Accueil > Prier avec nous > Homelies > 3ème Dimanche de Pâques -B

 

3ème Dimanche de Pâques -B

26 avril 2009

3ème Dimanche de Pâques -B-

Actes des Apôtres 3,13-19 1 Jean 2, 1-5 Luc 24, 35-48

Il y a des gens qui font des conférences. C’est leur métier. Ils ont consacré des mois et peut-être des années à étudier un dossier. Quand le travail est au point, ils organisent leur tournée à travers le monde à la rencontre du public.
Des chrétiens aussi font des conférences sur tel ou tel point de la vie de l’Eglise qu’ils ont particulièrement étudié. On ne va pas demander à tous les chrétiens d’en faire autant mais tous peuvent être amenés un jour, dans une circonstance imprévisible, à dire la foi de l’Eglise.

On n’imagine pas Pierre organisant un cycle de conférences sur la Résurrection. Après le coup de feu de la Pentecôte, il en parle quand l’occasion se présente. Ce jour-là, à 3h. de l’après-midi, Pierre et Jean se rendent au Temple de Jérusalem. Comme c’est l’heure de la prière, ils ne sont pas les seuls. D’autres juifs pieux franchissent avec eux une des portes qui s’appelle la Belle-Porte.

Il y a là un infirme qui tend la main aux passants comme il le fait chaque jour. Pierre s’approche de lui et dit : « De l’or ou de l’argent, je n’en ai pas ; mais ce que j’ai je te le donne : au nom de Jésus Christ, le Nazôréen, marche. » Pierre prend la main tendue de l’infirme et le fait se lever. L’homme se sent bien sur ses pieds. Il est debout et il entre dans le Temple en bénissant Dieu.

Cet événement a eu des témoins. Ils s’étonnent, se réjouissent. Ils se posent aussi des questions sur Pierre qui a un tel pouvoir au bout de sa main vide alors qu’il a parlé de Jésus condamné par leurs chefs. C’est troublant. Dans cette situation ambiguë, Pierre se trouve contraint de parler, d’abord pour écarter les malentendus.

Donc ce jour-là, Pierre s’adresse à des compatriotes : « Homme d’Israël ! » Il leur parle comme à des frères, tout en prenant ses distances. En effet, lui, il a pris parti pour Jésus alors que, dans son auditoire improvisé, il y a sûrement des gens qui ont crié à tue-tête devant Pilate : « Crucifie-le. »

Pierre met donc les choses au point . Il ne veut pas qu’on se trompe à son sujet. Lui, il n’a aucun pouvoir particulier. C’est Jésus de Nazareth qui a guéri cet homme. Eh bien, justement, de ce Jésus, parlons-en !

Pierre s’appuie d’abord sur une conviction qu’il partage avec ses auditeurs. Tous croient au Dieu qui a fait alliance avec Abraham, Isaac et de Jacob. Mais les Ecritures répètent sans cesse que les ancêtres n’ont pas ménagé les prophètes qui ont rappelé l’alliance au risque de leur vie. Ils en ont même tué quelques uns.
Eh bien ! les auditeurs de Pierre n’ont pas fait mieux que leurs ancêtres. Pierre leur tient alors un discours qui commence dans la virulence. « Vous avez condamné Jésus à mort. Vous l’avez traîné devant Pilate qui voulait le relâcher. Vous avez exigé la libération de Barabbas, un meurtrier, et vous avez tué le Chef des Vivants. »
Imaginons la tête de ces bons juifs venus pour la prière.

Après avoir tenu le discours d’un procureur général, Pierre se fait l’avocat de la défense et plaide les circonstances atténuantes. « Vous avez agi dans l’ignorance, vous et vos chefs »

Avec le mot ignorance nous entrons dans une zone sensible. Les Juifs sérieux ne sont pas des ignorants. Ils connaissent la loi de Moïse.
En fait, ils savent surtout ce que leurs chefs ont bien voulu leur apprendre.

Pour y voir clair , on peut se reporter au texte de Luc dans l’évangile. Au soir de Pâques, Jésus se manifeste à ses disciples rassemblés et il dit ceci : « Il fallait que s’accomplisse tout ce qui a été écrit de moi dans la Loi de Moïse, les prophètes et les Psaumes.
Alors il leur ouvrit l’esprit à l’intelligence des Ecritures. »

Les disciples de Jésus en savaient autant et pas plus que les autres juifs.
C’est l’ouverture de l’esprit à l’intelligence des Ecritures qui fait la différence. Cette ouverture est donnée par le Christ ressuscité.

Au lieu d’avoir l’attitude du disciple qui se laisse instruire par la Parole de Dieu, les chefs Juifs étaient devenus les propriétaires de l’interprétation.
Il faut avouer que l’exercice est difficile : s’approprier la Parole de Dieu sans en devenir le propriétaire !
Nous savons nous conduire en propriétaire de la parole. Quand nous lisons un texte de l’Evangile, nous disons facilement. « Je sais ça par cœur. »
Autrement dit, nous réduisons la Parole à notre manière de la comprendre.
*
Remarques

1) C’est à des disciples rassemblés que Jésus ressuscité ouvre l’intelligence des Ecritures. Nous venons à la messe du dimanche pour écouter ensemble la même parole. Ce n’est pas mal mais dans les temps troublés que traverse notre monde, notre évêque nous invite à nous organiser, partout où c’est possible, pour lire la Parole dans des petits groupes et partager ce que nous découvrons dans la prière. C’est un bon chemin pour ne pas être réduit à devenir le propriétaire, quelquefois grincheux, de ce que nous avons compris.
Nous avons tous à entendre la parole de Pierre : « Convertissez-vous ! Revenez à Dieu »
*
2). On peut noter qu’avec cinq mots pris dans les Ecritures, Pierre fait comme un portrait du Christ.
Seigneur et maître, il s’est fait le Serviteur. Il est le Saint, un titre qu’il partage avec Dieu son Père. Il est le Juste parce qu’il est toujours ajusté à la volonté de son Père. Il est le Chef (le prototype) des Vivants. Il est le premier être humain a être passé de la mort à la vie. Il est le Messie venu inaugurer sur terre le Royaume de Dieu.
D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

Abbaye du Port du Salut - 53260 Entrammes | tél : (33) 02 43 64 18 64 - fax : (33) 02 43 64 18 63

 
>>>>