Accueil > Prier avec nous > Homelies > 3e Dimanche A

 

3e Dimanche A

3ème Dim. du T.O. –A-

Aux environs du 10ème s. av. JC., David a réussi à rassembler les 12 tribus d’Israël sous son autorité. A la mort de son fils, (le roi Salomon), dix tribus du nord de la Pales-tine (dont celles de Zabulon et de Nephtali), prennent leur indépendance. Un site, Samarie, est choisi pour être la capitale. Un temple est construit pour concurrencer celui de Jérusalem qui reste la capitale du minuscule royaume du sud.

Au 8ème s. av. J.C., les Assyriens (Irak du nord) dominent le Moyen-Orient. S’étendant vers l’Ouest, ils envahissent le nord de la Palestine et déportent les populations. Des étrangers, venus d’un peu partout, prennent la place des déportés et la région devint le « carrefour des païens » autrement dit la Galilée.

A Jérusalem, l’opinion publique estime que Dieu a bien fait de punir ces gens du nord. « Les pays de Zabulon et de Nephtali se sont couverts de honte. » Pourtant, à Jérusalem, un prophète, Isaïe, fait une autre analyse de la situation. Dieu ne regrette jamais ses dons. Si les Juifs de Galilée ont autrefois rompu l’Alliance, le projet de Dieu n’est pas détruit.
Il reste que l’invasion de la Galilée est un coup porté contre le plan de Dieu qui ne peut pas ne pas réagir. Le prophète Isaïe refuse le défaitisme : « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière et sur les habitants du pays de l’ombre, une lumière a resplendi. » Après la honte, viendra le temps de la gloire !
*
Après avoir subi plusieurs invasions menées par des puissances qui s’imposent avant de disparaître, la Palestine est occupée par les Romains et nous retrouvons Jésus en Galilée. Au retour de son exil en Egypte, la Sainte Famille n’a pas jugé prudent de revenir près du pouvoir qui s’exerce à Jérusalem.
Ainsi Jésus a vécu la plus grande partie de sa vie dans cette Galilée qui, quelques siècles auparavant, a été le théâtre de la déchirure du peuple de Dieu pour devenir le carrefour de toutes les opinions, de toutes les religions.

Parmi les lanceurs d’idées à succès, voici Jean Baptiste. Matthieu attire notre attention sur sa prédication. Parmi beaucoup d’autres, il baptise Jésus. Une parole audacieuse concernant la vie privée d’Hérode Antipas, tétrarque de la Galilée, lui vaut d’être emprisonné. C’est un signal pour Jésus.

« Quand il apprit l’arrestation de Jean Baptiste, Jésus quitta la région du Jourdain et se retira en Galilée. Il quitta Nazareth et vint habiter à Capharnaüm, ville située au bord de la mer de Galilée, dans les territoires de Zabulon et de Nephtali. »

Capharnaüm est une ville importante et c’est là que Jésus va commencer sa vie publique. Pour se faire connaître, il ne fréquente pas les lieux où les gens s’agglutinent. Il se rend au bord de la mer de Galilée. Sur cette mer, pas de croisières touristiques ! Ses tempêtes sont fortes et imprévisibles. S’y aventurent seulement des pêcheurs expérimentés. En ce temps-là, le bord de mer n’est pas un lieu de détente.
« Comme (Jésus) marchait le long de la mer de Galilée, il vit deux frères, Simon, appelé Pierre, et son frère André qui jetaient leurs filets dans la mer ; car c’étaient des pêcheurs. Jésus leur dit : « Venez à ma suite, je vous ferai pêcheurs d’hommes. » Aussitôt laissant leurs filets, ils le suivirent. »

Voilà donc Jésus au bord de la mer. Deux pêcheurs, Pierre et André sont au large et travaillent. Si on suit le texte au ras des mots, la scène est surprenante. On peut penser que Jésus a quand même attendu le retour à terre des pêcheurs. Mais là, pas de temps à perdre ! Pas de rendez-vous, de curriculum vitae, d’entretien d’embauche. Il les interpelle : « Venez à ma suite. »
Poursuivant son chemin, il rencontre Jacques et Jean. Eux, ils réparaient leurs filets. « Il les appela. Aussitôt, laissant leur barque et leur père, ils le suivirent. »

« Venez à ma suite » Voilà les premiers mots de la vie publique de Jésus. Ils résument son message. Que ceux qu’il appelle le suivent ! Un travail les attend. Comme on dirait aujourd’hui, ces premiers appelés sont invités à changer de logiciel. Ils pêchaient des poissons ! Ils seront pêcheurs d’hommes. Ils les feront entrer dans un autre uni-vers. Ils ne savent rien de ce qui les attend. On peut deviner qu’ils auront à affronter d’autres tempêtes que celles du lac.
*
Dans toute vie, il y a des appels lancés et reçus. On appelle les autres à nous suivre. Cela se fait beaucoup, ces temps-ci. Il nous arrive aussi de recevoir des appels. Nous les filtrons. Nous revendiquons la liberté de penser et d’agir. Et pourtant nous sommes bien souvent des suiveurs. Nous restons marqués par telle ou telle rencontre qui a orienté notre vie. Nous nous reconnaissons disciples de tel ou tel.

Jésus se glisse dans les appels que nous entendons chaque jour. Comment les identifier ? En prenant telle décision, je me mets à la suite de qui ? Vieille question ! Autrefois, elle a divisé l’Eglise de Corinthe. Des chrétiens se référaient à Paul, à Pierre, à Apollos. Et cela donnait des débats stériles. Paul nous invite à nous enraciner dans l’évangile, à y chercher une sève sans cesse nouvelle.

Il arrive encore que notre réponse loyale à un appel nous conduise à construire un petit univers à notre dimension, à l’habiter et à le protéger. En ce cas, nous prenons les commandes et nous cessons de suivre Jésus.
Suivre Jésus, c’est s’adapter sans cesse au réel dans la fidélité.
C’est en se laissant habiter par l’Evangile qu’on peut réussir à discerner le chemin où le Christ nous attend. Dans la pire des situations, il ouvre un passage.
D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

Abbaye du Port du Salut - 53260 Entrammes | tél : (33) 02 43 64 18 64 - fax : (33) 02 43 64 18 63

 
>>>>