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33e Dimanche B

15 Novembre 2015

33ème Dimanche du T.O. -B-

« En ce temps-là, Jésus parlait de sa venue. » Dans nos missels, ces premiers mots de l’évangile sont l’écho de ce que Jésus vivait en ces jours-là. Allant et venant dans les rues de Jérusalem, il est entré avec ses disciples au Temple. A la sortie, l’un d’eux est sous le charme : « Quelles constructions ! »
Dans la mentalité de l’époque, le Temple est le socle sur lequel est bâtie la société juive. Témoin et acteur d’une longue histoire, il garantit l’avenir. Or Jésus éteint l’admiration du disciple ; « Tu vois, ces grandes constructions ? Il ne restera pas ici pierre sur pierre ; tout sera détruit. »

On retrouve le groupe, assis au jardin des Oliviers. Le Temple est à portée du regard. En réponse à une question de Pierre, Jacques, Jean et André concernant la date de sa destruction, Jésus se lance alors dans une annonce stupéfiante : le monde connaîtra l’Abomination de la désolation. Sur Jésus, on dira tout et le contraire de tout mais il triomphera : « On verra le Fils de l’homme venir dans les nuées avec grande puissance et avec gloire. »

La puissance et la gloire, c’est pour plus tard. En attendant, Jésus va subir sa Passion qui sera vécue comme un écroulement. Des images en donnent une idée : le soleil et la lune s’éteignent, les étoiles décrochent et les puissances célestes sont déstabilisées. Mais après le récit de tant de malheurs, Jésus invite à regarder une image de printemps. Les jeunes pousses d’un figuier laissent apparaître quelques feuilles.
L’Histoire humaine est le récit de mutations, d’écroulements successifs mais à chaque fois, une vie surgit des ruines.

Aujourd’hui, qu’y-a-t-il d’admirable et de fragile dans notre monde ? On peut noter les progrès de la médecine, mais les remèdes ont des effets secondaires qui peuvent devenir inquiétants. On peut noter les capacités qu’offre le numérique. Chacun peut se connecter avec le monde entier. C’est magnifique mais on s’isole en jouant du pouce sur une petite boite. Le monde entier est tout près mais le voisin est très loin. On peut noter encore la robotique qui annonce le transhumanisme. Des milliards de dollars sont investis pour créer l’homme tel que la science le conçoit : un homme sans fatigue, sans maladie, sans rides, sans vieillesse et finalement dispensé de mourir.
En attendant cet homme immortel, des savants assurent que l’homme nouveau pourra vivre quelques centaines d’années. Mais pour l’instant, on ne sait pas après combien de dizaines d’années de chômage, il aura droit à la retraite.

Le progrès apporte à l’humanité des bienfaits incontestables mais le progrès parfait n’existe pas. Tout ce qui commence a une fragilité et une fin. Les inconvénients déclenchent de nouvelles recherches.
L’homme pense pouvoir maitriser et conditionner la vie de son semblable mais il n’a pas les moyens de toucher à ce qui le rendra heureux. Le progrès aux mains d’hommes compétents, lucides et généreux est une chance pour l’humanité. Mais le progrès est utilisé aussi par des hommes pervers et gonflés par le goût du pouvoir. Un cœur perverti trouve dans les progrès de la science une source nouvelle de capacités de nuire. Il y a déjà des manœuvres pour pirater l’informatique des concurrents ; il y aura des guerres de robots. La liberté de quelques uns va-t-elle fabriquer des esclaves !?
Dans la 1ère lettre de Pierre, j’ai découvert ceci : « ‘Soyez des hommes libres, sans toutefois utiliser la liberté pour voiler votre méchanceté. » (1 Pierre 2, 16)
Au temps de la Renaissance un proverbe disait déjà : « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme. » -(Rabelais Pantagruel 1532).

L’avenir de l’humanité n’est pas dans la mécanique humanisée ou dans l’homme mécanisé. Ce que le monde attend, c’est que le cœur de l’homme soit purifié. Cela, c’est le travail de Dieu. Quoi que les hommes fassent, il poursuit son projet d’Alliance avec des hommes libres. Quoi qu’on lui fasse, quoi qu’on en dise, Jésus reste l’homme qui a parfaitement vécu l’alliance pour la simple raison que, pleinement homme, il est aussi pleinement Dieu. En lui et en lui seul se trouve l’harmonie dont le monde rêve.

Les baptisés ne manquent pas de se laisser prendre par les promesses du Monde. Ils peuvent aussi vérifier la qualité de leur relation avec Jésus. Ceux qui se mettent ou se remettent à sa suite seront, quel que soit leur âge, comme les jeunes pousses du figuier qui annoncent le printemps. Ils traverseront des tempêtes mais Dieu restera fidèle.
Comment être disciple dans un monde si complexe ? Il faut vouloir devenir chercheur de Dieu. En suivant Jésus, les apôtres avaient leur idée sur leur propre avenir. La Passion les a détruits, la résurrection les a surpris, l’Esprit de Pentecôte les a reconstruits. Comme eux, il faut accepter d’être ans cesse reconstruits par la Parole de Dieu et les événements qui atteignent notre quotidien. Ces événements, il faut les analyser en groupe autant que possible. L’attention aux autres est une démarche qui est le fruit de la liberté de l’homme. Elle ne sera jamais le produit d’une machine.

On peut apprécier maintenant la justesse des mots de la prière d’ouverture de cette messe. Ils ne parlent pas de plaisir, de confort, de performance, mais de joie.

Accorde-nous, Seigneur de trouver notre joie dans notre fidélité ;
car c’est un bonheur durable et profond
de servir constamment le créateur de tout bien.
D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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