Accueil > Prier avec nous > Homelies > 32e Dimanche B

 

32e Dimanche B

32ème dimanche du T. O. –B-
1 Rois 17, 10-16 Hébreux 9,24-28 Marc 12,38-44

Un regard sur le 1er livre des Rois
Au 9ème s. av. J.C., le roi d’Israël Acab a épousé une princesse païenne Jézabel. Elle a vite fait de lui tourner la tête et le cœur. Abandonnant le Dieu de son peuple, il se prosterne devant Baal, le Dieu de la princesse. C’est de lui qu’on attend la pluie et la fertilité. La réplique ne se fait pas attendre. Le prophète Elie, au service du Dieu d’Israël annonce une famine… dont il va être lui-même la victime. De misère en misère, il arrive à Sarepta, en pays païen (15 km au sud de Sidon, le Liban actuel).

A l’entrée de la ville, il rencontre une veuve, (païenne) en charge d’un enfant, elle-même à bout de ressources. Elle peut lui donner à boire mais le nourrir, c’est impossible. Elle a juste un reste de farine pour préparer un dernier repas avant de mourir avec son fils. Elie insiste. Qu’elle lui fasse cuire une galette, après quoi elle pourra survivre avec son reste de farine. Sans aucune raison, elle croit à la parole de ce fuyard de pas-sage et lui partage ce qui devait être son dernier repas. Son acte de foi lui a donné de survivre tout le temps de la famine.

Regard sur l’Evangile de Marc.
Arrivé à Jérusalem, Jésus observe ce qui se passe. A le suivre en ville, on découvre qu’il y a des gens consciencieux dans des institutions en dérive. Après avoir eu une conversation enrichissante avec un scribe, Jésus émet des doutes sur la compétence de la corporation (Mc 12, 28-37), avant d’en faire un portrait accablant : « Méfiez-vous des scribes ! » Autrement dit : Ne leur faites pas confiance !

En France, on connaît peu le mot scribe mais on connait le scribouillard. Au temps de Jésus, un scribe est un homme qui a reçu une solide formation. Sachant écrire, il pas-se son temps à copier et recopier les textes de la Bible et finit par bien les connaître, ce qui le conduit à se dire compétent pour les interpréter.
Les scribes savent argumenter et manipuler l’opinion.

Jésus sait que le seuil de rupture avec ses adversaires est franchi. Les autorités religieuses ne font pas confiance à Jésus et Jésus demande à ses disciples de ne pas faire confiance aux scribes. Dans tous les secteurs de décisions, démolir la réputation des concurrents éventuels pour arriver ou se maintenir au pouvoir est classique.
On imagine le coup de crayon de nos caricaturistes devant le portrait que Jésus fait des scribes. « Ils tiennent à se promener en vêtements d’apparat ; ils aiment les salutations sur les places publiques, les sièges d’honneur dans les synagogues et les pla-ces d’honneur dans les diners. Ils dévorent les biens des veuves et pour l’apparence, ils font de longues prières. »
« Ils dévorent les biens des veuves. » De tous temps, les personnes en situation de veuvage traversent des moments difficiles. Il y a la peine et les démarches adminis-tratives. Le soutien et le conseil des proches (la famille, les amis, les voisins) sont un pré-cieux secours qui peut s’atténuer au fil du temps. La solitude menace.

Selon la Loi en vigueur au temps de Jésus, les veuves n’ont pas droit à l’héritage de
leur mari. Celles qui, à titre personnel, possèdent du bien sont un terrain de chasse pour les scribes. Ils se proposent pour gérer leurs affaires. Bons connaisseurs des finasseries juridiques, ils interprètent la législation en leur faveur. Etre en situation de veuvage pouvait conduire à la pauvreté, voire à la mendicité.

Assis dans le Temple, Jésus regarde les gens qui déposent de l’argent dans le tronc. Il voit des riches qui y mettent de grosses sommes mais il remarque une veuve qui met deux petites pièces dans le tronc. Jésus la laisse faire et ne lui dit rien mais il inter-pelle ses disciples. « Cette pauvre veuve a mis dans le Trésor plus que tous les autres. (…) Elle a mis tout ce qu’elle possédait. »

Remarques
- A côté de quelques veuves riches invitées à la prudence face à la voracité des scribes, nous voyons deux veuves pauvres invitées à l’audace. L’une répond à une de-mande précise, l’autre dit son attachement au Temple en donnant de son indigence.
A partir de ce regard, la parole de Dieu met sous nos yeux toute personne en situation de dénuement. Il apparaît que le plus grand dénuement laisse une place au partage. - Ce sont les pauvres qui accueillent les pauvres.

- La Parole de Dieu nous invite à constater que, dans notre vie, avant de donner quoi que ce soit, nous veillons à assurer nos arrières. Nous gardons l’œil sur le porte-feuil-le. Quelquefois, il en sort du superflu et quelquefois du nécessaire.

- Il ne faut pas focaliser toute notre attention sur l’argent. Il peut nous arriver d’être sollicité pour rendre un service occasionnellement à un inconnu. Les demandes s’en-chaînant, nous voilà conduits à prendre des responsabilités auxquelles nous ne pensions pas. Quand on est totalement démuni, une demande de secours satisfaite entraîne une autre demande.

- Les dons que nous faisons alternent avec des replis sur soi. De la Lettre au Hébreux je retiens que le Christ s’est offert une seule fois. Sa vie n’a été qu’un don sans reprise. Si cela fait rêver, nous pouvons au moins joindre nos actes gratuits de générosité à l’offrande qu’il fait de sa vie.
Il y a, à chaque eucharistie, la présentation des dons. Qu’il prenne donc le meilleur de notre vie et que, par sa mort et sa résurrection, sa vie devienne la nôtre.
D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

Abbaye du Port du Salut - 53260 Entrammes | tél : (33) 02 43 64 18 64 - fax : (33) 02 43 64 18 63

 
>>>>