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350 . 34e Dimanche Fête du Christ Roi

2ième lecture : I Corinthiens 15/20-26.28

20 Mais non ; Christ est ressuscité des morts, prémices de ceux qui sont morts.
21 En effet, puisque la mort est venue par un homme, c’est par un homme aussi que vient la résurrection des morts :
22 comme tous meurent en Adam, en Christ tous recevront la vie ;
23 mais chacun à son rang : d’abord les prémices, Christ, puis ceux qui appartiennent au Christ, lors de sa venue ;
24 ensuite viendra la fin, quand il remettra la royauté à Dieu le Père, après avoir détruit toute domination, toute autorité, toute puissance.
25 Car il faut qu’il règne, jusqu’à ce qu’il ait mis tous ses ennemis sous ses pieds.
26 Le dernier ennemi qui sera détruit, c’est la mort, (…]
28 Et quand toutes choses lui auront été soumises, alors le Fils lui-même sera soumis à Celui qui lui a tout soumis, pour que Dieu soit tout en tous.

A propos de cette lecture :

C’est bien la Bonne Nouvelle de la résurrection du Christ que Paul rappelle aux Corinthiens. Il l’évoque non comme s’il s’agissait d’un événement du passé, mais d’une réalité qui se prolonge par ses effets et son influence dans la vie de tout croyant. Comme pour exprimer la grandeur et l’extraordinaire de l’événement, quatre reprises, il parle de Jésus ressuscité qui « s’est fait voir à » .
Depuis la Pentecôte, le kérygme ( la proclamation) de la Bonne Nouvelle ne cesse d’être annoncé et, en particulier avec force, la mort et la résurrection du Christ. Paul en a repris le contenu quelques versets plus haut : versets 3-8 : « Je vous ai donc transmis en premier lieu ce que j’avais moi-même reçu, à savoir que le Christ est mort pour nos péchés selon les Écritures, qu’il a été mis au tombeau, qu’il est ressuscité le troisième jour selon les Écritures, qu’il est apparu à Céphas, puis aux Douze. Ensuite, il est apparu à plus de 500 frères à la fois — la plupart d’entre eux demeurent jusqu’à présent et quelques-uns se sont endormis — ensuite il est apparu à Jacques, puis à tous les apôtres. Et, en tout dernier lieu, il m’est apparu à moi aussi, comme à l’avorton. »
Il ne s’agit pas d’une illusion ; pour Paul le fait d’insister par quatre fois en utilisant le passif : « il s’est fait voir » est bien la preuve qu’il s’agit d’une action de Dieu, une initiative de Dieu. Les premiers témoins du ressuscité en ont fait une expérience personnelle privilégiée, reçue et vécue en Église, ce qui atteste le sérieux de l’événement.
Dans la suite Paul aura la chance de faire cette même rencontre avec le Christ dans une expérience tout à fait gratuite de la part du Ressuscité lui-même ; il ne cessera d’en rendre grâce. Sa conversion, sa qualité et son ardeur d’apôtre trouvent leur fondement et leur solidité dans cette rencontre. Il connaît l’importance indispensable de cet événement pour affermir les disciples dans leur foi au ressuscité.
Pour les Corinthiens, comme pour nous, la foi en la Résurrection n’est pas évidente. Paul partage sa conviction et sa foi profonde : « le Christ est ressuscité d’entre les morts ».
Certains ne pouvant croire en la résurrection des morts, Paul répond.

Notre foi en la résurrection du Christ fonde notre foi en notre propre résurrection. « Paul n’envisage pas ici, selon la conception grecque ’l’immortalité de l’âme séparée du corps’, tant l’expérience de sa foi au ressuscité domine sa pensée. Son langage s’adresse à la foi des Corinthiens confrontés aux objections de leur environnement : comment certains d’entre vous peuvent-ils dire qu’il n’y a pas de résurrection des morts. Et il fonde sa conviction sur le fait de l’événement pascal » A. Ruelle.

La résurrection au temps de Paul n’était pas plus évidente que de nos jours.
La mort est une réalité qu’aucun de nos contemporains ne peut nier : elle n’est pas un accident, un hasard, elle est une nécessité à laquelle personne ne peut se soustraire. C’est la loi implacable de la nature.
La résurrection du Christ est la réponse à la question universelle des hommes de tous les temps.
Non seulement Christ est ressuscité mais il est le premier qui fait cette expérience : cela veut dire qu’il y en a d’autres ensuite. Il a ouvert le mystère qui faisait tant problème aux hommes depuis les origines. Il est « le prélude pour tous ceux qui se sont endormis dans la mort »

Si Christ n’est pas ressuscité alors il n’y a pas de résurrection des morts.

v. 20 Ce « mais non » veut balayer d’un coup toutes les objections faites par les Corinthiens et mettre quelque chose en place : pour Paul ce sera l’affirmation de la résurrection du Christ.

_. 21.22 Vient ensuite une comparaison et plus encore une opposition Adam-Christ : comme le premier a entraîné la mort pour lui et toute l’humanité, par le second tout a basculé mais dans le sens opposé : il a ouvert le chemin de la vie, la voie de Dieu.
Par sa résurrection il est le prélude pour tous ceux qui se sont endormis dans la mort et devenu le garant de notre résurrection.

_v.24 « Alors tout sera achevé, ensuite viendra la fin. » Paul se situe déjà à la fin comme si ce que nous vivons actuellement est passager, intermédiaire entre la résurrection de Jésus et la fin.

_v.25.26 Les puissances de la mort et du mal sont abolies mais la mort et le mal sont encore à l’œuvre mais pas d’une manière absolue. C’est le Christ qui exerce tout pouvoir absolu sur la mort et le mal. Il faut qu’il règne c.à.d. que les forces du mal se soumettent au Christ et que son Esprit nous ouvre pleinement à sa loi évangélique et nous introduise dans son Royaume d’amour et que toujours l’amour soit vainqueur. Par notre baptême et donc notre foi au ressuscité en qui nous sommes « renés », nous sommes engagés tout naturellement dans cette lutte contre toute forme de mal. Par notre foi dans la résurrection nous sommes porteurs du Christ ressuscité et de sa victoire définitive.

_Ainsi Dieu sera tout en tous : le ressuscité sera pleinement présent aux croyants dans la plénitude de son Être. Le projet initial de Dieu déjà réalisé pleinement dans le Christ, dans sa mort-résurrection, est en train de se réaliser en plénitude dans les hommes.

_Pour terminer je vous propose le texte de A. Maillot :
« Le problème est celui-ci : ‘Comment (Christ) règne-t-il, et comment entend-il vaincre tout ce qui s’oppose ici-bas à son règne ?’
Il ne faudrait pas faire du Christ un de ces anciens dieux-sorciers qui assurent la direction du monde à coups de baguette magique (…) Ensuite, le Christ n’est pas Seigneur parce qu’il est le crucifié et le ressuscité, sans autre puissance que celle de son amour. Et ce n’est pas un autre Christ qui est dans le ciel que celui qui était sur la terre. Cet amour, c’est sa puissance et sa faiblesse. C’est ce qui explique la durée de ce temps. L’amour a besoin de temps. Il a besoin du temps. Mais il faut encore se demander comment agit cet amour. S’il est sûr que cet amour pèse sur ceux qui l’ignorent et infléchit leur destinée, il n’en est pas moins vrai a) que l’œuvre de l’amour du Christ n’étant pas achevée, Dieu n’est pas encore ‘tout en tous’, mais a probablement commencé d’être ‘quelque chose’ en ‘beaucoup’ ; b) que cet amour est surtout à l’œuvre par la communauté chrétienne, corps-du-Christ. Et c’est donc par elle, au moins partiellement, que le Christ entend abolir ‘toute domination’, étant bien entendu que l’Église ne dispose que de la puissance de la croix et de la résurrection. C’est-à-dire de leur annonce et de leur mise en application : la prédication de la foi et la pratique de la charité. C’est ainsi que nous faisons avancer le règne du Christ. Certes, comme nous n’avons pas de bons yeux, il nous est impossible d’apercevoir avec netteté la venue du Royaume ou sa croissance ; il n’en est pas moins vrai que nous ne nous attaquons guère, ni par la vigueur de notre annonce ou la réalité de notre amour, aux ‘dominations, aux autorités et aux puissances’. (…) il s’agit ici des forces sur lesquelles ces mêmes autorités se fondent le plus souvent : forces qui, mal utilisées, deviennent celles de l’asservissement, de l’endoctrinement, de l’embrigadement humains. Puissions-nous croire réellement à la vérité et à la puissance de la Résurrection ! »
A. MAILLOT, l’Église au présent, Commentaire de la première épître de St Paul aux Corinthiens, p. 285. Edit Réveil, 1978.

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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