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2e Dimanche de l’Avent C

2e Dimanche de l’Avent

Philippiens 1, 3-11

3 Je rends grâce à mon Dieu chaque fois que j’évoque votre souvenir :
4 toujours, en chaque prière pour vous tous, c’est avec joie que je prie,
5 à cause de la part que vous prenez avec nous à l’Evangile depuis le premier jour jusqu’à maintenant.
6 Telle est ma conviction : Celui qui a commencé en vous une œuvre excellente en poursuivra l’achèvement jusqu’au jour de Jésus Christ.
7 Il est bien juste pour moi d’être ainsi disposé envers vous tous, puisque je vous porte dans mon cœur, vous qui, dans ma captivité comme dans la défense et l’affermissement de l’Evangile, prenez tous part à la grâce qui m’est faite.
8 Oui, Dieu m’est témoin que je vous chéris tous dans la tendresse de Jésus Christ
9 Et voici ma prière : que votre amour abonde encore, et de plus en plus, en clairvoyance et pleine intelligence,
10 pour discerner ce qui convient le mieux. Ainsi serez-vous purs et irréprochables pour le jour du Christ,
11 comblés du fruit de justice qui nous vient par Jésus Christ, à la gloire et à la louange de Dieu.
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A propos de cette lecture :

Je propose pour notre lecture de prendre les versets 3 à 11.
L’Eglise a choisi ce texte uniquement en raison de l’allusion faite à la venue du Seigneur. Nous sommes, en effet, en Avent !

Les Philippiens ayant appris que Paul est en prison, lui envoient Epaphrodite (2,25) pour le soutenir fraternellement dans sa souffrance et ses besoins. On imagine facilement combien il apprécie leur démarche qui est l’expression de leur foi.
C’est un Paul, apôtre prisonnier, qui a engendré cette communauté à la foi ; il commence son message (sans doute sa dernière lettre) en invitant ses correspondants à l’action de grâce ! C’est celle-ci qui donne toute la tonalité à ce passage : en face de la grâce qui s’est manifestée à ses yeux, Paul ne peut que rendre grâce et il dit pourquoi.
Paul aux cheveux blancs est devenu un peu le’bon-papa’ des Philippiens qu’il a amenés à la foi. « J’éprouve pour vous la tendresse du Christ Jésus ». En tous cas il est devenu philosophe, il sait se réjouir, prendre les choses moins au tragique ; il a mis de l’eau dans son vin. Comme quoi il ne faut jamais désespérer ! Paul est un pasteur content de sa communauté qui semble elle-même contente de lui et qui lui manifeste sa reconnaissance de manière sensible.

On peut discerner deux parties à notre péricope : une action de grâce qui ouvre la lettre v. 3-6 et une prière de demande pour la communauté v. 8-11 ; et entre les deux le v.7 dans lequel Paul fait part de ses rapports avec la communauté de Philippes.

L’action de grâce. Paul rend grâce pour la communauté qui prend part à sa mission et qui le soutient, même en lui envoyant de l’argent lorsqu’il en a besoin. Il ne développe pas ce premier mouvement comme il peut le faire parfois, en s’inspirant d’hymnes connues et pratiquées par ses correspondants mais il rappelle ce que la communauté, dès le début, a fait pour l’évangile. Ce pourquoi il rend surtout grâce, c’est la reconnaissance du Christ à l’œuvre en chacun et dans la communauté : les progrès sont l’œuvre unique de Dieu. « La part qu’ils ont prise à l’Evangile » lui remplit le cœur de joie. Sa joie n’est pas un simple sentiment humain « c’est la joie du Christ, la joie qui a sa source dans la foi au Christ » (Gilles Gaide).

v.6 « Le Jour du Seigneur » Cette expression « jour du Christ » prolonge l’expression fréquente dans l’Ancien Testament, « le jour de Yahvé » qui désignait la grande intervention de Dieu. Ici le jour de Jésus signifie le jour de son retour glorieux comme souverain juge : les premiers chrétiens l’attendaient tellement impatiemment.
Pour Paul cette grâce d’accomplissement est à l’œuvre en tout croyant. « Sa préoccupation jusqu’à la hantise, c’est que Dieu achève son Œuvre généreuse jusqu’au jour de l’Avènement du Christ Jésus (v.6). » Ruelle. Cet accomplissement se réalisera : « afin que votre amour abonde encore de plus en plus.
« Que Dieu achève en toi ce qu’il a commencé » : c’est ce qui est dit au moine aux différentes étapes de son engagement dans la vie monastique. C’est l’œuvre de Dieu qui est en route au cœur du croyant : le maître d’œuvre est bien Dieu, toujours à l’œuvre.

v.7 : Le ton est à la tendresse, à la reconnaissance. L’expression de la tendresse pastorale et paternelle de Paul : « je vous porte dans mon cœur » dit bien le lien privilégié d’amour qui unit Paul à la communauté, jusque dans ses chaînes de prisonnier. Elles ne l’empêchent pas d’être en communion avec les Philippiens qui participent à la même grâce que lui. Osty dit dans une note : « les Philippiens partagent la grâce de Paul par la sympathie qu’ils lui témoignent, les prières qu’ils font à son intention, les subsides qu’ils lui envoient ». Ils partagent la grâce de Paul : tout comme pour lui, Dieu a fait irruption dans leur vie et s’est révélé à eux et les entraînent dans une conversion qui n’est pas encore terminée. Comme lui ils sont envahis par l’amour du Christ qui est en croissance perpétuelle en eux.

2. Le second mouvement est une prière d’intercession v. 8-11

v.8 Il faut relever à propose de ce verset, l’excès de langage du texte ! Je rends grâce en chaque …toujours en toute demande. J’exprime avec joie… Du premier jour jusque maintenant... Je chéris tous.
On peut à peine imaginer la joie que cette lettre a suscitée dans la communauté des Philippiens.
L’amitié ne peut que grandir quand elle se vit dans la joie de l’accueil réciproque. On veille à se rendre indispensable quand quelqu’un nous dit : « tu me manques ». Ne serait-ce pas cela l’Avent, un temps où nous attendons quelque chose des autres et de l’Autre ?

v.9 Après avoir exprimé les liens privilégiés d’affection qu’il a pour eux, Paul demande que l’amour des Philippiens augmente de plus en plus, qu’il soit assez fort pour savoir discerner l’essentiel de l’accessoire et ceci en vue de l’avènement du Christ. C’est ainsi qu’ils éviteront les faux pas dans leur marche vers le « jour du Christ ».
Paul prie pour que les Philippiens sachent discerner l’essentiel et ne s’égarent pas dans des futilités, mais surtout qu’ils comprennent que l’essentiel est l’amour fraternel. Et parlant du « jour du Christ », il affirme toute l’importance de l’engagement et de la décision de l’amour. Ce qui ne veut pas dire qu’ils ne rencontreront pas de problèmes qui auront une toute autre coloration et pourront être résolus autrement.

v.10 La demande de Paul vise l’essentiel à vivre jusqu’à ce qu’arrive le jour du Seigneur, c’est à dire un accroissement de charité qui est le signe de l’œuvre de Dieu dans le cœur de l’homme et d’une communauté.
Et « cet essentiel » n’est pas toujours ce qui est au cœur de nos préoccupations à nous aussi, Paul nous invite à vérifier nos priorités « et nous souvenir que pour être vrai l’amour a autant besoin de tête que de cœur et qu’une pratique chrétienne authentique suppose une mise en œuvre de l’intelligence éclairée par la foi. » Deleclos dans Prends et mange la Parole de Dieu. Il le dira en d’autres endroits : « elle (la charité) est le lien de la perfection. » Col. 3,14 « elle est le fruit de l’Esprit Saint. » Ga. 5,22 C’est une charité sans limite envers Dieu et envers les hommes qui pourra nous combler « du fruit de justice qui nous vient par Jésus-Christ » et ainsi nous pourrons tendre vers la plénitude et rendre gloire à Dieu.

v.11 Le but ultime de l’amour : la gloire et la louange de Dieu.
C’est en réalisant cette fin que l’homme se réalise lui-même et trouve son parfait bonheur. Comment le comprendre ? L’amour de Dieu est dans le cœur de l’homme, il anime la vie de l’homme et tend à sa perfection : l’effusion de l’amour de Dieu tend à combler le cœur de l’homme et de ce fait ne fait que contribuer à la gloire de Dieu.
La gloire de Dieu c’est l’amour répandu dans nos cœurs
Pour débattre de l’essentiel, Paul ne s’appuie pas sur des vertus extraordinaires. Une communauté où règne assez d’amour ne manque pas de l’essentiel et peut le discerner. Le malheur vient de ce que chacun(e) croit trop facilement savoir où il se trouve, alors que bien souvent l’essentiel de l’un se révèle accessoire pour l’autre. Paul rappelle que le véritable essentiel se trouve dans l’amour de Dieu et des frères.

Pour nous, en ce deuxième dimanche de l’Avent, l’essentiel n’est-il pas de crier dans un même amour : « Marana Tha… Viens Seigneur Jésus » ?

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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