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2e Dimanche de carême B

[***]1 mars 2015
2ème dimanche de Carême -B-

Il y a Dieu tel qu’il est et il y a Dieu tel que nous l’imaginons.
Abraham vivait dans un clan qui avait ses dieux. Selon la tradition de ce clan, tout enfant premier-né devait être offert en sacrifice. Un jour, il perçoit une exigence : quitter son pays. Etaitce une parole du Dieu de son clan ou celle d’un autre Dieu ?
Ce fut sans doute pour lui une question difficile à débrouiller. Il prit la route et se trouva engagé dans un cheminement spirituel.
Le récit de la Genèse, lu ce matin, nous raconte comment Abraham est passé d’un Dieu, qui manifeste sa domination en exigeant le sacrifice humain, à un Dieu qui protège la vie.
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Si Abraham avait son idée sur Dieu, Pierre avait son idée sur Jésus.
A une question de Jésus, il déclare avec assurance : « Tu es le Christ » (8,29 ). Mais ne pouvant pas supporter que Jésus annonce sa mort brutale, il se fait rabrouer : « Passe derrière moi, Satan. » (8, 31). La Passion étant un passage obligé, Jésus appelle à le suivre sans hésitation (8,34-38).
Et voilà qu’aujourd’hui sur cet arrière-fond de rejet, il se présente à Pierre, Jacques et Jean avec des vêtements d’une blancheur inimitable. Il se montre dans sa gloire accompagné de Moïse et d’Élie.
La présence de Moïse évoque la place fondamentale de la Loi, et celle d’Elie le rôle déterminant des prophètes. Moïse, Elie et Jésus, voilà trois repères incontournables dans l’histoire du peuple de Dieu. Dans cette situation, l’impétueux Pierre prend la parole. « Rabbi, il est bon que nous soyons ici. »

_En fait, qu’il soit confronté à la perspective, inacceptable pour lui, de la mort de Jésus ou bien qu’il soit témoin de sa gloire, Pierre, dépassé par l’événement, ne comprend pas ce qui se passe. Heureux de vivre ce moment présent, il aimerait le prolonger. « Dressons donc trois tentes, une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie. »

Sur la montagne, Jésus se montre donc tel qu’il est. Dans son humanité, il n’a rien perdu de sa divinité. Il n’est pas tantôt homme et tantôt Dieu. Cette gloire n’habite pas en lui de manière fugace. Elle est en lui permanente mais cachée. Dans les moments les plus durs de sa Passion, il gardera sa sérénité, sa capacité d’amour et de pardon.

Une nuée a coupé la parole à Pierre. Une voix s’est fait entendre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé. »
En sortant de l’eau du Jourdain, Jésus a déjà entendu personnellement cette parole. Dieu le Père assurait son Fils de sa solidarité et Jésus se savait reconnu par son Père.
Sur la montagne de la Transfiguration les trois disciples entendent cette même Parole et la voix ajoute : « Ecoutez-le. » Le Père s’efface devant son Fils. Ecouter Jésus, c’est écouter le Père. Dieu le Père confirme le message du Baptême.
En descendant de la montagne, Jésus donne une consigne aux témoins « ne raconter à personne ce qu’ils ont vu avant que le Fils de l’Homme soit ressuscité d’entre les
morts. »

Jésus ne veut pas intervenir dans le cours de l’Histoire. Les hommes au pouvoir, il veut les laisser aller jusqu’au bout de leur projet. La capacité de jugement des chefs religieux est tellement faussée qu’ils sont convaincus de faire ce qui doit être fait pour le salut du peuple. Leurs dérives sont devenues leurs repères. Et, comme Jésus veut assumer tous les modèles de dérives, les événements doivent suivre leur cours selon la décision des hommes.

St Paul dit ceci : « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Il n’a pas épargné son propre fils mais il l’a livré pour nous tous : comment pourrait-il avec lui ne pas nous donner tout ? » Aucune de nos dérives n’échappe à sa capacité de salut.

Nous vivons, semble-t-il, dans un monde où les dérives sont devenues des repères.
Les dérives globales de notre société sont devenues le socle des décisions de chacun.
Dans notre monde, des choses qui paraissaient inimaginables il y a quelques dizaines d’années, sont devenues évidentes.
On nous parle sans cesse de la dignité humaine. On peut se demander si la dignité ne se réduit pas à l’apparence. Pour être respecté (ou supporté) il faut être présentable. Ceux qui tombent dans le piège des apparences se mettent à cultiver les postures.

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Le Carême nous est offert
- pour confirmer notre foi en Jésus, même quand il cache sa divinité,
- pour détecter les évidences d’aujourd’hui qui nous intoxiquent,
- pour répondre à quelques questions : Quelle idée nous faisions-nous de Dieu quand nous étions enfants ? Que disons-nous de lui aujourd’hui ? N’avons-nous plus rien à découvrir ?

Allons-nous vers lui de questions en questions ou de certitudes en affirmations qui, devenues des verrous, bloquent toute recherche ?
La prière de l’Eglise dit ceci :
« Accorde à ton peuple un cœur neuf
pour entendre à nouveau ta Parole. »
(1er dim. de Carême 1ères Vêpres)
Donne à ceux qui te cherchent de te trouver
et à ceux qui t’ont trouvé de te chercher encore ?
Lundi soir 1ère semaine de Carême
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Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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