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33e Dimanche

33e Dimanche B –2012

Nous voici à l’avant dernier dimanche de l’année liturgique, le centre des lectures de ce dimanche est bien le dévoilement de la puissance de salut qui se déploie dans notre monde en particulier avec Jésus-Christ. Et nous sommes invités à « voir » ce salut à l’œuvre.
Au temps du prophète Daniel, Antiochus Epiphane a « dressé dans le temple l’abomination de la désolation ». Les événements et sa force semblent lui donner raison..
Le but ultime de l’histoire c’est bien l’établissement définitif du Royaume de Dieu.. Les croyants se mettent à douter ; les amis de Dieu sont persécutés et les impies semblent triompher, le Seigneur envoie son prophète prononcer un oracle promettant l’assistance du Seigneur : le monde angélique fait irruption au cœur de l’histoire : « en ce temps -là se lèvera Michel » qui va prendre en main le destin d’Israël.
Malgré la persécution et l’envahisseur le salut vient et le prophète annonce une nouveauté : pour la première fois il mentionne la résurrection et parle, pour l’homme, d’une vie après la mort. « Le salut ne sera pas le résultat d’une initiative humaine ni des efforts de l’homme, mais pur don de Dieu.
Comme en tout moment de crise on se pose la question : a-t-on raison de croire ? Faut-il encore croire ? Oui, répond l’auteur du livre Daniel, la fidélité de Dieu est sans repentance. Ton peuple sera sauvé : le salut ne peut être le résultat d’initiatives humaines mais il est basé sur la fidélité de Dieu, il est « un pur don de Dieu, que nous appellerons une grâce.
C’est au cours de la vie et à travers les événements, que le peuple a fait réellement et concrètement l’expérience de la fidélité de son Dieu. C’est grâce à lui que l’espérance s’ouvre sur l’au-delà.

L’au-delà est déjà là ! La vie du croyant ne se vit pas dans le passé mais dans l’aujourd’hui qui construit demain. Dieu est devant nous. La vie éternelle dont parle Daniel est en nous. Nous la vivons aujourd’hui et elle éclatera en gloire au moment de poser l’acte décisif de notre vie qui est l’acte de mourir.

Posons-nous la question : la foi en une vie, que même la mort ne peut compromettre, commande-t-elle nos attitudes dans l’existence quotidienne ? L’état dans lequel nous trouvera l’éveil éternel dépend de notre vie aujourd’hui.

La seconde lecture fait un parallélisme entre l’ancienne et la nouvelle alliance.
Le bilan de l’ancien sacerdoce semble assez négatif, les mêmes sacrifices répétés chaque jour n’avaient pas grande efficacité : ils ne pouvaient effacer les péchés.
Jésus lui a offert un sacrifice unique dans sa mort sur la croix. Sa mort a obtenu une fois pour toutes ce que les sacrifices anciens ne pouvaient obtenir. Désormais auprès de Dieu, il peut intercéder pour les hommes et leur faire partager la perfection qui est la sienne. Christ a triomphé une fois pour toutes du péché : son exaltation à la droite de Dieu atteste le plein succès de sa mission et peut désormais nous partager la perfection, la sainteté de Dieu et son amour.

Avec ce dimanche est amorcée l’ouverture eschatologique : l’évocation de la fin des temps .
Celle-ci va permettre de donner plus de relief à nos regards souvent trop rivés sur l’aujourd’hui, l’immédiat qui doit être satisfait sans retard. La liturgie nous invite à porter nos regards bien au-delà afin de vivre pleinement l’aujourd’hui de Dieu.

Jésus sort du temple en déclarant à ses disciples qu’il n’en restera pas pierre sur pierre. La réaction de ces derniers se comprend : « Quand cela arrivera-t-il et quel sera le signe annonciateur que toutes ces choses arrivent ? » La réponse de Jésus n’est pas du tout une invitation à la sinistrose.

Au centre du discours de Jésus il n’est plus question des signes de la fin mais de la fin elle-même : cette fin se présente sous la manifestation du Fils de l’homme sur les nuées avec gloire et puissance.

Voilà le cœur et le centre de tout ce qui va arriver : « alors on verra le Fils de l’homme »dans toute sa splendeur. Plus rien ne le voilera à nos regards
Jésus invite ses disciples à se laisser enseigner par les événements qu’ils vivent, et que chacun de nous connaît et est appelé à traverser au cours de son existence,

On assiste comme à déconstruction de ce qui a été fait au quatrième jour de la création : chute des étoiles et obscurcissement du soleil et de la lune vont bouleverser le rythme des jours et des nuits. Le rythme du calendrier est brisé. Peut-on mieux marquer la fin du temps, la fin de l’histoire.
La description se termine par l’évocation de l’ébranlement des puissances célestes.

Plus rien ne fait obstacle au seul élément qu’il importe de voir à la fin : la venue du Fils de l’homme, préparée par un démontage cosmique de la création.
Le Fils de l’homme sera vu !
Voilà à quoi nous nous préparons ; la venue du Fils de l’homme que nous avons à découvrir dans notre vie en mettant au second plan tout ce qui nous empêche de le voir.
Marc nous dit que tous ces événements culminent avec la venue du Fils de l’homme et le salut définitif.
Les Fils de l’homme réunit, dans une même communauté, tous les élus dans une perspective universaliste dont il aura le leadership.

Pour le percevoir, Marc nous dit : « ouvrez l’œil. » Ne vous alarmez pas mais laissez-vous instruire par la parabole tirée du figuier. Tenez-vous donc en éveil pour ne pas vous laisser égarer ».
La comparaison avec le figuier nous renvoie à l’essentiel

Il nous est bon de lever les yeux vers le Christ qui, non seulement veut nous assurer de l’avenir du monde et du nôtre, aussi mais aussi rassembler toute l’humanité sauvée du Mal.

Il nous assure que la fin est le moteur de l’histoire, le moteur de notre foi et que rien ne peut désormais nous arrêter. Le monde va vers le Christ, il est en marche et Christ chemine avec nous.

Nous avons, nous chrétiens, à porter le témoignage d’un printemps au-delà de tout hiver, de la vie au-delà de tout signe de mort, de la jeunesse de Dieu et de la jeunesse des hommes.
Oui, nous proclamons ta mort, Seigneur Jésus, mais nous célébrons aussi ta résurrection et nous attendons que tu viennes.
Nous sommes sans cesse provoqués à sortir de nos quatre saisons habituelles pour entrer dans une cinquième, invités à vivre et à proclamer que toujours un chemin est possible.

Il nous faut garder allumée la torche de l’espérance, car nous osons croire à la victoire finale du bien.
Achevons donc cette année liturgique dans l’action de grâce pour cette Bonne Nouvelle, pour cette parole de consolation et d’encouragement : « Regardez le figuier qui bourgeonne déjà dans votre vie et dans l’humanité ».

Avez-vous déjà calculé le pourcentage de bonnes nouvelles et de mauvaises dans vos journaux ou votre journal TV ? Ils nous assaillent de mauvaises nouvelles, catastrophes

Pour ces temps de crise réelle nous avons besoin de littérature : que lire ? Allez jeter un œil sur les prophètes comme Daniel , sur l’apocalypse…
Daniel au cœur d’un monde où les croyants sont persécutés se demande s’ils n’ont pas eu tort de croire, de mettre leur foi en Dieu ? Non dit Daniel : la fidélité de Dieu est sans repentance, elle ne peut être enfermée dans ce laps de temps si court… Dieu est au delà de la mort. Daniel nous décrit avec de très belles images la résurrection des morts

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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