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32e Dimanche A - 6 Novembre 2011

Homélie

On peut veiller tous les soirs pour toutes sortes de bonnes raisons. Avoir l’esprit en éveil est une bonne chose mais on veille pour faire quoi ? Le Livre de la Sagesse nous invite à donner du temps… à la recherche de la Sagesse ! « Ne plus penser qu’à elle prouve un parfait jugement et celui qui veille en son honneur sera bientôt délivré du souci. » Dans les difficultés, celui qui veille saura quel chemin prendre.
Après cette sage réflexion, Matthieu nous raconte une parabole de Jésus. Dix jeu-nes filles viennent à la noce avec leur lampe à huile, comme c’est la coutume. Le marié n’arrive pas ; la veille devient longue, elles finissent par s’endormir. « Com-me l’époux tardait, elles s’assoupirent toutes et s’endormirent. » Un cri dans la nuit ! Le réveil est brutal pour toutes. Les unes avaient de l’huile en réserve. Les autres n’en avaient pas et c’est ce qui fit la différence.
*
A Thessalonique, il n’est pas sûr que les nouveaux chrétiens aient lu le Livre de la Sagesse et saura-t-on jamais s’ils connaissaient la parabole de Jésus. Tout va bien dans leur communauté mais il y a quand même, une question qui les tracasse.

Paul a raconté des choses sur un certain Jésus de Nazareth dont ils n’avaient ja-mais entendu parler. Ils ont retenu qu’il a passé en faisant le bien sur les routes de Palestine. A Jérusalem, il a été condamné au supplice de la croix par les autorités, Juives et Romaines, mais Dieu l’a ressuscité. Et Jésus a annoncé son retour dans la gloire. Paul l’a vu ressuscité et il croit en ce qu’il a dit. Ce retour annoncé allume une espérance entièrement nouvelle et ouvre des perspectives merveilleuses.

Mais ces Thessaloniciens, eux, n’ont jamais vu Jésus ni avant ni après sa mort. Dans l’ardeur de leur foi toute neuve, ils mettent l’accent sur son retour glorieux. Ils ont tellement envie de le voir qu’ils ne peuvent imaginer ce retour qu’immédiat ou tout au moins à perspective d’une vie humaine.
Dans ce contexte, il n’est pas difficile d’imaginer une situation concrète. Des nou-veaux chrétiens sont morts, d’autres vont mourir. Et ils n’ont pas vu le Christ !

Chaque chrétien, à Thessalonique, peut alors se poser la question : « Si je meurs a-vant le retour du Christ, que vais-je devenir, moi ! Qu’est-ce qui va m’arriver ? » Et d’une manière générale, que vont devenir ceux qui, devenus croyants en espé-rant un prompt retour du Christ, sont morts sans l’avoir vu ?
Leur espérance n’a-t-elle pas été trompée ?

Vers la fin de sa lettre, Paul aborde cette question et ce qu’il nous dit est la plus ancienne catéchèse chrétienne sur la résurrection des morts. Elle sera la base de ré-flexions encore à venir.

« Frères, nous ne voulons pas vous laisser dans l’ignorance au sujet de ceux qui se sont endormis dans la mort. » Le fait de la résurrection de Jésus ne sup-prime pas la réalité de la mort. Elle n’a oublié et n’oubliera personne. Jésus a connu la mort et ses disciples mourront comme tout le monde. Les païens sont a-battus devant leur mort et celle des autres parce qu’ils ne savent rien sur l’au-delà de la mort.

Pour parler des morts, Paul emploie un terme précis : ils sont « endormis », ce qui donne à penser qu’il y aura un réveil. Cette espérance d’une autre vie change le regard sur la mort :
« Il ne faut pas que vous soyez abattus comme ceux qui n’ont pas d’espérance ». En entendant cette parole, on pense habituellement aux personnes affligées par un deuil. On peut penser aussi que Paul s’adresse à chacun en face de sa propre mort.

« Dieu, à cause de Jésus, les emmènera avec son Fils. » Voilà le premier élé-ment de la réponse de Paul.
Dieu est solidaire de Jésus qui est lui-même solidaire de l’humanité. La mort et la résurrection de Jésus sont le point d’appui de l’espérance chrétienne en face de la mort.
Dieu emmène chacun ! Cela finit par faire beaucoup de monde. Pour aller où ?
La mort n’est pas un gouffre qui empilerait chacune de nos solitudes. Elle n’est pas la fin d’une route au bout de laquelle on devrait se contenter de se retourner pour regarder le chemin parcouru. Quand il meurt, le chrétien n’est pas perdu dans la nuit, par temps de brouillard. Il n’entre pas dans une foule qui ne va nulle part, conduite par personne. La résurrection du Christ ouvre une route nouvelle.

Tout chrétien est un membre de l’Humanité nouvelle, nettoyée par le Sang du Christ. Il prend la place qui lui a été préparée dans ce peuple de vivants qui ne fait qu’un avec Jésus Christ. Il s’agit de faire partie de ce peuple.
La mort est un seuil sur notre chemin. Un seuil important mais un seuil.
Evidemment, on ne reste pas sur le seuil. Le fidèle entre dans la lumière du Christ.

Ceux qui sont morts avant le retour du Christ ne sont pas pénalisés : « A l’appel de Dieu, le Seigneur lui-même descendra du ciel, et les morts unis au Christ ressus-citeront d’abord. »
On peut penser que Paul, lui-même, envisage un retour prochain du Christ.
« Ensuite nous, les vivants, nous qui sommes encore là nous serons emportés sur les nuées du ciel en même temps qu’eux à la rencontre du Seigneur. »
Cette façon de s’exprimer de Paul s’inspire, disent les spécialistes, de la rencontre de Dieu avec son peuple au Mont Sinaï. C’est Dieu qui vient vers son peuple. La réponse de Paul se situe donc dans la tradition juive.
Une réalité est permanente : Dieu a pris en charge son peuple. Il ne va pas privi-légier une partie au détriment d’une autre.
Tous, vivants et morts, seront emportés en même temps à la rencontre du Sei-gneur. Voilà de quoi rassurer les Thessaloniciens. Mais une autre question vient à l’esprit. Tout cela, c’est pour quand ?
La réponse, c’est pour dimanche prochain !

D.Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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