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2ième lecture : Colossiens 2/12-14

2ième lecture : Colossiens 2/12-14
12. Ensevelis avec lui dans le baptême, avec lui encore vous avez été ressuscités puisque vous avez cru en la force de Dieu qui l’a ressuscité des morts.
13. Et vous, qui étiez morts à cause de vos fautes et de l’incirconcision de votre chair, Dieu vous a donné la vie avec lui : il nous a pardonné toutes nos fautes,
14. il a annulé le document accusateur que les commandements retournaient contre nous, il l’a fait disparaître, il l’a cloué à la croix,

A propos de cette lecture :
Lorsqu’un empereur romain avait remporté une victoire sur ses ennemis, il la célébrait en grande pompe. Assis sur son plus beau char, il montait jusqu’au Capitole, précédé des ses ennemis enchaînés. On ignore si Paul a pu voir un tel cortège triomphal mais il a eu l’occasion de voir à Rome nombre de bas-reliefs représentant cette scène. Paul s’en inspire pour évoquer la victoire du Christ. Il compare la victoire du Christ sur la croix au char triomphal de l’empereur. Les « autorités et puissances » sont comparées aux magistrats romains qui devaient faire observer la loi et accuser les coupables, chargées par Dieu de la bonne observance de la Loi.
L’accusateur présente à Dieu un document sur lequel sont inscrits tous les manquements à l’égard des préceptes de la Loi. Le document étant régulier, incontestable, l’affaire devrait être close et le verdict assuré : la peine de mort !
Or, coup de théâtre de la part de Dieu : il renonce à entrer en jugement avec l’homme et à porter contre lui un verdict de condamnation ! Bien plus, il se saisit de l’acte d’accusation, le déchire, l’annule, le clouant à la croix. Un seul motif à ce geste inouï : son amour envers nous ! Non seulement c’est la victoire de la miséricorde sur toute faute, mais également sur quiconque se croit chargé d’accuser ses frères.
Un texte fondamental sur le baptême et la vie chrétienne.
En Romains 6 il était question de participation à la mort du Christ mais au passé et participation à la sa résurrection qui ouvrait sur un avenir commun avec le Christ.
Ici en Colossiens, le parallèle est plus étroit : nous sommes tous morts-ressuscités avec le Christ. Les verbes sont au passé, c’est une anticipation que les lettres précédentes n’avaient pas encore faite.
Le but est tout simplement d’affirmer aux chrétiens leur libération à l’égard de toute puissance que ce soit. Ephésiens ira encore plus loin : 2:5-6 « 5 alors que nous étions morts à cause de nos fautes, il nous a donné la vie avec le Christ - c’est par grâce que vous êtes sauvés -, 6 avec lui, il nous a ressuscités et fait asseoir dans les cieux, en Jésus Christ. » puisqu’il dit que nous sommes déjà ressuscités et assis dans les cieux en Lui.
Paul avait parlé de « Christ premier né de toute créature, Christ plénitude de l’Etre qui rassemble et assume toute l’humanité dans son incarnation-Rédemptions, pour nous.
« Mis au tombeau, avec lui ressuscités » :
** c’est un phénomène d’identification : nous étions dans le Christ quand il descendit au tombeau et en sortit. Sa mort c’est la nôtre et sa victoire aussi.
** par le baptême, le chrétien n’est pas seulement plongé dans la mort du Christ en espérant la résurrection mais déjà il participe à la résurrection et à l’intronisation céleste du Christ.
Dans Colossiens et Ephésiens, Paul exprime sa certitude que le chrétien n’est pas seulement plongé dans la mort du Christ en attendant la résurrection mais que déjà il participe à la résurrection et l’intronisation céleste du Christ.
Par le baptême nous sommes un Corps irrigué par la même vie de celui qui est la Tête : « tout cela m’arrive parce que nous croyons en un Dieu qui tire la vie de la mort ».
Par le baptême nous plongeons avec le Christ dans sa mort, dans son mystère d’amour donné gratuitement qui fait de nous des ressuscités grâce à la foi dans la force de l’énergie de Dieu qui a ressuscité, réveillé Jésus d’entre les morts.
Des morts que nous étions par nos manques d’amour et donc privés de la vie de Dieu, Christ a fait de nous des vivants.
Avec le Christ c’est la fin de ce régime impuissant (celui de la Loi du Sinaï qui voyait le pécheur comme un débiteur insolvable) à nous rendre libre et nous donner la vie.
On trouve toute une série de verbes pour bien marquer ce que Christ réalise pour nous dans sa mort-résurrection : il nous a pardonné, il a annulé, il l’a fait disparaître, l’a cloué à la croix. Paul utilise le vocabulaire juridique pour dire avec force combien et comment Dieu nous a pardonné et libéré de toutes les Puissances qui pouvaient nous égarer.
« Il a annulé le document accusateur … »il s’agit du billet de reconnaissance dette dont il est question dans la parabole de l’intendant infidèle, dont il est question aussi dans le Notre Père : « remets-nous nos dettes ».
Ce document, deux images expriment son annulation : il est effacé et cloué sur la croix.
« Il prend la place de l’écriteau cloué sur la croix pour manifester le motif de la condamnation » Jésus Roi des Juifs.
« En style poétique d’une extrême concision se trouve ici résumée la doctrine selon laquelle, pour se réconcilier le monde, Dieu a en quelque sorte identifié Jésus au « péché » pour que nous devenions en lui « justice de Dieu » (2 Cor 5,19-21) » Cah Evang 82 pe 29.

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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