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3e Dimanche de l’Avent C


3ème Dimanche de l’Avent –C-

Le prophète Sophonie dit ceci : « Israël, de tout ton cœur, bondis de Joie ! » et Paul dans sa lettre aux Philippiens insiste. « Ne soyez inquiets de rien » Cela nous fait rêver d’une vie facile. Le texte de Luc nous fait entrer dans un autre climat.

Il vient de raconter la fin heureuse du premier pèlerinage de Jésus adolescent à Jérusalem. Tout d’un coup, il saute une bonne quinzaine d’années et nous présente le ministère de Jean Baptiste. Un mot résume son message : « Préparez le chemin du Seigneur. »
Jean Baptiste n’a aucune ambition personnelle. Il parcourt la région du Jourdain en parlant librement et de manière agressive à qui veut l’entendre : « Engeance de vipères ! Qui vous a appris à fuir la colère qui vient ? » S’il était à la recherche d’un quelconque pouvoir, on pourrait dire qu’il s’y prend mal. Mais on l’écoute.

La préparation dont il parle est la remise en cause d’une manière de vivre : le temps des sécurités illusoires est terminé. Que chacun corrige l’image qu’il se fait de Dieu et change son comportement ! C’est le texte d’aujourd’hui.
En entendant son message, les foules auraient pu s’enfuir en se bouchant les oreilles mais elles demandent : « Que devons-nous faire ? Question surprenante !

Mise au singulier, elle est banale « Que dois-je faire ? » Quiconque a la plus modes-te des responsabilités, est taquiné par cette question, à la maison, en exerçant sa profession. Quelle décision prendre ? Quel comportement avoir ? Comment sortir d’une situation bloquée ? Il y a des réponses qui peuvent attendre et d’autres qui demandent une réponse sans délai.
Que dois-je faire ? A qui posons-nous cette question ? Eventuellement, au médecin, au pharmacien, à notre employeur si on en a un, à telle personne dont on apprécie le jugement, à Madame Soleil, au gourou qui a pignon sur rue…etc.

Mais la question est au pluriel et elle reste étrange.
A-t-on l’expérience d’avoir été dans une foule (dans une manifestation) où les gens demandaient à ceux qui ont le pouvoir : « Que devons-nous faire ? »
Habituellement, quand les foules s’expriment, c’est pour demander aux responsables de faire quelque chose pour elles. Ces temps-ci, les candidats aux élections ont été interpellés : Que ferez-vous pour nous ?
Les réponses iront plus ou moins dans le sens de nos exigences. De toute façon, nous nous réservons le droit, avec le concours des spécialistes de la casuistique, de détourner la loi qui dérangerait nos intérêts.

« Que devons-nous faire ? » Les foules qui écoutent Jean Baptiste ne sont pas des manifestants ; elles demandent un baptême qui sera le signe d’un changement de vie. Elles croient que la réponse aux problèmes de leur société leur appartient.
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Ce n’est pas la première fois dans la Bible qu’une foule prend conscience de ses dérives et trouve un chemin de réponse.
Nous connaissons l’histoire de Jonas (Jo. 3). Ninive est devenue la ville de tous les dérèglements. Avant de la détruire, Dieu offre une chance de salut aux habitants. Il charge Jonas de délivrer un message « Encore 40 jours et Ninive sera détruite. »
Personnellement, Jonas aurait aimé que les méchants périssent. A contrecœur, il remplit sa mission. Surprise ! Les gens prennent la menace au sérieux « Aussitôt les gens de Ninive annoncèrent un jeûne et tous, du plus grand au tout petit se vêtirent de toi-le à sac ».
Le service des renseignements fonctionne et la chose arrive aux oreilles du roi. Il publie un décret pour imposer un jeûne… que la population a déjà commencé.
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Il arrive qu’une foule devienne capable d’entendre une parole de sagesse. Jean Baptiste a mis chacun en face de ses responsabilités. Les gens ne lui demandaient pas de régler leurs problèmes mais chacun s’est senti appelé à devenir acteur de son avenir.

« Que devons-nous faire ? » La question a été adressée aux divers groupes sociaux du temps de Jean Baptiste. Sa réponse ouvre trois directions.
- A l’ensemble de la population, il rappelle la nécessité du partage : « Que celui qui a deux vêtements partage avec celui qui n’en a pas »,
- Aux publicains, aux hommes de la finance, à tous ceux qui ont un certain pouvoir sur l’argent des autres, il ne demande pas de changer de métier, il demande : « N’exigez rien de plus que ce qui vous est fixé. »
- Aux forces de l’Ordre, les soldats, les policiers, il demande « Ne faites violence à personne. »

L’impact des paroles de Jean baptiste est si fort que « tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n’était pas le Christ. »
Mais Jean Baptiste reste dans son rôle de précurseur : « Lui (le Christ) vous baptisera (vous plongera) dans l’Esprit Saint et le feu »

Ces semaines avant Noël sont comme une annonce joyeuse de secousses qui vont nous faire du bien.
Dieu fidèle à tes promesses, tu nous délivres de l’inquiétude et de la crainte
et l’Esprit répand en nous ta joie (Prière d’ouverture)
D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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