Accueil > Prier avec nous > Commentaires 1ére lecture > 2e Dimanche de l’Avent A Rolmains 15, 4-9

 

2e Dimanche de l’Avent A Rolmains 15, 4-9

2ième lecture : Romains 15/4-9

4.Or, tout ce qui a été écrit jadis l’a été pour notre instruction, afin que, par la persévérance et la consolation apportées par les Ecritures, nous possédions l’espérance.
5 Que le Dieu de la persévérance et de la consolation vous donne d’être bien d’accord entre vous, comme le veut Jésus Christ,
6 afin que, d’un même cœur et d’une seule voix, vous rendiez gloire à Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ.
Accueillez-vous donc les uns les autres, comme le Christ vous a accueillis, pour la gloire de Dieu.
Je l’affirme en effet, c’est au nom de la fidélité de Dieu que Christ s’est fait serviteur des circoncis, pour accomplir les promesses faites aux pères ;
9 quant aux païens, ils glorifient Dieu pour sa miséricorde, selon qu’il est écrit : C’est pourquoi je te célébrerai parmi les nations païennes, et je chanterai en l’honneur de ton nom 10 et cet autre : Nations, exultez avec son peuple ;
11 ou encore : Toutes les nations, louez le Seigneur, et que tous les peuples le célèbrent. 12 Et Isaïe dit à son tour : Il paraîtra, le rejeton de Jessé, celui qui se dresse pour commander aux nations. En lui les nations mettront leur espérance. 13 Que le Dieu de l’espérance vous donne en plénitude dans votre acte de foi la joie et la paix, afin que l’espérance surabonde en vous par la vertu de l’Esprit Saint.

A propos de cette lecture  :

Pourquoi ce passage au deuxième dimanche de l’Avent ? Sans doute parce qu’il présente le Christ qui « vient accomplir les promesses faites aux pères », en les sauvant tous, qu’ils soient païens ou juifs.

Il faut bien se rendre compte que les chrétiens de Rome venaient les uns du judaïsme et les autres du paganisme et qu’il était parfois difficile de faire l’unité sinon par l’accueil mutuel et le respect des différentes mentalités ; comme il l’est encore aujourd’hui entre ce que nous appelons les conservateurs et les progressistes. Ce n’est pas à ce niveau que Paul imagine que l’unité puisse se réaliser mais à un plan plus profond.

Dans sa lettre, Paul a longuement développé sa théologie de la gratuité de l’amour dont les croyants sont l’objet de la part de Dieu ainsi que celle de l’universalité de la grâce offerte à tous, quelles que soient l’origine et la culture dont ils sont issus, Juifs ou païens. Les versets retenus pour ce dimanche font partie des conclusions pastorales que l’Apôtre, dans un souci de conciliation, tire de son exposé.

V4 : « tout ce qui a été écrit l’a été pour notre instruction ».
Au verset 3, Paul selon son habitude, avait appuyé son discours en ayant recours à l’Ecriture, car il « fait souvent appel aux Ecritures, mais il fait peu la théorie de ce recours, le v.4 n’en est que plus précieux ; les Ecritures contribuent à l’instruction pratique de la communauté, elles sont une source de persévérance et de courage. La bénédiction des v.5-6 réintroduit les faibles dans l’appel à la communion. Le Christ Jésus est le modèle et l’inspirateur de l’unité qui permet à la communauté de glorifier, d’un même cœur, d’une même voix, le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ » .

Dans ce chapitre 15, Paul fait un plaidoyer pour l’unité des chrétiens : en effet ceux-ci viennent d’origines différentes : du judaïsme et du paganisme. L’acquisition de cette unité suppose la compréhension et l’entraide mutuelle. Pour nous y inviter, Paul se base sur l’exemple du Christ, au v. 3 : « le Christ n’a pas recherché ce qui lui plaisait, il ne s’est pas recherché lui-même ». Il base aussi son argumentation sur le psaume 69,10 : « car le zèle de ta maison me dévore et les insultes de ceux qui t’insultent sont tombés sur moi ». L’exemple que Christ nous a laissé est bien celui d’une vie d’oubli de soi, tout entière abandonnée à son Père et donnée jusqu’à l’extrême aux siens. Cet oubli de lui-même l’a conduit à la croix.

C’est la Parole du Christ, vérifiée par son témoignage d’une vie donnée jusqu’au bout, qui conduit Paul à affirmer la valeur de l’Ecriture pour la vie chrétienne : elle est le guide de tous ceux qui ont mis leur foi en Christ, comme elle le fut pour leurs ancêtres dans la foi. La foi établit un lien très fort entre Dieu et le croyant. Et la parole de Dieu non seulement éclaire la route, mais elle ne revient pas à Dieu sans avoir produit le fruit qu’il en escomptait.
Voilà pourquoi la Bible a été écrite « afin que, par la persévérance et la consolation apportées par les Ecritures, nous possédions l’espérance. » v.4 Telle est la puissance de l’Ecriture pour qui la reçoit dans son intégralité et dans une attitude d’accueil humble et ouvert. La Parole de Dieu peut alors prendre dans le croyant toute sa dimension et de déployer dans une vie, à l’exemple de celle du Christ, tout entière donnée et dans un oubli total. Donc en disant « parole jadis donnée pour votre enseignement », Paul va plus loin en disant « pour nous instruire » : la Parole n’est pas une doctrine comme on le pense trop souvent puisqu’elle entraîne l’espérance grâce à la persévérance et la consolation.

v. 4 « Posséder l’espérance grâce à la persévérance et la consolation apportées par les Ecritures » : La présence personnalisée de Dieu se réalise dans sa Parole gardée et reprise dans les Ecritures. C’est Dieu qui se donne tout entier à travers l’Ecriture et qui nourrit notre espérance qui, elle, nous permet de persévérer.
Quelle est cette consolation apportée par les Ecritures ? Elle est cette extraordinaire Bonne Nouvelle de l’Amour de Dieu pour chacun de nous, l’annonce du Salut de Dieu en Jésus-Christ. Ce salut c’est justement de pouvoir vivre, l’amour en vérité au cœur des communautés et dans la diversité des personnes et de leurs charismes, de manière à être bien d’accord et n’avoir qu’un seul cœur et une seule voix de manière de rendre grâce à Dieu. C’est cela la persévérance.

Si les Ecritures apportent persévérance et consolation, le temps de l’Avent serait-il un temps de ressourcement par les Ecritures ? En tout cas elles sont à la source de notre espérance, attisée par la confiance en la promesse de Dieu. Avons-nous encore l’audace de croire que nous faisons partie de ce peuple de la promesse ? Car, voilà la Bonne Nouvelle ! Ou bien serions-nous à ce point blasés, qu’inondés par les promesses vaines des gouvernants de ce monde, nous ne croyions même plus dans la véracité et la solidité des promesses de Dieu ?
En ce temps de l’Avent, habités par la même espérance, avec nos différences, l’unité que nous cherchons n’exclut aucunement la diversité ni les difficultés dans l’œuvre de salut réalisée par le Christ en vue de former un seul corps. Déjà cette unité est réalisée pleinement en lui dans l’accueil qu’il réserve à chacun. Cette unité que nous cherchons, à laquelle nous travaillons n’a pas sa fin en elle-même, mais elle doit rendre grâce à Dieu le Père de notre Seigneur Jésus-Christ.
« Du verset 8 à 12, Paul explique la manière dont le Christ s’est montré accueillant pour les chrétiens. L’idée est simple : le Christ a opéré le salut non seulement des Juifs mais aussi des Gentils, en ne faisant aucune différence entre les uns et les autres, il donne l’exemple d’une charité qui s’étend indistinctement à tous » Dupont dans Ass. du Sgr. 6.

« Conclusion de Marie-Noëlle Thabut : « accueillez-vous mutuellement, juifs ou païens devenus chrétiens, ne vous occupez plus de votre passé respectif, chantez seulement la gloire de Dieu, sa fidélité pour les uns, sa miséricorde pour les autres. » Intelligence des Ecritures. A1.40

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

Abbaye du Port du Salut - 53260 Entrammes | tél : (33) 02 43 64 18 64 - fax : (33) 02 43 64 18 63

 
>>>>