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2e Dimanche de l’Avent C


2ème Dimanche de l’Avent -C-

Dans le déroulement de toute vie quotidienne, l’écart entre le temps donné à la préparation de quoi que ce soit, et le temps de l’exécution est toujours important. Combien d’heures de répétitions avant la première représentation d’une pièce de théâtre ? Que dire des sportifs qui préparent le 100 m. des Jeux Olympiques ? Des années d’en-traînement pour une course avalée en 10 secondes !!! Combien d’heures pour préparer la COP 21 ?

Il y a quelques années, je me suis trouvé par hasard dans une église au moment où les musiciens d’un orchestre avaient rendez-vous pour la répétition générale. Chacun était dans son coin. Un violoniste était près des fonts baptismaux, le flûtiste dans l’arrière-chœur, un trompettiste près d’un confessionnal... etc. Chacun était à son affaire, mon-tait ses gammes et chauffait son instrument en ignorant les autres. Cela faisait un beau désordre sonore. A l’appel du chef d’orchestre, ils se regroupèrent et commencèrent la répétition.

Le soir, j’ai assisté au concert et je me suis dit qu’ils avaient de la chance tous ces musiciens et ces choristes de jouer ou de chanter leur partition en écoutant les autres. Les violonistes ont joué presque sans arrêt ; le trompette de temps en temps et le timbalier, très peu, mais tous se devaient d’être là.
La réalisation de n’importe quelle œuvre collective est toujours précédée d’une activité personnelle. Je ne saurai jamais le nombre d’heures que chaque artiste a consacré chez lui à apprendre sa partition.

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Pour préparer Noël, l’Eglise nous rappelle la parole de Jean Baptiste. « Préparez le chemin du Seigneur ! » Toute l’Eglise se préparer à accueillir son Sauveur mais chaque baptisé a une préparation personnelle à assurer pour entrer utilement dans la dé-marche collective.

Préparer est un verbe qui indique une action. Toute préparation éveille un dynamisme avec une part de routine quelquefois, une part de responsabilité toujours et une part d’initiative de moins en moins.
Nous sommes souvent de simples exécutants. A la campagne, les choses à faire sont commandées par le temps qu’il fait ; ailleurs, dans les entreprises, les délais de livrai-son sont imposés par des gens que les employés ne voient jamais. Nous sommes com-me les esclaves de maîtres sans visage. Vivant toujours sous pression, notre vie spirituelle a du mal à résister et même à exister.
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- Et si le temps de l’Avent nous donnait l’occasion de prendre les commandes d’une parcelle de notre vie !
- Et si le temps de l’Avent nous était donné pour aplanir les collines qui rétrécissent notre horizon, combler des vides et établir des plages de respiration !
- Et si le temps de l’Avent nous était donné pour que, de temps en temps, nous puissions choisir et non plus subir.
St Paul souhaite à ses correspondants de progresser dans « la connaissance vraie" qui leur permettra "de discerner ce qui est le plus important. »

Notre effort personnel pour reprendre en main notre vie s’inscrit dans le chantier de toute l’Eglise. Nous n’avons pas à être des fantaisistes qui chanteraient ce qui leur passe par la tête... quand ça leur chante ! Cela ferait désordre !
Tous les baptisés sont attelés au même chantier. Dans ce chantier, certains sont plus connus que d’autres, on les entend plus souvent, mais chaque chrétien a sa partition à jouer. Au concert, les auditeurs veulent que chaque note soit entendue.
Le monde attend que le baptisé dise la parole attendue, au bon moment, au bon en-droit. Chaque parole est comme une note de musique qui a son importance dans l’en-semble de la symphonie.

Le chantier de l’Eglise, c’est quoi ? Il s’agit pour elle, (pour chacun de nous) de se mettre en état de devenir capable de reconnaître le Seigneur qui arrive, dans notre vie et dans la vie du monde. Car il vient de manière toujours imprévue et malgré nos refus.

Et pourquoi les gens, voyant des baptisés, sachant ce qu’ils font et pourquoi ils le font, n’auraient-ils pas envie d’entrer dans le chantier pour devenir acteurs ?
Mais, est-ce que, en Eglise, nous donnons ensemble quelque chose d’utile à voir et à entendre ? Nos violons sont-ils toujours bien accordés ?
Pour que l’Eglise soit féconde il faut que chaque baptisé vérifie la qualité de sa relation avec Jésus Christ.
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Quand on prépare la cuisine, il y a beaucoup d’épluchures. Dans tous les ateliers de fabrication, il y a des déchets. Quand je prépare une homélie, beaucoup de para-graphes finissent dans la corbeille à papiers !
La préparation n’est pas l’œuvre finie. La réussite, les applaudissements ne nous appartiennent pas. Il nous appartient d’accueillir l’invitation, et d’entrer dans le chantier.

La prière d’ouverture prend maintenant du relief :
Seigneur, ne laisse pas le souci de nos tâches présentes entraver notre marche à la rencontre de ton Fils ;
mais éveille en nous cette intelligence du cœur qui nous prépare à l’accueillir.

D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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