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3e Dimanche de Pâques A

30 avril 2017
3ème Dimanche de Pâques –A-
Actes des Apôtres 2, 14, 22-33 1 Pierre 1, 17-21 Luc 24, 13-35

Le récit des disciples d’Emmaüs est bien connu. Ce matin, je vous invite à parcourir les allées d un magasin de réflexions. L’une ou l’autre pourra peut-être retenir votre attention. Le récit se déroule le soir du premier jour de la semaine.

1). Le récit de Luc nous invite à regarder deux disciple de Jésus qui ne sont pas en forme. Il est significatif que ce récit nous situe sur une route. Les disciples ont quitté Jérusalem en trainant les pieds et en barbotant dans des souvenirs qui sont autant de déceptions. A la fin du récit, ils font la même route, en sens inverse, avec allégresse. Ils ont hâte de retourner à Jérusalem, la ville qu’ils fuyaient.
A plusieurs reprises Jésus a demandé à ses disciples de se mettre à sa suite. L’ex-pression donne l’image d’un chemin à parcourir derrière lui. Il arrive aussi que Jésus prenne la route et se mette à notre poursuite ! C’est sur notre route humaine que Jésus nous rejoint et nous cale dans la bonne direction. Mais sommes-nous en route ? Nos convictions, nos analyses sont-elles définitivement bloquées ou sont-elles des étapes dans une recherche toujours en cours ? La vie nous réserve de rencontres inattendues qui nous détruisent ou nous construisent.

2) Le comportement de Jésus qui rejoint les deux disciples pour leur porter secours nous rappelle une exigence : être là où il y a des personnes en détresse pour les aider à s’exprimer et passer le temps qu’il faut, à les écouter.

3) Le récit donne à penser qu’entre Jérusalem et Emmaüs, il y a eu beaucoup de paroles. « Deux disciples faisaient route vers un village appelé Emmaüs (…) et ils par-laient entre eux de tout ce qui s’était passé. » En pratiquant une sorte de monologue à deux voix, ils sont passés d’une conversation qui tourne en rond à l’écoute d’un in-connu qui les a rejoints. A son tour, il prend la parole pour leur offrir une nouvelle lecture des événements.

4) En lisant ce récit, on peut établir la liste des passages (des conversions !) que les disciples ont faits.
*« Nous espérions que c’était lui qui allait délivrer Israël. » Le soir du premier jour de la semaine, Jésus ressuscité rejoint deux disciples qu’il a déçus. De militants politiques, ils deviennent témoins du Ressuscité. L’urgence ne sera plus de chasser les Romains mais d’apprendre à regarder l’autre, quel qu’il soit, avec le regard de Dieu qui veut sauver tous les hommes.
* Le récit nous montre comment ces deux disciples sont passés de l’Impasse, au Pas-sage. Un chemin de vie nouvelle s’est ouvert sous leurs pieds… et dans leur cœur.
* Ils sont passés de la méconnaissance à la renaissance. Ils connaissaient les Ecritures mais leur lecture, à hauteur de vue humaine, n’était pas la bonne.

5). Le récit donne des indications sur l’Eucharistie.
* Les disciples ont invité un inconnu qui, sitôt à table, devient celui qui invite : « Ayant pris le pain, il prononça la bénédiction et, l’ayant rompu, il le leur donna. Alors leurs yeux s’ouvrirent et ils le reconnurent. » (…) « A l’instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem. Ils y trouvèrent réunis les Onze apôtres et leur compagnons »
Combien de disciples, en ces jours-là, ont fui Jérusalem avec leur énergie en berne ! Ceux de notre récit sont passés de la dispersion à la communion, et de la démission à la mission. La fraction du pain les a remis d’aplomb.
Dans l’ensemble du récit on peut reconnaître le schéma de l’Eucharistie : l’accueil de l’autre, même inconnu, l’importance de la Parole qui donne sens à notre histoire humaine, le partage du pain qui donne la vie du Ressuscité.

Une question : Nous vivons dans un monde qui développe toutes sortes de techniques. Certaines favorisent la rapidité, et même l’instantanéité, des relations humaines. On communique par texto. C’est magnifique mais si la distance avec ceux qui sont loin n’existe plus, ceux qui sont proches se trouvent éloignés, sans intérêt. Bientôt, si ce n’est déjà fait, aux repas de famille, les Smartphones seront placés entre l’assiette et la cuiller.
Tout cela pour dire qu’il arrive à la technique de déshumaniser le monde. Et tout cela conduit à se demander si nos Eucharisties sont des lieux d’humanisation ? La liturgie se déroule d’une manière très cadrée. Est-ce qu’elle nous enferme ? Y-a-t-il des traces d’anonymat, d’indifférence dans nos célébrations ? Est-elle un lieu où on peut avoir une relation avec l’autre, même inconnu ? Va-t-on à la messe comme à un self-service ?
Et si la question est opportune que faire pour que l’eucharistie échappe à la mécanisation des relations humaines ? Que faire pour que l’Eucharistie développe notre humanisation ?
6) * Un seul des deux disciples est identifié, Cléophas. Chacun de nous peut se reconnaître dans la démarche du deuxième disciple.
. A nous aussi, il arrive de connaître des passages à vide, d’être désorientés. Nous cherchions une espérance et nous avons ramassé la désillusion.
. A nous aussi, il arrive qu’une rencontre remette les choses en place dans notre cœur. Chacun peut évoquer telle ou telle rencontre qui a orienté sa vie et rendre grâce.
. A nous aussi, il arrive qu’une Eucharistie cesse de n’être qu’une cérémonie parmi d’autres pour devenir la rencontre de Jésus vivant qui change notre regard sur ce qui nous est demandé de vivre.
D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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