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3e Dimanche de carême B

11 mars 2012
3ème Dimanche de Carême -B-

Les hommes ont leur idée sur le chemin qu’il faut prendre pour être heureux.
Au temps de Paul, les grecs cherchent consciencieusement à mettre en place un système de valeurs qui permettent, à chacun de construire sa personnalité et à tous de vivre ensemble.
De leur côté, les juifs attendent l’homme providentiel, le Messie, qui va redon-ner au peuple une place dans le concert des nations et pourquoi pas la première. Qu’un homme sorte du commun, et voilà les juifs qui vérifient s’il correspond à l’image du Sauveur que le peuple a pu se forger au cours de son histoire.
Bouleversés par les premiers actes de la vie publique de Jésus, les disciples et aussi les foules s’interrogent : N’est-il pas le Messie ?
Objection des scribes, des pharisiens et tous les gardiens de la Loi : il pardonne les péchés, ce que Dieu seul peut faire ; il ne respecte pas le sabbat en faisant des guérisons et puis… personne d’intéressant n’est jamais sorti de Nazareth !
Conclusion : Jésus ne correspond pas au schéma.
*
Paul a donc reçu la mission d’annoncer l’évangile. Il apprend que les chrétiens de Corinthe sont divisés : ils sont plus sensibles au talent oratoire des prédica-teurs qu’au message de l’évangile. Or on ne devient pas disciple de Jésus parce que des arguments ont été trouvés séduisants ou convaincants.

Paul a connu un échec à Athènes ; il découvre des dérives à Corinthe ! Comment donc dire l’évangile ? Il est tellement étranger à la conception humaine de la vie que les mots sont toujours ou maladroits ou insuffisants !
Pour exécuter un travail, il faut des outils appropriés.
Pour annoncer l’évangile, la boite à outils humaine est vide

En face des Grecs et des Juifs, Paul proclame alors avec des mots impossibles l’originalité de la foi chrétienne. Il ne glisse pas une hypothèse : puisque les grosses têtes, et les gens puissants ne trouvent pas le chemin de la gloire et de la paix, ne faudrait-il pas aller chercher le Messie parmi tous ces gens qui ont été rejetés par la société ! …
Et si Jésus, l’un des crucifiés de la Pâque à Jérusalem, était le messie attendu !
Paul ne susurre pas. Il provoque. Il proclame avec une tranquille certitude :
« Nous proclamons un Messie crucifié » Cela fait l’effet d’une bombe !

Au temps de l’Avent, nous chantons : « Venez, divin Messie ». C’est convena-ble ! Au temps du carême, nous chantons le Messie humilié. C’est incon-cevable ! Humainement parlant, ces deux mots s’éliminent mutuellement.

Le mot Messie a une signification précise. C’est un dérivé d’un adjectif hébreu qu’on traduit par Oint (du verbe oindre). D’une manière plus accessible, on le traduit en français par l’expression « être frotté d’huile.
On dit que l’huile est capable de tout pénétrer, même la pierre. Dans l’Ancien Testament, l’onction d’huile concrétise un choix de Dieu. Elle consacre telle ou telle personne en vue d’une mission particulière : conduire le peuple de telle manière qu’il puisse toujours bénéficier de la bienveillance de Dieu.
Les rois, (David, Salomon et les autres) ont reçu cette onction. Quand ils ont disparu de l’histoire, les grands prêtres ont pris le relais. Les uns et les autres ont dérivé.
En bref, le Messie est un envoyé de Dieu.

Derrière le mot crucifié, il y a le fait d’un délit d’une extrême gravité qui mérite la mort. Le verdict est prononcé par la juridiction compétente. Il n’est pas imagi-nable que Dieu fasse appel à un individu, qui a trahi la Loi de Moïse, pour sau-ver son peuple
Parler d’un Messie crucifié c’est un « scandale pour les juifs et une folie pour les peuples païens. »

Mais ce n’est pas à nous de dire à Dieu comment il aurait dû s’y prendre pour sauver le monde ; nous pouvons seulement voir comment il s’y est pris et es-sayer de comprendre, petit à petit, ce qu’il veut qu’on comprenne.

Les hommes peuvent élaborer toutes sortes de stratégies pour détruire le mal qui ruine les relations humaines. Ils ne réussiront pas pour une raison toute simple. Tous, d’une manière ou d’une autre, ils sont complices du mal qu’ils veulent combattre.
Le salut, (la vie harmonieuse avec Dieu), ne peut venir que d’un homme qui échappe totalement au venin du mal. Cet homme, c’est Jésus, Fils de Dieu. Il s’est fait Serviteur.
Dénonçant toutes les dérives, les hommes ne pouvaient que le rejeter. Sa vie ne pouvait que heurter les intérêts des hommes au pouvoir et les schémas de pensée couramment admis.

Le salut de l’homme ne surgit pas au bout d’un effort humain. Il est un don de Dieu à accepter tel qu’il nous est offert : le Messie crucifié est puissance de Dieu et sagesse de Dieu. Au pire moment de sa vie, il n’y a aucune haine envers quiconque dans son cœur. La mort ne pourra le garder. Dieu le ressuscitera.
La force de son esprit d’amour sera semée dans le monde.

« Je serai avec toi ». C’est ce que Dieu dit à chacun de ceux qu’il appelle. A partir de là, nous devons être conscients de deux choses :
1). Notre fidélité à l’évangile ne peut que provoquer un rejet de la part de ceux qui veulent vivre selon l’esprit du monde.
2) Notre foi inconditionnelle en Dieu nous permet de maintenir une porte ouver-te à tous ceux qui cherchent à vivre une vie humaine, pleinement humaine, parce que en harmonie avec la vie de Dieu.

D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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