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4 décembre 2011- 2e Dimanche de l’Avent B

2ème Dimanche de l’Avent -B-

La 2ème lettre de St Pierre est courte : à peine quatre pages pour trois chapitres. Dans le cours des années liturgiques, on la rencontre, le dimanche, une seule fois tous les trois ans et c’est aujourd’hui.
Les spécialistes disent qu’elle a pu être écrite en l’année 125. L’Apôtre Pierre est mort depuis longtemps. La lettre a probablement été rédigée à Alexandrie, en Egypte, par une communauté chrétienne fondée par St Marc, un collaborateur de Pierre. A quelle préoccupation répond ce texte ?

Avec leur attente d’un Seigneur qui n’arrive jamais, les chrétiens ne peuvent plus être pris au sérieux. Cela fait longtemps qu’on attend. Cela va durer encore et on n’a pas fini d’attendre et d’entendre des plaisanteries ! La lettre nous avertit : « Dans les derniers jours, viendront des sceptiques moqueurs menés par leurs passions personnelles qui diront : Où en est la promesse de son avènement ? Car depuis que les pères sont morts tout demeure dans le même état qu’au début de la création. » (2 P. 3, 3)

Dimanche dernier, St Paul demandait aux Corinthiens de ne pas gâcher leur éner-gie dans des querelles de personnes. Il les invitait à prendre de la hauteur et à re-garder le long terme.
Aujourd’hui, la lettre de Pierre nous invite à vivre le quotidien avec patience et vigilance. Oui, qu’on plaisante tant qu’on voudra, le Seigneur viendra !

La lecture de cette lettre a réveillé en moi un souvenir. Cette année-là, j’allais à Lourdes avec le Pèlerinage diocésain. Comme prévu, notre train s’arrête à Bor-deaux pour prendre au passage notre évêque, Mgr Billé, qui avait passé quelques jours en famille dans la région. Nous attendions sur un des quais de la gare, à l’écart du trafic, et le temps devenait long ! Notre évêque n’arrivait point.
Pendant ce temps-là, Mgr Billé attendait, lui aussi. Il attendait un train qui n’en fi-nissait pas de venir… sur un autre quai !
Explication : notre train ne s’était pas arrêté à l’endroit prévu.
Nous avions là l’exemple de deux attentes parallèles. Le malentendu ayant été dé-couvert, notre train n’a pas fait la manœuvre pour rejoindre le bon quai, c’est no-tre évêque qui est venu nous rejoindre.
Nous sommes bien dans cette situation. Nous savons que nous avons rendez-vous avec le Seigneur. Nous l’attendons sur un quai et lui nous attend sur un autre quai.

La lettre dit ce que nous attendons au plus profond de notre cœur : « Ce que nous attendons, selon la promesse du Seigneur, c’est un ciel nouveau et une terre nouvelle où résidera la justice »
La justice ! Tout le monde est pour ! Mais qu’est-ce que la justice ? Pour les uns, elle doit veiller à ce que rien ne change dans leur niveau de vie ; pour les autres elle doit tout faire pour leur permettre d’accéder à une vie plus humaine.
Je ne sais pas ce qu’il en est dans les autres pays mais il semblerait que chez nous, pour se sentir citoyen français, il faut, quel que soit notre statut social, avoir quel-ques forteresses à défendre.

Pendant ce temps-là, de son côté, le Seigneur nous attend avec beaucoup de pa-tience pour créer pour tous « un ciel nouveau et une terre nouvelle. »
Finalement, c’est lui qui va nous rejoindre pour tenter d’ajuster notre attente à la sienne, et notre justice à la sienne. Il va venir sur notre quai pour prendre le train de notre condition humaine.

« Le Seigneur n’est pas en retard pour tenir sa promesse comme le pensent certaines personnes : c’est pour vous qu’il patiente : car il n’accepte pas d’en laisser quelques uns se perdre. »
Nous nous impatientons et nous vivons avec la question : Quand le Seigneur va-t-il venir, alors que c’est nous qui avons la réponse, une réponse qui nous est connue depuis des siècles. Allons voir du côté d’Isaïe. En son temps, au 8ème s. avant J.C. la société construisait un monde invivable.
Les uns étaient assis sur des montagnes d’or ou des collines d’argent et ils trou-vaient cela normal et juste, tandis que les petites gens croupissaient au fond des ra-vins. Cette organisation de la société conduisit le peuple à la ruine et en exil.

Quelque 50 ans plus tard, un disciple d’Isaïe en captivité, annonce la libération. Il va revenir au pays par une route nouvelle. Il lui revient de la construire :
« Combler les ravins, abaisser les montagnes et les collines, changer les escar-pements en plaine. Autrement dit créer des modes de vie qui permettront aux gens de toutes conditions de se rencontrer et de se parler en dehors du schéma « dominant-dominé ».
Quelque 8 siècles plus tard, Jean Baptiste invite au même chantier : Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route

Le piment dans cette histoire c’est que le Seigneur, tant attendu, viendra en sur-prenant tout le monde : il viendra comme un voleur.
« Un seul jour est comme mille ans » Le temps n’en finit pas de passer !
« Mille ans sont comme un seul jour ».C’est fou comme le temps passe vite !

A force de dire : on a tout le temps, on finit par être surpris. Comment s’y pren-dre ? Dans ce monde en voie de destruction, « vous voyez quels hommes vous devez être, quelle sainteté de vie, quel respect de Dieu vous devez avoir. »
« Dans l’attente de ce jour, frères bien-aimés, faites donc tout pour que le Christ vous trouve nets et irréprochables dans la paix. »

Dans la situation chaotique que nous traversons, revenons à la prière d’ouverture : « Ne laisse pas le souci de nos tâches présentes entraver notre marche à la ren-contre de ton Fils ; mais éveille en nous cette intelligence du cœur qui nous pré-pare à l’accueillir et nous fait entrer dans sa propre vie.
D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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