà une situation paradoxale : le monde rejette les chrétiens et c’est par eux qu’il doit découvrir Dieu.
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Si on peut légitimement se demander quel visage aura l’Eglise dans quelques an-nées, on ne peut pas douter de l’amour que Dieu lui porte.
Vivre en enfant de Dieu est une priorité pour la santé de l’Eglise. C’est une ré-ponse que Dieu attend de chacun de nous. Notre réponse est toujours à vérifier, à corriger. C’est toujours un chantier à construire dans la brume.

Dieu a voulu ; nous sommes ; nous serons.
« Dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons ne paraît pas encore clairement.
Nous le savons : lorsque le Fils de Dieu paraîtra nous serons semblables à lui parce que nous le verrons tel qu’il est. »
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En priant pour les vocations, demandons à Dieu de donner à son Eglise les prê-tres dont notre monde, qui ne cesse de bouger, a besoin. Sans doute, ils ne seront pas conformes à l’image que nous imaginons. Peu importe !
Une Eglise en bonne santé a des chances de voir surgir des vocations.
D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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