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331 La Sainte Trinité A 2 Corinthiens 13:11-13

2 Corinthiens 13:11-13

« Non le Christ n’est pas faible à votre égard, mais montre sa puissance en vous.
4 Certes, il a été crucifié dans sa faiblesse, mais il est vivant par la puissance de Dieu. Et nous aussi sommes faibles en lui, mais nous serons vivants avec lui par la puissance de Dieu envers vous.
5 Faites vous-mêmes votre propre critique, voyez si vous êtes dans la foi, éprouvez-vous ; ou bien ne reconnaissez-vous pas que Jésus Christ est en vous ? À moins que l’épreuve ne tourne contre vous.

8 Car nous sommes sans pouvoir contre la vérité, nous n’en avons que pour la vérité.
9 Nous sommes dans la joie chaque fois que nous sommes faibles et que vous êtes forts. Voilà le but de nos prières : votre perfectionnement.
10 C’est pourquoi, étant encore loin, je vous écris ceci pour ne pas avoir, une fois présent, à trancher dans le vif selon le pouvoir que le Seigneur m’a donné pour édifier et non pour détruire.
11 Au demeurant, frères, soyez dans la joie, travaillez à votre perfectionnement, encouragez-vous, soyez bien d’accord, vivez en paix, et le Dieu d’amour et de paix sera avec vous.
12 Saluez-vous mutuellement par un saint baiser. Tous les saints vous saluent.
13 La grâce du Seigneur Jésus Christ, l’amour de Dieu, et la communion du Saint Esprit soient avec vous tous. »

A propos de cette lecture :

Le découpage de cette seconde lecture, versets 11-13, isole les consignes de Paul de leur contexte qui est cependant bien loin d’être idéal.
La finale de la 2ième lettre aux chrétiens de Corinthe est proposée aujourd’hui en raison de la formule trinitaire par laquelle Paul termine sa lettre. Malgré sa brièveté, le souhait de Paul à la communauté de Corinthe n’est pas sans enseignement : il est une invitation à vivre dans la joie, la paix, l’amitié. Il est l’accord final pour toute cette communauté dans laquelle, toutes les oppositions et divisions, trouvent leur issue heureuse.
Cette salutation est « la plus pleine, la plus précise des formes trinitaires. Elle est peut-être d’origine liturgique et a inspiré le souhait que le célébrant adresse actuellement à l’assemblée, dans le rite d’ouverture de la messe. » Parole et Vie.

Cette salutation conclut un rude débat. Après une courte visite de Paul à Corinthe, la mise en cause de son autorité par des membres de la communauté provoque une violente polémique. Certains insinuaient que Paul est un apôtre de second rang et mettaient en doute son message. Ce qui de fait pouvait provoquer et aggraver davantage les divisions et les tendances diverses dans la communauté ; comme cela arrive aujourd’hui encore à notre Eglise.

C’est d’Ephèse que Paul écrit cette 2° lettre aux Corinthiens, lettre dans laquelle il fait comprendre qu’ « Il n’y a pas de grâce sans Christ, pas d’amour sans Dieu, pas de cohésion de la communauté sans l’action de l’Esprit. » Il exige réparation pour les blessures faites à l’unité. Et, pour y arriver, il invite les chrétiens de Corinthe à évaluer leur vie, et à être critique par rapport à ce qu’ils vivent. Cela, en vue de préparer sa prochaine visite.(v.5) C’est par rapport au Christ que cette auto critique doit être faite. C’est le visage du crucifié qui doit être le point de départ de leur révision car, à la lumière de la croix il n’y a aucune résistance qui ne puisse tenir, aucune épreuve qui puisse nous écraser. Ainsi écrit Armilde Ruelle : « c’est dans la lumière de la croix de Jésus que le chrétien doit se situer pour faire face aux épreuves et aux contradictions. C’est dans la croix que s’enracine notre communion fraternelle et que nous pouvons puiser la force de dépasser nos allergies mutuelles ». Paul reconnait ses limites et professe sa faiblesse à l’image et à l’exemple de celle du Christ. Faiblesse du Christ qui se déploie dans sa résurrection « il est vivant, en raison de la puissance de Dieu ».

Le but de Paul est que la communauté accède à sa croissance en cherchant et vivant l’unité. Ce qui suppose de pouvoir reconnaître les erreurs commises en faisant une relecture critique des derniers événements qui les ont conduits à la division.

v.11 : La quintuple exhortation finale : soyez joyeux…travaillez…exhortez vous…ayez même pensée…soyez en paix, en vue de réaliser la pleine communion et l’unité de la communauté de Corinthe. Ainsi elle deviendra peu à peu conforme au plan divin et, « Celui qui est Amour et paix se sentira « chez lui », parmi eux » Nouveau commentaire biblique.
La communauté deviendra progressivement image de la Trinité pour le monde.

v.12 : « en échangeant un saint baiser de paix » : allusion à un usage liturgique qui exprime le symbole de la fraternité et qui manifeste de manière concrète l’amour réciproque. Compréhension et pardon, c’est ce qu’exprime aussi notre baiser de paix avant la communion. Il ne s’agit pas de vouloir faire semblant et de dire qu’il n’y a ni frictions, ni blessures, mais il s’agit de dire que nous désirons nous comporter comme le fait Jésus Christ. Nous ne possédons guère ces qualités mais nous consentons à les recevoir en les demandant à notre Dieu qui est communion d’amour.

v.13 : la formule liturgique trinitaire qui termine la lettre de Paul est bien plus qu’un vœu pieux.
« Le souhait qui termine la seconde lettre de Paul aux Corinthiens prouve, que vers les années 57-58, les chrétiens avaient pris l’habitude d’intégrer à leur confession de foi et à leurs formulaires liturgiques l’enseignement de Jésus au sujet des rapports mutuels du Père, du Fils et de l’Esprit Saint. Ce qu’on appelle le dogme de la Trinité n’a pas d’autre origine que la parole de cet homme en qui ses disciples ont fini par reconnaître Dieu lui-même venu dans notre monde ». Ch. WACKENHEIM, l’image de notre paroisse, Juin 1996.

Ce verset trinitaire inspire à Tasker ce commentaire : « il ne peut y avoir de compréhension valable de l’amour de Dieu si la croix n’en est point le départ et la seule communion durable entre les hommes est celle de pécheurs rachetés par le sang de Jésus. »

La communion fraternelle de la communauté vécue au delà des différences manifestera l’amour trinitaire dont elle est le prolongement et l’expression.

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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