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3e Dimanche B-

25 janvier 2009
3ème Dimanche du T.O. –B-

Jonas 3,1-5.10 1 Corinthiens 7, 29-31 Marc 1, 14-20

Cyrus, roi des Perses, autorise les Juifs exilés en Chaldée (Irak du sud) à rentrer chez eux (538 av. J.C.). Après 50 ans de honte, ils découvrent la Terre Promise, en bénissant Dieu et en maudissant les païens. Ils se savent toujours les seuls bénéficiaires de la bienveillance divine et comptent bien exploiter à nouveau ce privilège. Il y a de la revanche dans l’air. Puisque Dieu reprend les choses en main, ça va être le tour des païens d’être humiliés.
Un sage sentit très vite que cette idée de revanche ne convenait pas à Dieu. Pour dénoncer ce courant d’opinion, il écrivit une histoire. Elle est invraisemblable mais le message n’en est que plus clair.
*
Voilà donc Jonas, un prophète, pur nationaliste et parfaitement borné. Il déteste les étrangers tout simplement parce qu’ils ne sont pas juifs. Un jour, Dieu lui signifie d’aller à Ninive, capitale de l’Assyrie (Irak du nord) pour convertir les habitants qui ont une mauvaise conduite.
Tout bouché qu’il soit, Jonas a entendu l’appel mais il prend les mesures pour ne pas y répondre. Au lieu d’aller de la Palestine vers l’est pour gagner Ninive, il va vers l’ouest, prend le bateau à Jaffa en direction de Tarsis, une ville…, au-delà des mers…, au bout du monde…, une ville imaginaire.

Une tempête épouvantable menace de briser le navire. Dépassé par la situation, le capitaine demande à chacun d’invoquer son dieu. Sans résultat ! Les matelots en viennent à tirer au sort pour désigner le responsable de la tempête.
Le sort tomba sur Jonas qui fut balancé par-dessus bord. Et la mer s’apaisa. Ramassé par un gros poisson, Jonas est ramené à la case départ et récupéré par la même Parole de Dieu : « Lève-toi, va à Ninive, la grande ville païenne, proclame le message que je te donne pour elle. »

C’est le passage que nous lisons aujourd’hui. Cette fois, Jonas prend la vraie route de Ninive et il délivre son message : « Encore 40 jours et Ninive sera détruite. » Il le délivre à contre cœur. Pourvu que les gens de Ninive ne se convertissent pas ! Ils méritent d’expérimenter à leur tour la colère de Dieu.

Mauvaise surprise ! Dès la fin de sa première journée de prédication, la population se met à jeûner et à faire pénitence. La nouvelle arrive aux oreilles du roi qui donne force de loi, sur toute la ville, à l’initiative des habitants.
Jonas se replie à l’est de la ville et se construit une cabane pour assister sans danger à la destruction de Ninive. Mais, les gens ayant changé de conduite, Dieu a renoncé au châtiment. Plein de dépit, Jonas se fâche. La pitié de Dieu pour les pécheurs, même convertis, est injustifiable.
Dieu organise alors quelques incidents auprès de la cabane de Jonas pour lui faire toucher du doigt qu’ils n’ont pas le même regard sur les événements.
Quelques observations à partir de l’ensemble du livre

_ * Dieu a besoin du ministère de l’homme mais c’est Dieu qui donne la fécondité. Même prononcée par un messager récalcitrant, la Parole de Dieu se révèle efficace. Dieu se sert des croyants, même quand ils ont des idées rétrécies !
* Le livre de Jonas illustre la force de l’opinion publique. Devant la menace de destruction de la ville, la population fait pénitence et le pouvoir donne force de loi à une initiative prise par la population.
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Le hasard du calendrier fait que nous lisons ce texte un 25 janvier. C’est le jour où l’Eglise célèbre la Conversion de St Paul et le jour de clôture de la Semaine de l’Unité.

* La relation de Dieu avec Jonas se termine par une remarque étonnée de Dieu. « Tu te fais du souci pour une bricole qui ne t’a coûté aucune peine. Comment moi, n’aurai-je pas pitié de Ninive, la grande ville ! ». Jonas n’a pas réagi à cette remarque de Dieu. La suite de l’histoire nous appartient.
La relation de Jésus avec Paul commence par une question : « Pourquoi me persécutes-tu ? » Et Paul répond par une question : « Qui es-tu, Seigneur ? » Une question qui nous poursuit encore aujourd’hui.
Il a fallu du temps à Paul pour assumer ce changement radical dans sa vie et être accueilli dans une Eglise qu’il essayait de détruire avec rage et frénésie.

Au cours de ses voyages, Paul s’est adressé naturellement aux communautés juives des villes où il passait et là, il se heurta à tous les Jonas de son époque. Mal reçu, il se tourna alors vers les païens.
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*Jonas et Paul avaient un point commun. Dans leur cœur, il y avait de la haine.
Le juif Jonas détestait les païens. Le juif Paul détestait les chrétiens. Aujourd’hui les chrétiens ont du mal à s’entendre.
Le message premier du livre de Jonas est fort : Dieu aime tous les hommes, même ceux qui font du mal à son peuple, de tant de manières. Il n’attend qu’un geste d’eux pour leur pardonner : « En voyant leur réaction et comment ils se détournaient de leur conduite mauvaise, Dieu renonça au châtiment dont il les avait menacés. »
L’histoire de Jonas et de Paul nous invite à découvrir que nos violences extérieures ont leur source dans notre désordre intérieur. Nous n’avons aucun pouvoir sur la conversion des autres mais chacun peut travailler à sa propre conversion pour unifier son cœur et vivre dans la paix.
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Pourrions-nous murmurer cette semaine quelques versets du Psaume 24 :
« Seigneur, enseigne-moi tes voies, fais-moi connaître ta route. Dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi, car tu es le Dieu qui me sauve. »

D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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