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3e Dimanche de Pâques B - 1 Jean 2, 1-5a

2e lecture : I Jean 2/1-5a

1 Mes petits enfants, je vous écris cela pour que vous ne péchiez pas. Mais si quelqu’un vient à pécher, nous avons un défenseur devant le Père, Jésus Christ, qui est juste ;
2 car il est, lui, victime d’expiation pour nos péchés ; et pas seulement pour les nôtres, mais encore pour ceux du monde entier.
3 Et à ceci nous savons que nous le connaissons : si nous gardons ses commandements.
4 Celui qui dit : « Je le connais », mais ne garde pas ses commandements, est un menteur, et la vérité n’est pas en lui.
5 Mais celui qui garde sa parole, en lui, vraiment, l’amour de Dieu est accompli.
A propos de la 2e lecture

Les premiers chrétiens ont fait l’expérience de la Résurrection, mais non comme un phénomène extérieur à eux, dont ils auraient été des spectateurs passifs.
Si la Résurrection du Christ prend une telle place c’est en fonction de l’impact que celle-ci avait eue sur eux et des effets que celle-ci avait entraîné chez eux.
Les récits de résurrection nous prouvent que des hommes ont vu leur vie changer radicalement après avoir reconnu, dans celui qui avait été cloué sur la croix et qu’ils avaient vu mourir, le Messie de Dieu, le Christ de Dieu.
L’auteur de cette lettre, Jean, désire affermir la foi de ceux qui sont attaqués par un groupe qui fait l’œuvre du diable, de l’Ante-Christ. Ceux-ci, tout en se proclamant en communion avec Dieu, ne reconnaissent pas Jésus-Christ venu dans la chair. Bien qu’ils se proclament libres de tout péché, ils ne montrent pas d’amour pour les frères ; ce qui est totalement contraire à l’amour pour les frères que Jean recommande, à la suite du Christ.

Dans ce texte l’auteur s’adresse à des chrétiens qui font l’expérience, inattendue et déroutante pour leur foi, de la persistance du péché dans leur vie, dans leur communauté. Ils subissent à la fois l’intégrisme des Judaïsants, le monde qui ne comprend pas, et l’influence de prétendus-chrétiens qui font échec au Christ en faisant l’œuvre du diable.

Dans le climat pascal, la liturgie nous conduit à réfléchir non pas tellement au péché en lui-même mais à l’incapacité de l’homme à s’ajuster à Dieu, au Christ ressuscité.
Nous ne sommes pas destinés au péché, quoiqu’il soit difficile à éviter. Notre destination actuelle et finale c’est l’Amour, devenir semblable à celui qui est l’Amour. Nous sommes destinés à aimer : Dieu ne nous abandonne pas dans ce projet, impossible sans Jésus qui vient plaider la cause de l’homme, se mettre de son côté, à sa place.
« Nous avons un défenseur » : c’est Dieu qui se met de notre côté, délibérément et définitivement et non contre nous. Jésus vient se mettre du côté des petits, des pécheurs : « je suis venu appeler les justes et non les pécheurs » ; pour les appeler et les sortir du mal que l’on croyait irrémédiable et indéfiniment le plus fort. Christ vient faire mentir le tentateur. Il plaide la cause de l’homme et même plus, il se met à sa place.
Alors que dans le 4e évangile, ‘le défenseur’, ‘le paraclet’, désigne l’Esprit de vérité envoyé aux disciples par le Père, comment comprendre que Jean dise aussi que Jésus est Paraclet ? Il faut se rapporter à Jean 14,16 qui sous entend que Jésus est le premier paraclet en appelant l’Esprit second paraclet : « je prierai le Père, il vous donnera un autre paraclet » Il s’agit bien de Jésus qui intercède (se met du côté) pour nous devant Dieu : il n’a pas honte de se mettre du côté des pécheurs, comme il le fit après l’appel et la conversion de Lévi où il mange avec les « pécheurs », ou lorsqu’il laisse Marie-Madeleine le toucher tout en pleurant ses péchés à ses pieds.

v.1 Jean commence par une exhortation au ton très doux : « mes petits enfants » et optimiste : « si l’un de vous vient à pécher, nous avons un défenseur ». Quand le péché nous assaille, nous avons quelqu’un qui aide et réconforte. Habituellement, c’est l’Esprit qui reçoit ce nom dans l’évangile de Jean. Ici, c’est Jésus Christ ! Jésus par son sacrifice nous obtient le pardon de nos péchés.
Ce message optimiste nous redit que la confession des péchés ne consiste pas seulement en leur aveu pour en être débarrassé par le pardon : confesser ses péchés, c’est confesser que l’on est accepté et aimé tel que l’on est. Du coup, la confession devient célébration : nous sommes en fête parce que accueillis jusque dans les profondeurs obscures de notre être. Là se trouve peut-être une des plus grandes conversions de nos vies : accepter un jour que celui qui nous connaît jusqu’au plus intime, nous accepte avec la part obscure et lumineuse de nous-mêmes, sans condition. Nous sommes acceptés parce qu’aimés par Celui qui en mourant a accepté et transformé l’inacceptable de nos vies. « En payant ainsi le prix de l’amour du Père dont il était le témoin, il atteste comme un amour tel que plus grand ne se laisse penser. Par ce détour la christologie contemporaine peut alors renouer avec la perspective d’Anselme remise sur ses pieds : sur la Croix, la miséricorde du Père ne s’obtient pas moyennant un sacrifice sanglant, mais en Jésus la miséricorde divine se livre jusqu’au sang ». (H.J. Gagey. Monde de la Bible 125. p.54).
Jésus est le premier paraclet venu nous dire Dieu, Dieu au milieu des hommes ; il est le chemin pour aller à Lui, à travers et au delà de notre péché.
C’est le rôle de l’Esprit de rendre l’homme présent devant Dieu, par lui Dieu est rendu présent à l’homme. C’est cet autre paraclet promis par Jésus qui sera toujours avec lui, d’une toute autre manière que de son vivant.

v.2 « Victime » Jean ne développe pas une doctrine de l’expiation mais il se centre sur le pardon des péchés comme possibilité pour l’homme de vivre. Avant, le péché était entre Dieu et l’homme, maintenant c’est Christ qui se met entre Dieu et l’homme, même si sur ce chemin il y a le péché. Désormais celui-ci n’est plus un obstacle insurmontable.
Jean évoque ici le libre don que Jésus a fait de sa personne. C’est ainsi qu’il est sauveur, intercesseur pour les péchés : il se met du côté de l’home pour combattre le péché, il se met avec l’homme pour ce combat.
Il est tellement « avec » l’homme, qu’il s’expose au refus de celui-ci, dont le rejet ne pourra pas être un obstacle à sa mission de réconciliation.
Victime de sa bonté, de sa miséricorde, de sa tendresse, de la bonté de Dieu, de la tendresse du Père qu’il partageait et dont il se voulait le témoin.
Le visage de Dieu qu’il incarnait et qu’il nous invite à vivre c’est l’Evangile, les béatitudes, la miséricorde, le pardon des pécheurs.
C’est cela folie de la croix : le péché n’engendre plus la mort mais la vie par le Christ.
C’est possible. Le péché n’est nullement effacé grâce à nos œuvres mais par le pardon donné dans l’aveu.
« L’unique justice est celle de son amour par lequel il a pris sur lui la responsabilité du péché universel, s’offrant au Père comme victime d’expiation » Barsotti.

v.3 Le critère que « nous connaissons Dieu », c’est que « nous gardons ses commandements. » Ce critère permet aux hommes de se rendre compte, que leur relation avec Dieu est telle qu’elle doit être. Il vérifie qu’ils marchent en communion avec lui. Il s’agit de savoir si nous gardons ses commandements. Si quelqu’un connaît Dieu personnellement, il est impossible que ﷓cette connaissance n’ait pas de répercussion sur sa vie de chaque jour.
Pour Jean, la connaissance de Dieu n’est pas une vision mystique ou une perception intellectuelle. Elle est rendue manifeste si nous gardons ses commandements. L’obéissance n’est pas une vertu spectaculaire, mais c’est sur elle que repose tout service chrétien authentique.

v. 4 « Celui qui dit je le connais… » Jean insiste et est catégorique : celui qui prétend posséder cette connaissance mais qui ne garde pas ses commandements, est un menteur. L’authenticité de notre communion en Jésus Christ c’est que nous observions ses commandements dont tout spécialement celui de l’Amour. Et il ajoute, pour souligner sa pensée, que la vérité n’est pas en lui.

v. 5 « Mais celui qui garde sa Parole… ». Par opposition, l’amour de Dieu est vraiment parfait en l’homme qui garde sa parole. Parole désigne les commandements de Dieu en général. Christ est la Parole de Dieu. (1. 1, Jn. 1. 1).
L’avènement de Christ est un défi lancé à notre manière de vivre tout entière. Il nous met en demeure d’abandonner notre égoïsme et de prendre notre croix. C’est ce qui est impliqué dans « garder sa parole ».
Voici que Jean donne à sa pensée un tour inattendu. A la suite du v. 4, nous nous attendions à lire que l’homme obéissant est dans la vérité, ou que la vérité de Dieu demeure en lui. Au lieu de cela, il nous est dit que l’amour de Dieu est en lui, et non seulement en lui, mais plus encore, parfait en lui. L’amour (grec : agape) est l’une des idées maîtresses de I Jean. Ce mot là figure 18 fois dans cette lettre.

L’amour, selon Jean, consiste essentiellement en ce que Dieu s’est donné lui même en Christ (4. 10). Mais ce terme peut aussi désigner la réponse de l’homme à ce que Dieu a fait. Cette réponse se traduit par une vie d’obéissance. L’amour trouve son bonheur à faire la volonté de Dieu.

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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