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3e Dimanche de Pâques


2ième lecture : Apocalypse 5/11-14

1 Le Jour du Seigneur, moi, Jean votre frère et votre compagnon dans la persécution , je vis , dans la main droite de Celui qui siège sur le Trône, un livre écrit au recto et au verso. Il était scellé de sept Sceaux.

11 Alors j’entendis la voix d’anges nombreux autour du trône, des animaux et des anciens. Leur nombre était myriades de myriades et milliers de milliers.
12 Ils proclamaient d’une voix forte : Il est digne, l’agneau immolé, de recevoir puissance, richesse, sagesse, force, honneur, gloire et louange.
13 Et toute créature au ciel, sur terre, sous terre et sur mer, tous les êtres qui s’y trouvent, je les entendis proclamer : A celui qui siège sur le trône et à l’agneau, louange, honneur, gloire et pouvoir pour les siècles des siècles.
14 Et les quatre animaux disaient : Amen ! Et les anciens se prosternèrent et adorèrent.

A propos de cette lecture :

Situons ce passage dans le chapitre 5.
Après la lettre aux Sept Eglises d’Asie Mineure commence avec le chapitre 5, le dévoilement du projet de Dieu dans l’histoire de l’humanité, l’Apocalypse proprement- dite. C’est dans sa vision le Jour du Seigneur que Jean a vu et été le témoin d’une liturgie somptueuse. Sa vision est message pour les vivants, pour les chrétiens afin de raviver, ranimer leur Espérance mise à mal.
« L’auteur s’inspire ici de la Vision du Prophète Ezéchiel (2, 9-10), dont le sens reste scellé-caché- aux humains non éclairés par la foi. Les v 2-10, à la manière du chœur de la tragédie grecque, a posé la question sur les lèvres du chef de chœur- « le choryphée »- Qui est digne d’ouvrir le livre et d’en rompre les sceaux ? Seul l’Agneau parce qu’il a été égorgé » A. Ruelle.

v. 1-5 Evocation de la vision du Livre scellé de sept sceaux et la question : qui est digne de l’ouvrir ?
v. 6-7 : Vision de l’Agneau égorgé mais debout et réponse à la question : seul le Christ crucifié mais remis debout d’entre les morts est capable d’ouvrir le Livre.
v. 8-14 : Liturgie d’action de grâce exprimant comme dans une cantate la vision triomphale de la victoire de l’Agneau c’est à dire du Christ ressuscité.

Jean voit le Seigneur assis sur le trône avec à la main un livre, les décrets, le projet de Dieu sur le destin de ce monde. C’est Christ qui les a révélés et surtout totalement accomplis par toute sa vie. C’est lui seul, parce qu’il a été jusqu’au don total, qui peut prendre le livre et en ouvrir les sceaux.
Le caractère liturgique de cette vision est manifeste. Il n’y a pas que le terme de l’Agneau qui renvoie à l’Agneau Pascal et à la mort du Christ mais le Livre lui-même évoque la lecture que l’Eglise primitive avait l’habitude de faire dans sa liturgie. Le Livre et l’Agneau sont les deux sommets de la liturgie eucharistique.
A propos de cette liturgie E.Charpentier fait remarquer : « il semble bien qu’on soit ici à mi-chemin entre la liturgie juive et nos prières eucharistiques. L’office du matin de la liturgie juive comportait trois grandes bénédictions encadrant la récitation du Shema qui joue le rôle de notre credo. La 1ère célèbre Dieu en tant que créateur et la communauté s’unit au chant des anges chantant le Sanctus. La 2e remercie Dieu pour l’amour qu’il a manifesté à son peuple en donnant la Loi. La 3e loue Dieu pour la rédemption accordée autrefois lors de l’Exode. La liturgie d’Apocalypse 4-5 suit le même déroulement »

On a l’impression qu’en Israël il existait une liturgie créatrice et novatrice.
Les poètes, les compositeurs et les chantres ont été des promoteurs qui ont toujours voulu créer des chants nouveaux destinés au culte. Une caractéristique de la foi d’Israël est de souligner que la fin de tout sera une louange qui ne prendra jamais fin. C’est ce que Jean perçoit quand il parle de la liturgie céleste dont l’ouverture est chantée par des êtres vivants et les anciens.
La liturgie céleste éclate : pas de synagogue, ni de temple, ni d’église, mais une multitude que nul ne peut dénombrer qui reprend à son compte le chant dans une démonstration sans précèdent : des myriades de myriades (v.11). On peut ici penser au verset 22 du chapitre 12 de la lettre aux Hébreux : « Mais vous vous êtes approchés de la montagne de Sion et de la ville du Dieu vivant, la Jérusalem céleste, et des myriades d’anges en réunion de fête » ainsi qu’à Daniel 7/10 : « Un fleuve de feu coulait et sortait de devant lui. Mille milliers le servaient ; dix mille myriades se tenaient devant lui ». Impossible de mesurer ou de mettre en chiffres la Fête chez Dieu.
« Les anges nombreux symbolisent les puissances cosmiques et spirituelles : toute la création est associée à la Louange de la Nouvelle Jérusalem » Ruelle
Avec le chœur des anges qui chantent le cantique de louange à l’Agneau c’est toutes les créatures, au ciel, sur terre et dans les mers, qui s’unissent aux anges. Ils chantent les louanges et de Dieu et de l’Agneau.
V 13 : C’est un océan de voix, une symphonie de myriades. Chaque créature, tout l’univers, se joint à cette immense louange, chante. L’Eglise craque de toutes ses jointures, dans la jubilation. Partout c’est la louange, la gloire et la puissance. Personne ne semble rester en place, toute la création est en ébullition. C’est le Te Deum, le Sanctus et le Gloria in excelsis tout ensemble, répercutés des milliers de fois au carré ! Jean n’a jamais ni entendu ni vu cela !

Et comme toute liturgie, le culte se termine par un quadruple « Amen » (v.14). Les anciens se prosternent dans l’adoration. Toute la création s’incline devant celui qui est assis sur le trône et l’Agneau. Le chœur final n’en finit pas de résonner.
« Cette vision d’allure triomphaliste ne doit pas cependant nous faire donner dans des transports charismatiques ou autres. Il s’agit ici de rappeler à des croyants désemparés la visée qui sous-tend leur espérance ébranlée par les événements et les persécutions.
Les générations chrétiennes de la fin du premier siècle aussi bien que celles qui vivent aujourd’hui les absurdes situations de violence, de famine ou de terrorisme ne peuvent pas être suspectes d’illuminisme. Nous gagnerons toujours à descendre sur les terrains de misère pour vivre le réalisme de l’utopie de l’espérance, celle qui guérit de tout fanatisme et de toute aliénation mentale. »

Notre rassemblement du dimanche célèbre la Pâque, la victoire sur la mort, dans une cérémonie semblable où nous chantons le Christ ressuscité avec l’univers entier dans une louange de tout le cosmos. Ce passage devrait nous inspirer nos célébrations pour leur donner du « souffle » sans doute n’avons-nous pas les visions de Jean mais nos rassemblements du dimanche doivent avoir cet aspect de fête

« On devrait aller à la messe pour témoigner dans la foi que Dieu est le vrai maître de l’histoire, que l’Acteur principal, c’est Jésus-Christ. Il n’a rien d’un potentat : il est un agneau égorgé, symbole de douceur et du don de soi. » Bible du dimanche

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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