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310 Fête de l’Epiphanie - Ephésiens 3/2-3a.5-6

2ième lecture : Ephésiens 3/2-3a.5-6

2 Si du moins vous avez appris la grâce que Dieu, pour réaliser son plan, m’a accordée à votre intention,
3 comment, par révélation, j’ai eu connaissance du mystère,
4 vous pouvez constater, en me lisant, quelle intelligence j’ai du mystère du Christ.
5 Ce mystère, Dieu ne l’a pas fait connaître aux hommes des générations passées comme il vient de le révéler maintenant par l’Esprit à ses saints apôtres et prophètes :
6 les païens sont admis au même héritage, membres du même corps, associés à la même promesse, en Jésus Christ, par le moyen de l’Évangile.

A propos de cette 2ième lecture :
Pourquoi ce texte pour la fête de l’Epiphanie ? Il est proposé par l’Eglise en raison du caractère apostolique de la vocation de Paul et plus spécialement du verset 6 annonçant l’entrée des païens dans le Corps de l’Eglise par le moyen de l’Evangile
Paul est en prison lorsqu’il écrit la lettre aux chrétiens d’Ephèse. Après s’être présenté il expose son ministère dans le projet de Dieu. Le ton ici est très personnel. Il se considère avant tout prisonnier du Christ, chargé de mettre en lumière toute l’étendue du plan du salut et du projet de Dieu : regrouper en un seul corps Juifs et païens convertis et associer les uns et les autres à la même espérance. Ce projet c’est la nouvelle économie de la grâce dont Paul est le bénéficiaire prototype.
Il se trouve devant la révélation d’un grand mystère : désormais les païens sont associés aux juifs. Il se sent si petit qu’il ne pense qu’à une chose que ce mystère soit annoncé à tous juifs et païens. Remis dans le contexte de son temps, affirmer que Dieu allait rassembler par le Christ, juifs et païens, était un scandale ou alors comme le dit Paul « une révélation… un mystère ».
Ce projet est révolutionnaire car ce mystère fait craquer toutes les barrières dressées entres juifs et païens. Le « mystère » dont parle la lettre aux Ephésiens, c’est le contenu de l’Evangile : le projet d’amour de Dieu. Le mystère du Christ dont nous il parle concerne tous les hommes promis au partage de l’universel amour gratuit de Dieu.
Le mystère c’est qu’il n’y a plus de mystère quant aux intentions de Dieu : le dessein de Dieu est et doit être pleinement révélé à toutes les nations par le Christ. Non seulement tous les hommes sont l’objet de l’amour de Dieu et bénéficiaires de cet amour gratuit, mais ils sont également appelés à en faire bénéficier les autres !
Paul se souvient que ce projet d’amour de Dieu lui a été révélé lors de son expérience pascale sur le chemin de Damas, dans sa rencontre avec le Christ et de son envoi en mission : Dieu a fait de lui un instrument du salut. Ce fut une expérience forte et unique sans doute, mais en vue de l’Annonce de la Bonne Nouvelle aux Nations. Toute sa vie ne prend sens que dans cet événement, dont il n’est pas l’unique destinataire, et donc dans l’accomplissement de la mission qu’il ne cesse de remplir avec une ardeur sans pareille. La grâce qu’il a reçue n’est pas pour lui mais pour les autres. Saisi par le Christ il a pour mission de dévoiler, par l’Esprit vivant en lui et dans les communautés, le Christ vivant, ressuscité.

C’est grâce à la prédication de l’Evangile, de la Parole que va se réaliser le dessein de Dieu selon lequel tous les hommes doivent avoir part à la même promesse. Tous les hommes : cela suppose que toutes les barrières ont craqué, qu’il n’en existe plus puisque tous les hommes sont associés à la même communion avec Dieu, dans le Christ.
C’est le mystère de Dieu, tenu caché depuis toujours et qui vient d’être révélé.
C’est le don gracieux de la Foi qui est manifesté aux hommes lors de la venue du Christ. Les mystères païens, eux, étaient secrets et réservés aux seuls initiés. Le mystère du Christ est fait pour être révélé et annoncé. Paul peut en parler, lui qui dit : « 15 quand Celui qui dès le sein maternel m’a mis à part et appelé par sa grâce daigna 16 révéler en moi son Fils pour que je l’annonce parmi les païens, aussitôt, sans consulter la chair et le sang » … Ga 1, 15-16

Comme pour Paul, le fondement de notre foi repose sur la grâce qui nous a été faite de la révélation, de la connaissance du mystère du Christ afin que nous le révélions au monde. C’est grâce à l’annonce de l’Evangile, que se réalise dans l’histoire concrète le dessein de Dieu selon lequel tous les hommes doivent avoir part à la même promesse. De la réalisation de ce dessein chacun est responsable selon sa grâce et son charisme. Et dans ce sens toute communauté chrétienne, monastique ou autre, a mission d’annoncer la Bonne Nouvelle, une mission universelle.
Mais le critère d’authenticité pour une communauté n’est pas seulement son souci d’annoncer mais aussi la qualité de son annonce par son témoignage. Ce fut la mission du Christ, à sa suite c’est la nôtre aussi aujourd’hui, une annonce qui se fait dans le temps (et qui ne sera jamais terminée) et dans le témoignage de foi et d’amour de chaque croyant. « Une communauté ne pourra exister réellement que dans la mesure où elle libère le Christ qui l’habite et qu’elle le fait connaître. A trop vouloir garder le Christ pour soi on l’étouffe au risque de la caricature ».
Voilà ce que Paul médite et découvre dans sa prison : c’est le secret du dessein de Dieu, le plan de Dieu appelant tous les hommes à devenir un seul Corps. Le mystère est dévoilé, il est en train de se réaliser.
Au seuil de cette année nouvelle, nous voici invités à prendre conscience que nous sommes l’objet de la gratuité de l’amour, aimés de Dieu, pour être ouverts et disponibles vis-à-vis des autres qui n’ont peut-être pas conscience qu’ils sont eux aussi aimés gratuitement.
Nous voilà appelés à devenir serviteurs et artisans de la gratuité de l’amour divin, capables de saisir les traits de cette gratuité chez ceux qui ne se réclament pas de la même foi mais ne sont pas moins pour autant habités et travaillés par un authentique esprit d’amour.
C’est le secret de la croissance du Corps : il a sa source et son souffle en Dieu, est sans cesse en croissance, n’exclut personne et bien au contraire s’ouvre à tout homme.
Jésus l’avait affirmé en Mt 20, 15-16 : « 15 n’ai-je pas le droit de disposer de mes biens comme il me plaît ? Ou faut-il que tu sois jaloux parce que je suis bon ?" 16 Voilà comment les derniers seront premiers, et les premiers seront derniers. »

De ce texte on retiendra avant tout que l’Epiphanie- la manifestation du Seigneur- n’est pas un fait passé dont on fait mémoire mais une réalité actuelle, à vivre aujourd’hui : « les païens sont admis au même héritage, associés à la même promesse, à la même communion avec Dieu. »
.L’Epiphanie, c’est la réalisation actuelle du dessein de Dieu que le Concile Vatican II exprimait : « La mission de l’Eglise s’accomplit donc par l’opération au moyen de laquelle obéissant à l’ordre du Christ et mue par la grâce de l’Esprit et la charité, elle devient en acte plénier présente à tous les hommes et tous les peuples…de telle sorte qu’elle leur soit ouverte comme la voie libre et sûre pour participer pleinement au mystère du Christ […]
Cette mission continue et développe au cours de l’histoire la mission du Christ lui- même qui fut envoyé annoncer aux pauvres la bonne nouvelle ; c’est donc par la même route qu’a suivie le Christ lui-même que sous la poussée de l’Esprit du Christ, l’Eglise doit marcher, c’est à dire par la route de la pauvreté, de l’obéissance, du service et de l’immolation de soi jusqu’à la mort, dont il est sorti victorieux, par la résurrection » Ad Gentes 2 et 5

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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