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35 1er Dimanche de l’Avent

30 novembre 2008
1er Dimanche de l’Avent -B-

Isaïe 63, 16 – 64,7 1 Corinthiens 1, 3-9 Marc 13, 33-37

Le texte que nous propose la première lecture a été écrit par un lointain disciple d’Isaïe.
Emmené en exil, le peuple de Dieu avait cru qu’il avait touché le fond de la misère. Quand en 537 avant J.C., Cyrus, roi des Perses, avait autorisé les exilés à rentrer chez eux, ils avaient cru que Dieu recommençait à s’occuper d’eux et voilà qu’ils ont de bonnes raisons d’en douter.

Bien sûr, ils sont revenus en Palestine mais le pays est toujours sous domination étrangère et l’administration perse est tatillonne. Des nouveaux venus et les descendants de ceux qui avaient pu rester au pays se considèrent comme les propriétaires légitimes des terres qu’ils exploitent. Ils n’ont pas envie de les rendre à ceux qui ont été contraints, cinquante ans plus tôt, de les abandonner.

Pour noircir encore le tableau, Jérusalem en ruine et sans temple, c’est une honte. Mais il n’y a pas assez d’argent ni assez de courage pour lancer la reconstruction. Alors, on en vient à penser aux Juifs qui ont fait le choix de rester en Chaldée.
Certains ont renoncé à la foi juive, d’autres l’ont conservée, mais tous, plus on moins, sont imprégnés par la culture chaldéenne. Dépossédés de tout, ils se sont lancés dans le commerce, la gestion de l’argent et ils sont devenus des banquiers efficaces. Ils ont leur place au soleil et se trouvent bien. En refusant de prendre le risque du retour en Terre Promise, ils ont peut-être fait le bon choix !
Après l’euphorie du retour, le moral du peuple est à son niveau le plus bas
*
Pour commencer une nouvelle année liturgique, l’Eglise nous présente la triste situation du peuple juif. Celle des croyants aujourd’hui est-elle meilleure ?
*
Habituellement, quand un prophète prend la parole, c’est pour transmettre un message de Dieu à son peuple. Souvent, il commence et se termine par un sonore « Parole du Seigneur ». Et il y a intérêt à faire attention.

Or, aujourd’hui, le prophète ne s’adresse pas au peuple de la part de Dieu. Il s’adresse à Dieu au nom du peuple pour dire qu’il ne comprend rien à ce qui se passe. Qu’arrive-t-il à Dieu ? Où sont ses exploits que les ancêtres ont si bien racontés ?
Attendre un Sauveur ! Le prophète peut avoir l’impression d’être né dans un monde qui ressemble à une salle d’attente sans issue. Il n’y a aucune porte qui pourrait permettre d’aller quelque part mais, du plus profond de sa foi, il affirme que Dieu n’est pas à l’humeur changeante, disant un jour le contraire de ce qu’il a dit la veille.

De toujours à toujours, quoi qu’il arrive, son Dieu est Seigneur, Père et Rédempteur de son peuple. Il ne peut renoncer à son Alliance. Si le peuple ne sait plus à quel dieu se vouer, c’est que probablement il a encore dans son cœur des raideurs, qu’il ne peut réduire. Et donc, c’est à Dieu d’intervenir.
« Pourquoi nous laisses-tu errer hors de ton chemin ? Pourquoi rends-tu nos cœurs insensibles à ta crainte ? Reviens pour l’amour de tes serviteurs

Il a quand même de la chance, ce prophète. Dans sa détresse, il a quelqu’un à qui parler. Il sent bien qu’il y a dans la vie de son peuple des choses anormales mais il est incapable de les identifier. Inutile de plaider non coupable mais coupable de quoi. « Ah ! Si tu déchirais les cieux, si tu descendais, les montagnes fondraient devant toi. »

La prière du prophète ne se réduit pas un soupir de découragement car une porte s’est ouverte : « Voici que tu es descendu et les montagnes ont fondu devant ta face »
C’est bien, mais tout reste encore compliqué. On dirait que Dieu et l’homme sont en même temps inséparables et incapables de se rencontrer : « Je t’aime, moi non plus ! »
Nous nous enracinons dans le péché ? Cela met Dieu en colère. « Pourtant nous serons sauvés »
Nous refusons Dieu ? Il cache son visage. Arrive alors la pire des choses qu’on puisse craindre : il nous abandonne à notre péché. « Pourtant, Seigneur, tu es notre Père »

Comment ce jeu malsain peut-il finir ? La prière ouvre une piste : « Personne n’a vu un autre dieu que toi agir ainsi envers l’homme qui espère en lui. Tu viens à la rencontre de celui qui pratique la justice avec joie. »
Autrement dit : toute injustice nous éloigne de Dieu. Toute recherche de justice ouvre une route pour sortir de cette fichue salle d’attente.

Une question : Recherche de la justice ! Quelle est la place de la corruption dans notre société ? Quand on veut à tout prix un pouvoir, il est tentant d’acheter des complicités. Il est tentant de se laisser acheter.

Deux observations
1). Quand nous allons en ville nous voyons que des enseignes de magasin changent au gré des combinaisons financières. Notre Dieu, lui, est unique. Il ne change pas de nom. Il est notre Père et notre Rédempteur.

2). Notre société prépare Noël en étalant sous nos yeux tout de ce que nous devons absolument avoir pour être heureux. Pouvons-nous essayer de ne pas nous laisser piéger et de rester raisonnables. Quand on a peu, on partage plus facilement. On peut faire la fête sans excès.
Au cours de cette semaine, pouvons-nous ruminer telle ou telle expression de la prière du prophète ou ce que nous a demandé la prière d’ouverture : aller avec courage sur les chemins la justice ?
D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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