Accueil > Prier avec nous > Homelies > 32e Dimanche C

 

32e Dimanche C


32ème Dimanche du T.O. – C

Au 4ème s. avant J.C., les Grecs conduits par Alexandre le Grand ont conquis tout le Moyen-Orient. A sa mort, son empire imprégné de culture grecque, est partagé entre trois de ses généraux. Après avoir été occupée par l’Egypte, la Palestine se trouve rattachée à la Syrie.
Dans la culture grecque, on ne sépare pas la religion de la politique. Les juifs dispersés à travers le monde ont su assimiler les éléments de la pensée grecque compatibles avec leur foi et rejeter le reste. Par contre, ceux de Palestine ont fait bloc et conservé l’intégrité de leurs habitudes.

Au 2ème s. avant J.C., en face des armées romaines qui deviennent menaçantes, il est urgent d’assurer l’unité nationale. Elle ne peut se faire qu’autour d’une idée simple : la même religion pour tout le royaume. Entre 170 et 167 avant J.C., le roi syrien Antiochus veut contraindre les juifs de Palestine à renoncer à leurs traditions particulières. Certains prennent le maquis. D’autres se font prendre et nous voyons aujourd’hui, face à Antiochus, une mère et ses sept garçons.

L’interrogatoire musclé est mené devant une assiette. Le choix est simple : ces pré-venus vont-ils manger du porc, viande interdite, et donc renier leur foi pour adopter la religion d’Etat ? Le texte d’aujourd’hui nous propose la réponse de quatre des frères. Il ressort de leurs déclarations que la fidélité à la foi des ancêtres leur vaudra de ressusciter pour une vie éternelle. Cette déclaration rend publique une conviction nouvelle qui, au fil du temps, a enrichi la foi juive, la résurrection personnelle.
*
A l’origine, Dieu n’a pas demandé à Abraham de croire en la résurrection. Il lui a promis de faire une alliance avec un fils, (Gen 17, 21)… qu’il ne peut avoir.
Abraham a compris ce qu’il pouvait. Il a cru en cette alliance, en dépit des apparences contraires. Il a cru qu’une longue vieillesse entourée d’enfants jusqu’à la troisième et la quatrième génération était un signe de la fidélité de Dieu. et il nous est présenté comme le père des croyants.

Longtemps, le peuple de Dieu a cru qu’après la mort il ne restait rien d’une existence humaine. La récompense du croyant était d’avoir une descendance. Celui qui meurt se prolonge dans la vie de ses enfants mais il n’a plus de relation avec Dieu. Il y a des traces de cette conviction dans le Livre des Psaumes :
« Personne dans la mort n’invoque ton nom. Au séjour des morts, qui te rend grâce ? (Ps 6,6)
« La poussière, peut-elle te rendre grâce et proclamer ta fidélité ? » (Ps 29, 10b)
« Ma place est parmi les morts, avec ceux que l’on tués enterrés, ceux dont tu n’as plus souvenir, qui sont exclus et loin de ta main. » (Ps 87, 6)

Les hommes qui meurent ne sont-ils aux yeux de Dieu qu’une perte sèche ? ! Aux a-bords de l’ère chrétienne, le livre de la Sagesse (1,13) entrouvre une porte : « Dieu n’a pas fait la mort et il ne se réjouit pas de voir mourir les êtres vivants. »

Jusqu’alors, c’est le peuple qui, après chaque épreuve, avait la promesse d’être relevé
(ressuscité). Ce qui est nouveau dans le livre des Martyrs d’Israël, c’est que, pour la première fois, s’exprime clairement la certitude de la résurrection personnelle de ceux qui donnent leur vie pour Dieu. Ils seront auprès de Dieu, avec leur corps recréé comme par une nouvelle naissance. La foi juive fera encore des progrès. La résurrection ne sera pas réservée aux martyrs mais à tous les justes.

Une résurrection personnelle ? ! Oui, mais comment ? Jésus ne répond pas à nos curiosités. Il nous dit ce qu’il est utile de savoir.
Les Sadducéens ne croient pas en la Résurrection. Jésus entreprend de leur expliquer que le Royaume de Dieu ne ressemble pas au monde terrestre. Les ressuscités ne sont pas simplement réanimés. Ils ne retrouvent pas, améliorée, leur humanité d’avant. Ils sont vivants pour toujours d’une vie qui n’est plus agressée par la finitude humaine. Il ne leur est plus nécessaire de se perpétuer à travers une descendance. Cette femme qui a eu sept maris, duquel sera-t-elle l’épouse ? La question ne se pose pas.

Les ressuscités « sont semblables aux anges. ils sont enfants de Dieu, enfants de la résurrection. » Ce mot « enfant » que Jésus emploie renvoie à sa propre vie. Il a été enfant. Il a grandi. Devenu adulte, il a toujours gardé envers son Père une attitude de Fils qui reçoit tout de son Père. Cette attitude sera celle de tous ceux qui auront accepté de se mettre à la suite de Jésus. Les fidèles sont accueillis par le Père avec leur histoire humaine concrète, détaillée et purifiée par le sang de Jésus. Notre corps est évidemment partenaire de notre histoire personnelle. Sans cesse, ces élus découvrent l’infini de l’amour du Père, une découverte toujours en activité et toujours satisfaite.

Puis Jésus rappelle aux Sadducéens une parole d’un livre qu’ils ne contestent pas, le livre de l’Exode. Du cœur du buisson ardent, Dieu dit à Moïse : « Je suis le Seigneur, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob (Ex 4,3,6). Si Dieu se désintéresse des morts pourquoi faire appel à des patriarches morts depuis si longtemps ? Moïse, et Jésus à sa suite, les considère comme bien vivants auprès de Dieu.
Les fidèles sont le Corps du Christ. Le Christ est la tête de ce corps. Les fidèles participeront pleinement à la vie du Fils de Dieu. La vie du ressuscité n’a pas de modèle ici-bas. Ce que Jésus affirme, c’est que la mort ne peut rien contre cette fidélité de Dieu envers ceux qui lui sont fidèles. La Résurrection est l’épanouissement d’une vie que Jésus développe, jour après jour, chaque fois que nous acceptons de le laisser mettre en œuvre en nous l’une ou l’autre des Béatitudes.
D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

Abbaye du Port du Salut - 53260 Entrammes | tél : (33) 02 43 64 18 64 - fax : (33) 02 43 64 18 63

 
>>>>