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3e Dimanche de l’Avent B

14 décembre 2014

3ème Dimanche de l’Avent -B-

Dieu a une obsession : faire alliance avec l’humanité qu’il a créée. Cette alliance sera définitivement conclue quand son Fils aura partagé la condition humaine mais il faut préparer le terrain. Le chantier est tellement audacieux qu’il va durer des siècles. Un premier contact avec Abraham, sera suivi de la naissance d’un peuple qui se révèlera régulièrement indocile. Pour redresser la barre chaque fois que nécessaire, Dieu choisit un homme et le charge de diffuser un message. Il prépare ainsi la venue de son Fils sur terre avec comme seul outil la parole et comme seul carburant la patience.

Les textes d’aujourd’hui nous présentent d’abord un prophète, lointain disciple d’Isaïe. Il affirme d’abord son autorité devant le peuple : ce qu’il dit est parole de Dieu et ce que Dieu dit est bonne nouvelle pour tous ceux qui acceptent de vivre dans la recherche de la vérité.
La parole du prophète tombe sur une terre de tristesse. A Jérusalem, en ce temps-là, le peuple n’a pas le moral. Il est revenu d’exil. Ses rêves s’écroulent devant la réalité qu’il doit affronter. Mais Dieu va restaurer ce qui est en mauvais état. Un jour, le peuple dira : « Je tressaille de joie. » Il sera couvert du manteau de la justice. Quand rien ne va bien, le prophète invite à regarder un avenir à construire.

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L’évangile nous présente un homme qui a secoué la mentalité de son temps. Cet homme a un nom, Jean. Cela veut dire qu’il a un enracinement humain, une hérédité, un tempérament. Il a aussi un enracinement historique. Son peuple a une histoire.
Il fait sortir les gens de chez eux, sortir d’eux-mêmes. Il les conduit vers quelqu’un que tout le monde attendait. Ce quelqu’un, Jésus, était là mais personne ne le savait.

Des gens s’attachent à Jean, devenu le Baptiste. S’il attire vers lui, il ne retient personne. Le mettre en avant lui fait faire marche arrière. Ce qu’il vit, ce qu’il dit interroge et met en route. C’est sur sa parole que deux de ses disciples suivront Jésus C’est sur la parole d’André, l’un de ces deux disciples, que Pierre va bouger, lui aussi. Ce que dit, ce que vit Jean Baptiste interroge. Et l’interrogation lui revient : « Qui es-tu ? Il est la voix qui crie : « Préparez le chemin. »

Comme Isaïe, Jean Baptiste a reçu une mission : inviter les gens à vérifier leur com-portement, désigner celui qu’il faut suivre si on veut vivre…et disparaître.
Toute mission reçue du Seigneur est difficile. Il s’agit toujours de se démarquer du comportement du monde. Mais Dieu ne donne jamais une mission sans donner la for-ce et l’endurance pour l’accomplir. Il donne aussi au fond du cœur une sérénité qui vient de la satisfaction du devoir accompli. Le missionnaire est habité par la joie.

La joie n’aurait-elle pas un lien avec la motivation. Celui qui est motivé a un objectif. Spontanément, il s’impose une discipline, il affronte les difficultés avec sérénité.
On peut être motivé pour toute sorte de choses.

Le 3 décembre dernier, l’Église célébrait St François, né à Xavier, un village de la Navarre. Jeune, François Xavier est plongé dans une époque troublée : le château fa-
milial est démantelé, ses frères bannis, sa famille ruinée. Il arrive à Paris avec un pro-jet : faire des études et reconstituer sa fortune et il va réussir. Mais il rencontre par hasard Ignace de Loyola. Sa motivation change d’orientation. Il va devenir jésuite et il annoncera l’évangile aux Indes, au 16ème s.

Les médias nous renvoient l’image de notre monde ; un monde morose, violent et tordu qui cherche à s’évader dans les sensations toutes catégories. Nous sommes dans le monde de tristesse du temps d’Isaïe et de Jean Baptiste : en fait, ce climat incertain est une invitation à réviser nos motivations, pour vivre ce que nous devons vivre dans la joie. Il y a dans notre monde des gens qui se démarquent du monde : sans bruit, ils construisent un avenir.

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Quand on demande aux automobilistes de rouler moins vite, c’est qu’ils roulent trop vite. Si dans son courrier, Paul demande aux Thessaloniciens d’être « toujours dans la joie (…), de rendre grâce en toute circonstance, c’est qu’ils sont dans la déprime. De fait, la communauté que Paul a fondée est secouée par la persécution.
Rendre grâce en toute circonstance ! Disant cela, Paul n’est pas inconscient ; il vient lui-même d’être obligé de fuir Thessalonique. Il sait de quoi il parle. Il donne un conseil qui convient bien à notre époque : « N’éteignez pas l’Esprit ! »

Quand on a une petite lumière dans la nuit et que le vent se met à souffler en tempête, ce n’est pas le moment d’éteindre la lumière. L’Esprit saint n’est jamais en repos. Il ne nous préserve pas des épreuves de la vie qui peuvent être très dures mais il nous aide à prendre la décision la plus opportune pour rester debout.
Tout croyant découvre progressivement qu’il n’est pas seul. Il perçoit la présence bienfaisante de personnes qui se font proches dans les moments difficiles.
Le même Esprit, qui nous invite à accueillir l’aide dont on a besoin, nous invite aussi à nous faire proches de ceux qui traversent une épreuve.

Évidemment, avec un tel discours nous sommes loin de l’excitation que la publicité allume pour les fêtes de fin d’année. Plongés dans les lumières des hommes, n’éteignons pas la lumière de l’Esprit Saint. Dans Prière Eucharistique N°4, nous disons ceci :
Jésus a envoyé d’auprès du Père « comme premier don fait aux croyants, l’Esprit qui poursuit son œuvre dans le monde et achève toute sanctification. »

D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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