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3e Dimanche B

24 janvier 2015

3ème Dimanche du T.O. –B-

L’histoire du peuple de Dieu est une succession de ruptures suivies de réconciliations. Bien des fois, Dieu a appelé des prophètes pour avertir son peuple de la catastrophe que sa dérive prépare.
Bien des fois, les prophètes n’ont pas été écoutés mais Dieu ne se fatiguait pas d’en-voyer à nouveau des prophètes pour mettre en garde ou réveiller l’espérance.
Ce comportement de Dieu est compréhensible. En veillant avec obstination sur le peuple qu’il a choisi, il prend soin de ce qui lui appartient. Que Dieu envoie des pro-phètes pour sauver son peuple, c’est la moindre des choses.
Mais voilà que Dieu s’intéresse à une ville païenne, Ninive, capitale de l’Assyrie (nord de l’Irak). Le désordre qui y règne est tel qu’elle va à sa perte et cela attriste Dieu. Il appelle Jonas, pour qu’il aille inviter la population à changer de vie.
Que Dieu s’intéresse aux païens de Ninive est déjà étonnant mais qu’il envoie un juif pour les sauver est inimaginable, sûrement contreproductif. C’est même une trahison.

Jonas a bien entendu l’appel mais on dirait aujourd’hui qu’il passe dans l’opposition. Au lieu de prendre la route de Ninive, il s’embarque sur un bateau qui s’en va à l’autre bout du monde dans la direction opposée.
Et Dieu reste avec Ninive sur les bras !
Dans cette situation, il aurait pu s’adresser à quelqu’un d’autre mais Dieu ne renonce pas. On dirait que le vrai souci de Dieu, c’est de convertir Jonas et, à travers lui, les croyants enfermés dans l’horizon qu’ils ont construit. Après le naufrage du bateau et le retour de Jonas à la case départ, Dieu revient à la charge. Et Jonas finit par se rendre à Ninive.
l se trouve devant un chantier gigantesque. « Ninive était une ville extraordi-nairement grande ; il fallait trois jours pour la traverser. » Devenu fidèle (ou ré-signé), Jonas transmet le message : « Encore quarante jours et Ninive sera détruite » Stupéfaction ! Très vite, le peuple écoute et se convertit. Et c’est Jonas qui est déçu !

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Quelques siècles plus tard, Jésus prend le relais de Jean-Baptiste qui vient d’être as-sassiné par Hérode. Son message est simple : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Evangile. »

Nous trouvons Jésus ce matin sur la rive de la mer de Galilée qui est un lieu de con-tact entre le peuple élu et les peuples païens sur la rive d’en face. Il aperçoit Simon et André, puis Jacques et Jean. Ce sont des pêcheurs ; ils sont au travail ; les uns jettent leurs filets dans la mer ; les autres les réparent sur la plage. Jeter les filets et les ré-parer : deux aspects de la profession. En s’adressant à eux, Jésus interrompt leur tra-vail.

Lisant ce texte après le récit de Jonas, on n’aurait pas été surpris que Jésus envoie ces nouvelles recrues… à Rome (!), la capitale de l’empire, pour annoncer sa destruction si elle ne se convertit pas. Il aurait pu d’une manière plus classique les envoyer à Jé-rusalem pour interpeller les responsables de la religion juive. Ces premiers appelés
ne sont pas des prophètes.

L’évangile de Marc est court. L’auteur concentre en quelques lignes les éléments d’u-ne histoire qui se déroule depuis l’appel des premiers apôtres jusqu’à leur envoi vers toutes les nations, après la Résurrection.
« Venez à ma suite. » C’est plus une forte invitation qu’une injonction. Il arrivera qu’un tel appel soit suivi d’un refus. Accepter de se mettre à la suite de quelqu’un, c’est accepter d’être formé par lui. C’est bien de cela qu’il est question : « Je vous ferai devenir ». La mission qu’il envisage de leur confier est tout à fait hors de portée de leur imagination. Les rendre capables de la remplir va demander du temps.
Que doivent-ils devenir : « Je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes. »

Dans la mentalité de l’époque la mer est le lieu qu’habitent les forces mauvaises. De-venir pêcheurs d’hommes, c’est être en capacité de les libérer du mal qui les détruit.
Pour l’instant, ils entendent la Parole de Dieu à la synagogue. Ils essaient de s’y con-former en allant à la pêche sur le lac et en faisant des affaires avec leurs clients. Leur horizon de vie est réduit. Devenir pêcheurs d’hommes ! Quels hommes ? Pour en fai-re quoi. Que leur dire ?

Simon et André laissant leurs filets le suivirent.
Jean et André laissent dans la barque leur père avec ses ouvriers et partent à sa suite.
Jésus veut sauver tous les hommes. Nourrir les hommes en leur proposant du poisson est très important mais arracher les hommes aux forces du mal qui les détruisent est essentiel.

De même que Dieu n’a pas lâché Jonas, Jésus ne sera jamais tenté de licencier André, Simon, Jacques et Jean pour incapacité et tenter l’aventure avec d’autres.
Quand Jésus fait le don d’un appel, il ne renonce pas.

Ce récit nous invite à découvrir que l’appel de Dieu concerne la totalité de notre vie. Elle peut nous paraître faite de bric et de broc : moments heureux, épreuves inima-ginables, enthousiasmes et dépressions.. A la fin de notre vie, nous découvrirons l’œuvre que Jésus a tissée avec les petits riens ou les grands moments de notre vie.

« Je vous ferai devenir. » Répondre à un appel est toujours un acte du présent. Ré-pondre à un appel rend capable d’entendre un autre appel.
Un jour, nous découvrirons ce que Jésus a voulu nous faire devenir.
D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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