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3e Dimanche de Carême C

3ème Dimanche de Carême -C-

Qui est Moïse ?
On dirait aujourd’hui qu’il est un rescapé des camps de la mort. En ce temps-là, Pha-raon, roi d’Egypte, s’inquiétait du développement démographique des Hébreux arri-vés en Egypte quatre siècles auparavant comme réfugiés. Pour ne pas être débordé, il exigea des sages-femmes d’éliminer tous les garçons à la naissance.
Caché par sa mère, confié aux eaux du Nil, Moïse échappa à la mort et fut pris en charge par la fille de Pharaon qui l’avait découvert. Et sa mère devint sa nourrice.

Entre temps, l’intervention des sages-femmes étant inefficace, Pharaon avait donné cet ordre à son peuple ; « Tous les fils qui naitront aux Hébreux, jetez-les dans le Nil. Ne laissez vivre que les filles. » (Ex 1, 32). Combien de victimes au fil du temps !?

Hébreu élevé dans les couloirs du palais, construit dans la culture égyptienne, Moïse restait sensible à la misère de ses frères devenus esclaves. Un jour, témoin d’une bagarre, il tua un Egyptien qui maltraitait un Hébreu. L’affaire risquant d’être connue, il s’enfuit et se réfugia dans le pays de Madiane.
Là encore, près d’un puits, il porta secours aux filles de Jéthro, le prêtre de la tribu. Elles étaient importunées par des bergers. Il s’ensuivit qu’accueilli dans la famille, il épousa une des filles de la maison et devint berger. Etait-il assimilé, intégré ? Avait-il la double ou triple nationalité ? Quelle était son identité ? Il pouvait se le demander. Il eut un fils qu’il appela « Immigré en ce lieu ». Au pays de Madiane, Moïse se sentait-il chez lui ?

S’il avait pu rêver d’un bel avenir en Egypte, il ne pouvait, avec son casier judiciaire, y retourner. Au pays de Madiane, il n’était pas grand’chose et il avait tout intérêt à rester discret. Et c’est cet homme-là, réduit à l’essentiel, que Dieu choisit pour une mission impossible : libérer son peuple de l’esclavage égyptien. Moïse étant privé de tout pouvoir et de toute référence, Dieu aura les mains libres pour intervenir.

Qui est Dieu ?
Un jour, Moïse emmène son troupeau au-delà du désert, au pied du mont Horeb (un autre nom du Sinaï). Il se trouve en présence d’un buisson bizarre. Il est en feu mais le bois, ne se consume pas. Moïse entreprend de faire un détour pour avoir une explication mais Dieu, tout en étant proche, le tient à distance. « Retire les sandales de tes pieds » On ne s’approche de Dieu que vulnérable et désarmé.

Dans notre quotidien, le feu est lumineux. Il réchauffe, sécurise mais il est aussi destructeur. Il n’éclaire qu’en détruisant, de même que l’homme ne vit qu’en détruisant ce qu’il a dans son assiette. Dieu, lui, n’a pas besoin de détruire pour exister.

Ensuite, Dieu ne s’adresse pas à l’homme construit par la culture égyptienne ni à l’homme devenu Madianite par son mariage et son état de berger : « Je suis le Dieu de ton père Abraham ». Il lui rappelle ses racines et réveille en lui l’histoire de son peuple.
Il a vu sa misère et entendu ses cris : et donc : « Maintenant va ! Je t’envoie chez Pharaon. » Devant l’hésitation de Moïse, il se présente : « Je suis qui je suis. » Une manière de dire qu’il est indéfinissable. Il suffit que Moïse se souvienne que Dieu a fait alliance avec ses pères, Abraham, Isaac, et Jacob. Cette alliance n’est pas rom-pue.

Que nous dit Jésus ?
Dans l’évangile, il évoque des catastrophes qui ont secoué l’opinion en son temps. Elles ne nous font pas souffrir. On les a oubliées mais notre monde en connaît de semblables : massacres planifiés, accidents mortels…sans oublier tous ceux qui aujourd’hui connaissent des situations d’esclavage (enfants compris) à travers le monde.

La Parole de Dieu de ce dimanche nous invite à évaluer la trace de l’épreuve dans notre vie. Puisque toute décision entraîne des conséquences, il y a des choix que nous faisons qui conduisent à des catastrophes : l’abus du tabac, de l’alcool, l’excès de vitesse, le relâchement des comportements, l’inconscience et le manque de vigilance.
Il y a l’épreuve prévisible, la vieillesse et les épreuves imprévisibles qui frappent au hasard, l’accident, la maladie et aussi la persécution… Jésus nous rassure. L’épreuve n’est pas une punition. Les victimes ne sont pas plus coupables que les rescapés.

Dans toute épreuve que nous traversons, il y a quelque chose qui est détruit et quel-que chose qui ne demande qu’à être construit. Au cœur de toutes les péripéties qu’a traversées Moïse, Dieu construisait la personnalité qui affrontera Pharaon.
Sous le coup de la brutalité de l’épreuve, nous sommes déstabilisés. Mais Dieu entre-prend de construire quelque chose que nous découvrirons plus tard avec étonnement si nous le laissons faire.

Jésus dit « Si vous ne vous convertissez pas vous périrez tous de même. » Quoi que nous fassions ou bien nous construisons ou bien nous détruisons. Si personne ne construit rien, c’est la mort pour tout le monde. Dans notre société qui s’autodétruit avec entrain, Jésus demande qu’on se convertisse. Sans désirer l’épreuve, on peut comprendre aujourd’hui qu’il nous invite à nous laisser travailler par lui pour que nous puissions devenir avec lui des constructeurs, des libérateurs.

Ne désirez pas ce qui est mal » demande St Paul dans sa 1ère lettre aux Corinthiens
D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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