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34e Dimanche -Fête du Christ-Roi

Daniel 7, 13-14 Apocalypse 1, 5-8 Jean 18, 33-37

A ce moment de l’histoire du peuple de Dieu (2ème s. av J.C.), Antiochus IV (le même que dimanche dernier) fait régner la terreur à Jérusalem. Il veut unifier son empire en autorisant une seule religion, le culte de l’empereur. Le but recherché et d’être en mesure de faire face aux ambitions de Rome, la puissance qui commence à faire parler d’elle.
Daniel partage les inquiétudes de son peuple. Une nuit, il fait un rêve qui ouvre une porte à l’espérance. Ce rêve, c’est comme une histoire qui se déroule avec des acteurs énigmatiques qu’il faut identifier.
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Au début de la vision, quelques lignes plus haut dans le texte, voici quatre Bêtes monstrueuses. Elles sortent de la mer (où elles ont leur domicile) et s’en vont vers les quatre points cardinaux faire des ravages par toute la terre.
Arrive alors un fils d’homme ! Cette expression est banale dans le langage courant des Juifs. Etre fils d’homme, c’ est tout simplement être un homme, un vrai.
Les nuées du ciel. C’est une image classique pour dire que Dieu se manifeste.
Un vieillard aux cheveux blancs est décrit quelques lignes plus haut dans le tex-te. Habillé de blanc, il est assis sur un trône. Pour les lecteurs de Daniel, ce Vieillard, c’est Dieu lui-même.

Et que se passe-t-il ? Ce fils d’homme est amené avec les nuées du ciel jusqu’au trône du Vieillard. Quand il est devant lui, un tribunal prend place. Le fils d’homme va être jugé. On ouvre des livres. Consultation du dossier.
Sûrement, ce fils d’homme s’est fait remarquer pour déclencher la mise en œu-vre de l’appareil judiciaire. Sans doute, il a vécu en décalage par rapport aux idées reçues. Et pourtant, il n’a rien d’un criminel de guerre. Il n’est pas comme les rois et les empereurs (les quatre Bêtes monstrueuses) qui ont saigné tant de peuples au long des siècles. Lui, il n’a rien conquis par ses propres forces.
Verdict : Non seulement ce fils d’homme n’a rien à se reprocher mais il est honoré de manière exceptionnelle. « Il lui fut donné domination, gloire et royauté ; tous les peuples, toutes les nations et toutes les langues le servirent. Sa domination est une domination éternelle »
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Tous ceux qui, de manière absolue, ont mis leur foi dans l’Alliance ont été mal-menés par les puissances mauvaises qui se relaient dans l’Histoire. Il fallait bien que Jésus en personne soit affronté à « la Bête monstrueuse » de son temps avec la question rituelle : « Qui c’est qui commande ici » ?
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Dans son évangile, Jean ne nous fait pas naviguer dans l’espace avec des nuées « spéciales paradis ». Nous nous retrouvons dans l’enceinte d’un tribunal, à Jé-rusalem, au temps de la Pâque de l’année 33. Atmosphère orageuse !
Rome, qui n’était qu’une puissance émergente au temps d’Antiochus IV, est de-venue la capitale d’un empire qui s’étend autour de la Méditerranée. La Palesti-ne n’est qu’un petit canton dans cet empire.

Pilate a été envoyé en Judée en l’an 26 de notre ère par l’empereur Tibère. Vio-lent et méprisant, il n’a eu que des relations d’affrontement avec les Juifs. Il provoque et ensuite entreprend de maintenir l’ordre.
Ce jour-là, on le dérange pour décider du sort de Jésus, un charpentier sorti de Nazareth. Il est, disent les Juifs, dangereux pour l’ordre public. Naturellement, Pilate pose la question qui révèle son premier souci : que personne ne mette en cause l’autorité de l’empereur : « Es-tu le roi des Juifs ?

Des rois, les juifs en ont eu beaucoup au cours de leur histoire. Quelques uns en-core agitaient la Palestine juste avant l’arrivée des Romains. Jésus serait-il un de ces agitateurs qu’un préfet doit neutraliser sans se préoccuper des débats inter-nes qui agitent ce peuple juif toujours en ébullition ?

Jésus répond par une question. « Dis-tu cela de toi-même ou bien parce que d’autres te l’ont dit ? ». C’est peut-être depuis ce jour-là que le juge, devant un prévenu réactif, réagit en disant : « C’est moi qui pose les questions. »
En fait, Jésus a la tête et le cœur libres. Il aimerait bien avoir devant lui un hom-me, un vrai ! Est-il devant un juge qui cherche à comprendre ou devant un fonc-tionnaire qui fonctionne ? Désarçonné par la liberté de parole de Jésus, Pilate se dérobe.
« Est-ce que je suis juif, moi ? » Une réflexion qui révèle ou bien son mépris ou bien son ignorance de la foi juive.

L’interrogatoire devenu dialogue met Pilate dans l’embarras. Comme il ne con-naît pas bien le dossier, il pose la question : « Qu’as-tu fait ? »
Jésus répond d’abord en disant ce qu’il n’a pas fait. Pour se défendre, il n’a pas mobilisé des gardes que d’ailleurs il n’a pas. Puis il déclare : « Ma royauté ne vient pas de ce monde » Et il précise. « Ma royauté ne vient pas d’ici. »
Jésus revendique donc une royauté mais il ne tient pas son titre de roi d’une dé-cision de quiconque qu’il s’agisse d’un ami ou d’un ennemi de Rome.

Enfin, Jésus dit ce qu’il a fait. Il révèle sa mission : « Je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. » Placé dans le box des accusés, Jésus se déclare témoin de la vérité.
Désormais, tout homme qui cherche la vérité au point de vouloir lui appartenir devient sujet de son royaume : « Tout homme qui appartient à la vérité écoute ma voix »
Et parce que le monde est ce qu’il est, il se retrouvera dans le box des accusés pour être témoin à son tour. Mais un jour, présenté avec les nuées du ciel devant Dieu, il participera à la royauté universelle de Jésus.
Avec Jésus vaincu par la haine, il sera victorieux par l’amour.
D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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