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3e Dimanche de l’Avent B- Isaïe 61, 1-2a.10-11

Esaïe 61, 1-2a.10.11

1L’esprit du Seigneur Dieu est sur moi
parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction.
Il m’a envoyé annoncer la bonne nouvelle aux humiliés,
guérir ceux qui ont le cœur brisé,
proclamer aux captifs leur délivrance,
aux prisonniers leur libération,
2 proclamer une année de bienfaits accordée par le Seigneur,
et un jour de vengeance pour notre Dieu,
consoler tous ceux qui sont en deuil,
3 ceux qui sont en deuil dans Sion,
mettre le diadème sur leur tête au lieu de la cendre,
l’huile de joie au lieu du deuil,
un habit de fête au lieu d’un esprit abattu.
Ils seront appelés « Térébinthes de justice »,

« Plantation du Seigneur qui manifeste sa splendeur ».
4 Ils rebâtiront les ruines antiques,
ils relèveront les demeures dévastées des ancêtres,
ils restaureront les villes en ruines,
dévastées depuis des générations.
5 Des gens venus d’ailleurs se présenteront
pour paître vos troupeaux,
des étrangers seront vos laboureurs
et vos vignerons.
6 Vous serez appelés « Prêtres du Seigneur » ;
on vous dira « Servants de notre Dieu. »
Vous vivrez de la ressource des nations
et leur gloire sera votre parure.
7 Au lieu de votre honte : double part !
Au lieu de vos opprobres : cris de joie !
Ils recevront dans leur pays double héritage,
ils auront l’allégresse éternelle.

8 Parce que moi, le Seigneur, j’aime le bon droit,
parce que je hais le vol et l’injustice
loyalement, je leur donnerai la récompense,
je conclurai avec eux une alliance éternelle.
9 Leurs descendants seront connus parmi les nations,
et leurs enfants au milieu des peuples.
Qui les verra pourra reconnaître
la descendance bénie du Seigneur.
10 Je tressaille de joie dans le Seigneur,
mon âme exulte en mon Dieu.
Car il m’a vêtue des vêtements du salut,
il m’a couverte du manteau de la justice,
comme le fiancé orné du diadème,
la fiancée que parent ses joyaux.
11 Comme la terre fait éclore son germe,
et le jardin, germer ses semences,
le Seigneur Dieu fera germer la justice et la louange
devant toutes les nations.

A propos de cette lecture.

Dimanche dernier, nous entendions les premiers versets du livre de la Consolation qu’on appelle le 2ième Isaïe. Ils présentaient le Serviteur comme celui sur qui repose l’Esprit et ferait sortir les captifs de leur prison.

Aujourd’hui, nous sommes dans ce qu’on appelle le 3ième Isaïe rédigé après le retour d’exil à Babylone.
Ce qui ne veut pas dire que tous les problèmes sont résolus pour le peuple.

Changement de ton et de situations : les rescapés de l’exil ont retrouvé Jérusalem dont il va falloir relever les ruines. Mais il faudra surtout restaurer l’unité entre le petit reste revenu au pays et ceux qui y sont restés durant la longue déportation. Il y a, d’une part, cette population-là enlisée dans le culte des idoles et, d’autre part, des rapatriés zélés que les premiers comprennent mal.

D’où les difficultés naissantes tant dans le domaine religieux que dans les rapports sociaux. L’enthousiasme des rapatriés se heurte à un grand désenchantement, surtout par rapport aux promesses reçues. « Ils découvrent qu’il existe dans leurs vies- comme dans les nôtres- d’autres prisons, d’autres chaînes moins matérielles mais tout aussi oppressantes. Car au pays on ne les attendait pas vraiment. Et on leur a mis tous les bâtons possibles dans les roues pour les empêcher de reconstruire le temple. » Une véritable crise d’espérance surgit. Aux propos défaitistes des uns et des autres, le prophète oppose l’inaltérable fidélité de Dieu à sa Parole. Il authentifie sa mission réconciliatrice : Dieu lui insuffle son Esprit, faisant de lui un homme consacré par l’onction, pour une mission. Il est l’envoyé du Seigneur pour annoncer la Bonne Nouvelle de la tendresse de Dieu à l’égard des humbles et des pauvres.

Quand les prophètes traduisent en paroles l’œuvre de Dieu, c’est toujours à un retournement qu’ils invitent , à un retournement des relations : ceux qui étaient opprimés seront libérés et les oppresseurs auront à accomplir le dur travail. Les ruines seront déblayées et des villes seront construites où des hommes pourront vraiment vivre.

N’est-ce pas une perspective qu’attendent aujourd’hui beaucoup de nos contemporains ? Mais, même si une telle promesse paraît riche d’avenir, le tout est de savoir comment le réaliser.

Le prophète annonce que l’oint du Seigneur est envoyé par Dieu annoncer une bonne nouvelle pour les pauvres et proclamer une année de bienfaits de la part du Seigneur. Il y avait bien une année sabbatique (tous les sept ans) et cette année jubilaire rendait la liberté aux esclaves et remettait toutes les dettes. Telle est l’année de bienfait proclamée par le Seigneur.

Ce texte nous fait penser à la proclamation de Jésus à la synagogue de Nazareth quand il proclame que le temps est arrivé, que Dieu va intervenir, et que c’est en lui que l’Ecriture s’accomplit. Pour bien comprendre l’oracle d’Isaïe il est donc important de le lire dans le contexte historique du prophète et aussi dans la perspective de l’ère nouvelle que le Christ vient inaugurer au début de sa vie publique, et dans son couronnement lorsque le Seigneur reviendra.

L’oint du Seigneur annonce une Bonne Nouvelle destinée à tous les humiliés, à ceux qui ont le cœur brisé, aux captifs pour proclamer leur délivrance et aux prisonniers leur libération.

Le cri de ces pauvres que l’on retrouve particulièrement dans les psaumes, est arrivé jusqu’à Dieu dont les entrailles se sont émues à la vue de tant de misère.

Jésus déclarera que le Royaume leur appartient !

_ C’est un complet bouleversement puisque non seulement il consolera ceux qui pleurent mais il « mettra le diadème sur leur tête au lieu de la cendre, l’huile de joie au lieu du deuil, un habit de fête au lieu d’un esprit abattu. » C’est ainsi que Dieu fait et agit, il apporte la délivrance et la liberté. Bouleversant et en même temps interpellant !

Le prophète répond à ce « comment ? ». Selon lui, l’avenir advient simplement « comme la terre qui fait germer ses germes et un jardin germer ses semences » (v.11). Donc rien de spectaculaire. Pas de réalisations extraordinaires dues à des hommes extraordinaires. Des hommes proclament des renversements de situations en faisant des choses très simples. Ils consolent celles et ceux qui ont le cœur brisé. Ils proclament aux captifs la liberté …Ils proclament l’année de la faveur du Seigneur, ‘le jubilé’ ! C’est la bonne nouvelle d’un nouveau printemps social possible grâce à la docilité à l’Esprit. Alors naît la joie pour tout le peuple. A travers celles et ceux qui se mettent au service du renouveau du peuple, Dieu vient comme l’époux, comme le printemps, comme un avenir chargé de joie pour tous ceux qui n’y croyaient plus.

Dans la seconde partie de la péricope, v. 10-11, le peuple des pauvres répond à cette annonce du Seigneur par une action de grâce, il tressaille de joie et exulte en Dieu sauveur. Il précise que le salut et la justice sont devenus une réalité concrète : « il m’a vêtue des vêtements du salut, m’a couverte du manteau de la justice. ». Voilà ce qui a changé concrètement et pour lequel chacun peut rendre grâce.

C’est toute la communauté, forte des promesses du Seigneur, qui chante sa louange, son action de grâce devant la perspective d’une Alliance nouvelle.

Quelle est donc cette joie de l’Evangile ? Tout sera nouveau de la splendeur du Seigneur mais dans la patience de Dieu et la transformation lente des cœurs, comme celle de la semence jetée terre qui doit germer avant de produire son fruit. Ainsi la transformation du cœur du peuple est préalable à la célébration de l’Alliance nouvelle.

« Quand Dieu vient sauver les pauvres, c’est beau comme un mariage, comme une alliance que rien ne brisera plus ! Le peuple qui tressaille de joie est par avance la communauté chrétienne à qui, dans l’attente du Seigneur, saint Paul donne ce conseil : « Soyez toujours dans la joie » Feu Nouveau 55/1 p. 30

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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