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2e Dimanche de l’Avent

9 décembre 2007
2ème Dimanche de l’Avent –A-Is. 11, 1-10 Rom. 15, 4-9 Mt 3, 1-12

_Le Royaume d’Israël a été annexé par les Assyriens (Irak du nord) en 701 avant J.C. A Jérusalem, on s’en moque. On refuse d’étudier les vraies raisons de cette catastrophe et d’entendre les appels à la conversion. Résultat : le Royaume de Juda (Jérusalem) subira le même sort que le royaume du nord (Samarie). Isaïe annonce la catastrophe de manière imagée en comparant le peuple à une forêt.

Une belle forêt suscite toujours l’admiration. Si on peut dire, les arbres sont fiers d’eux-mêmes. La forêt, devenue le symbole de l’orgueil, sera rasée.
« Le Seigneur jette bas la ramure avec violence : ceux qui sont de haute stature sont abattus, les plus élevés mis à bas. Ils tombent sous le fer les taillis de la forêt et le Liban majestueux s’écroule (Is. 10, 33-34). Mais parce que Dieu ne renonce jamais à son alliance, il fait toujours suivre l’annonce d’une catastrophe d’une annonce de salut. C’est le texte d’aujourd’hui.

Que reste-t-il d’une forêt rasée ? Des souches. Que peut-on attendre d’une souche ? Qu’elle pourrisse ! Et pourtant, il arrive que d’une souche sorte un rameau.
Dans la succession des générations, on appelle souche la personne qui est, dans l’arbre généalogique, à l’origine d’une lignée nouvelle. « Un rameau sortira de la souche de Jessé. »
On sait peu des choses des ancêtres de Jessé. On connaît bien sa descendance.

Qui était Jessé ? Un berger qui habitait Bethléem vers l’an 1000 avant J.C. Il avait huit fils. Un jour, le prophète Samuel, à la recherche d’un roi pour succéder à Saül, choisit David. Le petit dernier de la famille deviendra le plus grand roi d’Israël. On parle de l’arbre de Jessé pour signifier la continuité de l’alliance de Dieu avec les descendants de ce berger de Bethléem.

La mission de tous les rois était de conduire le peuple élu de telle manière que tous les peuples de la terre découvrent le Dieu unique en regardant vivre ce peuple d’Israël.
Les rois devaient être les fidèles délégués de Dieu auprès du peuple. _ _ Mais même les meilleurs ont eu des défaillances et les historiens pourraient compter le nombre de forêts abattues au cours de l’histoire du peuple de Dieu. A chaque fois pourtant, il y eut des rameaux qui ont resurgi.

Mais les meilleurs rameaux portaient en eux des germes de dérives. Y aura-t-il un jour un rameau qui donnera naissance à une vraie forêt assez humble pour durer au long des siècles ? Y aura-t-il un jour un roi totalement fidèle à Dieu ?
C’est ce rameau, ce roi, qu’annonce le prophète Isaïe. Il en fait le portrait.
Il sera d’abord la demeure de l’esprit du Seigneur. Il aura une relation particulière avec Dieu qui lui donnera la sagesse, le discernement, la force et la claire vision des choses.
Remarques 1). Isaïe nous fait rêver : « Le loup habitera avec l’agneau ». _ Aujourd’hui, il dirait : « Les jeunes des banlieues danseront la farandole avec les policiers. Les prisons deviendront des espaces verts. »
Un humoriste a écrit ceci : « Ceux qui prennent leurs désirs pour des réalités sont ceux qui croient à la réalité de leurs désirs. » Pour croire à la réalité des désirs, il faut qu’ils aient un commencement de réalité.

Ces jours-ci, Benoît XVI nous invite à réfléchir sur l’espérance chrétienne. Elle ne provoque pas des chambardements spectaculaires. Elle transforme la vie des gens de l’intérieur. Elle donne de voir dès maintenant quelque chose de la réalité attendue. L’évangile n’est pas seulement un ensemble d’informations utiles à connaître. Ces informations, pour qui les met en pratique, produisent des faits qui changent la vie. C’est par la transformation du cœur de l’homme que le cœur du monde pourra changer.
Ces temps-ci nous pouvons porter dans notre prière Ingrid Bétancourt et les otages de Colombie. Leur espérance est mise à l’épreuve.

2). _ Les peuples souhaitent toujours être conduits par des gouvernants remplis de sagesse surtout après des catastrophes nationales. Ce qui est vrai des peuples est vrai aussi de l’Eglise. Chacun espère un pape ou un évêque selon ses goûts.

Pourtant, le temps de l’Avent n’est pas un temps donné aux autres pour qu’ils fassent ce qui nous convient. Pourquoi ne pas prendre ce texte en pensant à notre vie personnelle ?
Il y a dans chacune de nos vies des espaces de forêts qui sont la marque de notre conscience d’être solides, voire admirables. Il nous arrive d’être sûrs de nous, et de conduire notre vie à notre guise.

Des coups durs, des épreuves ont secoué ou secoueront et quelquefois abattront ces forêts prétentieuses. Et il ne restera que des souches. Le temps de l’Avent nous invite à regarder les débris, les souches de nos vies et aussi à découvrir le rameau qui surgit. Tous nos bonheurs ont des fissures, nos malheurs aussi.

Un jour, le fils d’un déporté (Robert Badinter) alla faire un pèlerinage dans le camp de concentration où était mort son père. Il découvrit dans la fissure d’une dalle de béton trois fleurs qui poussaient. Il en prit une et la mit dans son portefeuille. Et de ce jour-là, dit-il, il eut la conviction que la vie était décidément toujours plus forte que la mort.
Il était sur les lieux d’une forêt humaine abattue et voilà une fleur !

Un roi de justice surgira de notre monde de déceptions et de béton. Il surgira parce qu’il est déjà au travail.
Une fleur est sortie d’une dalle de béton. Un rameau sortira de la souche de Jessé.

D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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