30eDimanche A

2ième lecture : I Thessaloniciens 1/5c-10

5 En effet, notre annonce de l’Évangile n’a pas été, chez vous, simple parole, mais puissance, action de l’Esprit Saint, pleine certitude : vous savez comment nous nous sommes comportés chez vous pour votre bien, 6 Et vous-mêmes, en fait, vous nous avez imités, nous et le Seigneur, en accueillant la Parole au milieu de bien des épreuves, avec la joie de l’Esprit Saint.
7 Ainsi vous êtes devenus un modèle pour tous les croyants de Macédoine et de Grèce.
8 Et ce n’est pas seulement en Macédoine et en Grèce qu’à partir de chez vous la parole du Seigneur a retenti, mais la nouvelle de votre foi en Dieu s’est si bien répandue partout que nous n’avons pas besoin d’en parler.
9 En effet, les gens racontent, à notre sujet, l’accueil que nous avons reçu chez vous ; ils disent comment vous vous êtes convertis à Dieu en vous détournant des idoles, afin de servir le Dieu vivant et véritable,
10 et afin d’attendre des cieux son Fils qu’il a ressuscité d’entre les morts, Jésus, qui nous délivre de la colère qui vient.

A propos de cette lecture :

Rédigées vers l’an 51, les deux lettres aux Thessaloniciens sont parmi les premiers écrits de la catéchèse chrétienne. C’est pourquoi, Josef Holzner, dans son livre sur Paul, intitule son chapitre sur les lettres aux Thessaloniciens : « Incipit Novum Testamentum », « Début du Nouveau Testament ».

Dimanche dernier Paul avait évoqué les circonstances dans lesquelles il fut contraint de quitter Thessalonique et d’abandonner la communauté à elle même, jusqu’à ce qu’il leur envoie Timothée.
Dans les versets 5-10, il revient sur son ministère dans cette ville. Si sa pensée théologique est encore au stade germinal de son élaboration, il s’est déjà forgé une expérience apostolique auprès des toutes premières communautés chrétiennes. C’est la foi telle qu’elle a été vécue avant lui, telle qu’il l’a reçue dans les communautés chrétiennes existantes, et telle qu’elle s’est propagée et étendue à tout le bassin méditerranéen qu’il transmet.

v. 6 Paul atteste ici une des lignes de faîte de la catéchèse apostolique : la croissance de la foi s’opère par imitation.
Il est étonnant de constater que les débuts de l’évangélisation ne se font pas à la suite de prédications prestigieuses, même si les apôtres s’y sont soumis. Paul dira lui-même qu’il ne compte pas sur le prestige de la parole pour annoncer Jésus-Christ : c’est à travers les limites de sa pauvreté, à travers le témoignage des croyants que la croissance de la foi s’opère.
Paul se dit lui-même imitateur du Christ et il se réjouit de savoir qu’il est imité par les chrétiens de Salonique, devenus à leur tour des modèles pour les autres croyants. C’est là la ligne de conduite proposée depuis les temps les plus reculés. Le Lévitique invitait déjà à prendre Dieu comme exemple : « soyez saints comme Dieu est saint » Lev. 19,1-2. Jésus le confirme en « soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait »
La lecture de ce dimanche souligne une condition essentielle à toute évangélisation : l’annonce de la Bonne Nouvelle. Au temps de Paul il n’existait pas de livres avec des questions et des réponses, pas de recettes de vie évangélique, mais une Bonne Nouvelle. Tout comme l’Apôtre a accueilli cette Parole, les chrétiens l’ont imité.
Paul admire la conduite de la communauté de Thessalonique en soulignant ce qu’il a lui-même perçu dans leur comportement : « vous avez commencé à nous imiter ».
L’imitation est contagieuse : Paul lui-même imite le Christ ou du moins tente de l’imiter. Le témoignage de Paul est fervent et contagieux : à sa suite les néophytes l’imitent. Ayant accueillis la Bonne Nouvelle, leur foi s’est répandue jusque dans les pays de Mésopotamie et d’Achaïe.
Ils ont besoin de témoins et leur témoignage est contagieux. « Ce qui est jusqu’ici inouï, c’est que désormais par delà Jésus Christ, Dieu se donne à imiter par personnes interposées : par le don de l’Esprit, nous devenons signes et témoins de Dieu par l’accueil de sa Parole vécue en nos frères : vous avez commencé à nous imiter, Nous...et le Seigneur » A. Ruelle

La seule catéchèse suffirait-elle à l’évangélisation si elle n’était déjà précédée du témoignage de croyants vivants de leur foi en Jésus ressuscité ? Toute doctrine chrétienne ne peut être qu’une étape seconde pour ceux qui ont déjà rencontré Jésus-Christ, ou pressenti sa présence dans des croyants, ou une communauté, ou bien encore, ont été interpellés par le témoignage de croyants.
Ce qui est premier, c’est la Parole de Dieu vécue par et dans une communauté.
L’accueil de la Bonne Nouvelle suppose un choix et donc le rejet des idoles, des fétiches c.à.d. de toute divinité, de tout ce qui l’asservirait et le rendrait dépendant des puissances qui ne pouvaient rien pour lui.

La conversion à Thessalonique a deux objectifs : le premier est de « servir le Dieu vivant et véritable » c.à.d. de le reconnaître comme seul Seigneur en se convertissant et se détournant des idoles pour pouvoir le servir comme tel.
Le second objectif est : « d’attendre des cieux son Fils qu’il a ressuscité d’entre les morts, Jésus, qui nous délivre de la colère qui vient. » C’est l’attente confiante et sereine que Jésus recommandait à ses disciples afin d’être prêt à l’accueillir lorsqu’il vient à l’improviste.
Pourquoi parler de la « colère qui vient » ? Il s’agit dit Cahier Évangile d’une image bien connue de l’Ancien Testament pour désigner le jugement de Dieu inaugurant les derniers temps. Cette métaphore qui transfère sur Dieu des sentiments humains exprime l’attitude de Dieu en face de son peuple rebelle : il y a incompatibilité entre Dieu et le péché et les idoles.

_ En accueillant la Parole, les Thessaloniciens se sont convertis et sont devenus un modèle, alors que leur foi n’était sans doute pas sans défaut ni leur morale très affinée. La foi, qui va de pair avec l’accueil de la Parole, n’est pas d’abord un brevet de sainteté et ne fait pas de l’Église une communauté de « purs », mais « une sainte Église de pécheurs », comme l’écrit Ch. Péguy. La contagion d’une communauté n’est possible et efficace que si elle vit dans l’accueil de la Bonne Nouvelle.

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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