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3e Dimanche A - le 26 janvier 2014

Isaïe 8,23-9,3 1 Corinthiens 1, 10-17 Matthieu 4, 12-23

Le prophète Isaïe d’aujourd’hui est celui qui a vécu avant l’exil. Il exerce son minis-tère entre 740 et 700 av. J.C. à Jérusalem, capitale du royaume du Juda, au sud de la Palestine. Il dénonce sans arrêt et sans succès le laisser-aller de la population. Elle va à la catastrophe. Si les célébrations au temple sont grandioses, elles sont creuses et n’intéressent pas Dieu. Dans un décor magnifique, le peuple se fait plaisir. Mais dès la sortie du Temple, c’est à qui sera le plus riche par n’importe quel moyen.

Or dans le texte d’aujourd’hui, Isaïe ne s’adresse pas aux gens de Jérusalem mais à ceux du nord de la Palestine. Ils vivent dans les régions qui, autrefois,( lors de l’arrivée des Hébreux en Terre Promise), étaient habitées par les tribus de Zabulon et de Nephtali. Au fil des siècles, cette terre s’est appelée la Samarie puis la Galilée.
Zabulon, Nephtali, Samarie et Galilée, voilà des noms qui désignent à peu près le même territoire. La route de la mer, c’est la plaine côtière, le long de la Méditerranée. Le pays au-delà du Jourdain, c’est la Transjordanie.

A la mort du roi Salomon en 933 av. JC., dix tribus du nord déclarent leur indépen-dance. Zabulon et Nephtali en font partie. Le nouvel Etat s’appelle le Royaume d’Israël. Pour radicaliser la rupture, il faut empêcher les gens d’aller à Jérusalem : un Temple est construit à Samarie... Et la sanction arrive.
En deux temps, en 732 puis en 721 av. J.C. les Assyriens (Irak du Nord), qui dominent le Moyen-Orient à l’époque, annexent la région et déportent la population.
Les habitants de Jérusalem restent indifférents devant cette situation. A leurs yeux, ces gens du nord ne méritent que du mépris mais dans le cœur de Dieu, les tribus re-belles font toujours partie de son peuple.

« Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière et sur les habitants du pays de l’ombre une lumière a resplendi. »
Isaïe envoie un message sévère aux gens de Jérusalem noyés dans l’illusion de la ri-chesse et un message d’espérance aux gens du nord noyés dans la détresse. Ce messa-ge est à entendre aujourd’hui. Quand un peuple délaisse Dieu, Dieu n’insiste pas. Il dit : « Je l’ai livré à son cœur endurci : qu’il aille et suive ses vues ! » (Ps 80, 13). Quand le peuple reconnaît ses erreurs et cherche une sortie, Dieu est toujours dispo-nible pour reconstruire.
Après les Assyriens, la Terre Promise fut occupée par les Babyloniens, les Perses, les Grecs et voici les Romains au temps de Jésus.

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Depuis une trentaine d’années, Jésus vit à Nazareth, sur cette terre qui s’appelait donc autrefois Zabulon et Nephtali. Il prend le relais de Jean Baptiste qui vient d’être arrê-té. Il quitte Nazareth et commence sa vie publique.
Pour donner du poids à son projet, il aurait pu se rendre à Jérusalem, Le Temple ! Il connaît. A l’âge de 12 ans, il y a fait bonne figure devant les Docteurs de la Loi. Le Temple ! Voila une tribune de choix, pour le Fils de Dieu !
Mais il s’installe à Capharnaüm, dans une Galilée d’où n’est jamais sorti le moindre prophète. Il parcourt les routes, fréquente les synagogues et dit sa parole au milieu de toutes les paroles véhiculées par les commerçants de passage, et par les militaires ve-nus de toutes les régions de l’empire avec leurs coutumes et leurs dieux. Sa parole n’est pas protégée par les murs du Temple ; elle n’est pas certifiée par les autorités juives. Elle est comme une graine, encore sans étiquette, jetée au vent. Elle adoucit les plaies, réconforte les cœurs meurtris, change les regards et ouvre des portes.
Jésus est le serviteur d’une humanité blessée qu’il veut restaurer.

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Avec Paul, cette parole arrive à Corinthe, un port important, et donc un carrefour de convictions. Comme un concentré de Galilée ! A Corinthe comme en Galilée, on entend de tout sur tout. Une petite communauté s’est formée qui ne tarde pas à se di-viser dès que Paul quitte la ville. Les chrétiens s’entortillent dans des querelles de personnes. En Eglise, on sait encore faire ces choses-là !
Les idées confuses engendrent des situations sans issue. A Corinthe, il est mieux por-té d’avoir été baptisé par celui-ci plutôt que par celui-là. Apollos, Pierre, Christ et Paul sont en compétition.
Pourtant, en choisissant ses apôtres, Jésus n’est pas devenu l’un deux. Il n’est pas l’a-pôtre, l’envoyé de lui-même. Il est celui qui envoie.
Etre baptisé par Apollos ne veut pas dire qu’on est baptisé au nom d’Apollos. A Co-rinthe, les nouveaux chrétiens ont été baptisés par l’un ou l’autre au nom de Jésus.
Dans la mesure où chaque baptisé est uni au Christ, il devient un acteur de l’unité.

Les baptisés aujourd’hui sont dans la situation de Jésus en Galilée et des chrétiens à Corinthe. Ils sont immergés dans un monde qui pousse ses racines ailleurs que dans l’évangile. Il faut donc redécouvrir qui est Jésus, comment chacun est appelé à témoi-gner avec sa culture, son tempérament, et ses limites.
D. Boëton
St Hilaire
(Evêque de Poitier au 4ème s. - Fête le 14 janvier)
L.H. Vol. 1 p. 1348
Etant pauvres, nous demanderons ce dont nous sommes dépourvus ;
nous fournirons un effort acharné
pour scruter les paroles de tes prophètes et de tes apôtres,
Nous frapperons à tous les accès d’une compréhension qui nous est fermée.
Mais c’est à toi d’exaucer la demande,
d’accorder ce qu’on cherche,
d’ouvrir la porte fermée.

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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