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2e Dimanche de Pâques - Dimanche de la Miséricorde

2ième lecture : Apocalypse 1/9-11a.12-13.17-19

Apocalypse 1,9-13.17-19

9 Moi, Jean, votre frère et votre compagnon dans l’épreuve, la royauté et la persévérance en Jésus, je me trouvais dans l’île de Patmos à cause de la Parole de Dieu et du témoignage de Jésus.
10 Je fus saisi par l’Esprit au jour du Seigneur, et j’entendis derrière moi une puissante voix, telle une trompette,
11 qui proclamait : Ce que tu vois, écris-le dans un livre, et envoie-le aux sept Églises : à Ephèse, à Smyrne, à Pergame, à Thyatire, à Sardes, à Philadelphie et à Laodicée.
12 Je me retournai pour regarder la voix qui me parlait ; et, m’étant retourné, je vis sept chandeliers d’or ;
13 et, au milieu des chandeliers, quelqu’un qui semblait un fils d’homme. Il était vêtu d’une longue robe, une ceinture d’or lui serrait la poitrine ;
14 sa tête et ses chevaux étaient blancs comme laine blanche, comme neige, et ses yeux étaient comme une flamme ardente ;
15 ses pieds semblaient d’un bronze précieux, purifié au creuset, et sa voix était comme la voix des océans ;
16 dans sa main droite, il tenait sept étoiles, et de sa bouche sortait un glaive acéré, à deux tranchants. Son visage resplendissait, tel le soleil dans tout son éclat.
17 À sa vue, je tombai comme mort à ses pieds, mais il posa sur moi sa droite et dit : Ne crains pas, Je suis le Premier et le Dernier,
18 et le Vivant ; je fus mort, et voici, je suis vivant pour les siècles des siècles, et je tiens les clés de la mort et de l’Hadès.
19 Écris donc ce que tu as vu, ce qui est et ce qui doit arriver ensuite.

A propos de cette lecture

Le temps pascal est un temps d’intériorité, d’intimité autour de Celui que nous savons vivant et qui après sa résurrection va devenir le grand invisible. Certes nous ne sommes pas au temps des Onze ni des disciples de Jésus mais nous faisons le même parcours et prenons la même route que Lui vers le Père.
C’est un nouveau type de présence et de relation que les disciples ont dû apprendre et que nous aussi nous devons sans cesse re-découvrir. Ce n’est pas fait une fois pour toutes. Nous l’avons bien vu pour Marie-Madeleine qui fait l’expérience d’une nouvelle relation avec Jésus : au delà du « ne me touche pas » elle vit une relation tout autre- avec le Ressuscité, entré dans l’infini de Dieu, mais combien plus forte aussi parce qu’accompagnée d’une mission.
Cet aspect est pascal : la rencontre avec le ressuscité est presque toujours suivie d’un envoi en mission. Si Jésus donne rendez-vous à ses apôtres dans la Galilée des Nations c’est bien dans ce but.
Le temps pascal est l’occasion de découvrir la nouveauté de Dieu en Jésus Ressuscité : sa jeunesse est celle de l’amour ; sa liberté le rend à la fois proche et insaisissable ; l’envoi en mission pour annoncer le salut à tous les hommes et témoigner qu’il est proche de tout homme.

_ La lecture de l’apocalypse accompagne notre temps pascal. En quoi est-ce spécifique au temps pascal ? Christ a vaincu la mort, il est dans la gloire du Père. C’est là que nous retrouvons et qu’il nous donne rendez-vous.
L’Apocalypse est un livre pour temps de crise dit-on ! La littérature apocalyptique a pour but d’apporter réconfort aux communautés en leur révélant le sens du plan de Dieu et en les assurant que les puissances du Mal céderont le pas au monde céleste qui vient.
L’Apocalypse c’est le dévoilement du sens des événements qui sont en train d’arriver, et donc aussi des événements que connaissent les Eglises de notre temps.
Jésus est dans la gloire auprès du Père. Ce qui change tout et donne une assurance sans pareille à tous ceux qui lui sont attachés et reliés par la foi. C’est cette vision que Jean va transmettre à l’Eglise : c’est sa vision inaugurale qui éclaire tout le livre.
Les 7 Eglises, cad l’ensemble des communautés chrétiennes d’Asie Mineure et de Grèce, d’Ephèse à Laodicée, connaissaient l’épreuve des persécutions qui les plongeait dans un bain de sang. Les choses n’ont pas bien changé depuis. Il s’agit donc de soutenir les communautés menacées de découragement ou de s’affadir face aux persécutions.
Jean revendique la pleine responsabilité de son écrit qui se situe dans la ligne des prophètes. Il se trouve dans l’île de Patmos où il est sans doute exilé. Il connaît l’épreuve à cause de la Parole de Dieu et du témoignage de Jésus.
Toute la vie des disciples de Jésus devient témoignage de l’expérience de la résurrection de Jésus. Ils ne peuvent pas ne pas en parler.

On est dans la vision inaugurale qui se passe en trois phases : Jean est en extase- Vision du Fils de l’homme- Identification du Fils d’homme avec Jésus ressuscité.

Jean est en extase : cf. Dn 7, 15-28.
Un peu de vocabulaire : « Votre frère » : c’est une expression caractéristique de la communauté du peuple de Dieu dans l’A.T et reprise dans le N.T pour désigner la relation intime qui unit les membres de la communauté du nouvel Israël cad l’Eglise. L’Eglise est une fraternité, un peuple de frères que Jésus notre frère a fondée. « Je monte vers mon Père et votre Père »
« Votre compagnon » : l’Eglise n’est pas une fraternité quelconque, c’est une « communauté avec le Christ et les frères, mais aussi communauté dans l’épreuve. Jean associé souvent épreuve et Royaume : le chrétien participe déjà au Royaume tout en connaissant l’épreuve et l’humilité
« La persévérance » : c’est le mot d’ordre de l’Apocalypse.

Jean « est saisi d’extase le « jour du Seigneur » c’est le jour où l’on commémore le triomphe pascal. La traduction littérale pour extase est « j’étais en esprit ». Ce n ‘est pas seulement un état extraordinaire car ce qui arrive est du domaine de l’Esprit et est vécu dans l’amour de Dieu- pouvant dépasser toute compréhension rationnelle.
Jean souligne que cela se passe « le jour du Seigneur » sans doute le « premier jour de la semaine » faisant allusion à la Résurrection du Seigneur « où l’œuvre de mort de l’homme est détruite par l’œuvre de vie du Christ. C’est le huitième jour, celui d’un nouveau commencement, d’une re-création, où la mort est vaincue de façon définitive. »( Ram bourg)
C’est aussi le jour où la communauté se réunit et cette parole est pour la communauté.
« J’entendis une voix… », c’est celle de l’Esprit. Elle ne lui dit pas d’écouter car l’évidence est telle qu’il ne peut pas ne pas entendre.
« Ecris ». Il reçoit deux ordres : écrire et communiquer son message. L’écrire c’est lui donner un avenir pour les 7 Eglises à qui elles sont destinées. Une révélation n’est jamais personnelle elle est destinée à l’Eglise.

Vision du Fils de l’homme
Il passe ensuite de l’audition à la vue : la voix n ‘était là que pour inviter à écrire la vision.
Que voit-il ? Le Fils de l’homme au milieu de sept chandeliers d’or.
Description du Fils de l’homme :
+une longue robe : c’est la robe sacerdotale : « c’est bien un tel grand prêtre que nous avons, lui qui est assis à la droite du trône de la majesté dans les cieux.Heb. 8,1
+ sa tête et cheveux blancs » rappellent le Thabor
+ses yeux : rappelons-nous le regard du Christ : sur le jeune homme riche, sur Pierre après le reniement, la pauvre veuve, les pharisiens…
+ ses pieds = stabilité
+ sa voix : trompettes et éclairs = c’est la présence de l’Esprit, la force de l’amour.
La Parole de Dieu est comme une épée tranchante, elle pénètre jusqu’au point de division de l’âme et de l’esprit, elle va jusqu’au plus intime de la personne.

Le Fils de l’homme c’est Jésus le ressuscité dans son intime relation avec l’Eglise. Jean tombe à ses pieds comme mort : la mort de l’adoration, mort à soi en présence de Dieu… Le Fils de l’homme est à entendre selon la vision de Daniel 7. Le Christ vient réaliser la vocation du Serviteur et sauver les multitudes. C’est tout le sens du mystère pascal vécu par le Christ.
Ainsi l’Eglise porte-lumière du ressuscité est appelée à rayonner dans le monde. On ne met pas la lumière sur le boisseau mais, fidèle à la parole du Christ, on la met sur le lampadaire pour qu’elle éclaire tout autour. Jésus avait proclamé : « vous êtes la lumière du monde » ainsi les Eglises doivent manifester Celui qui est la lumière qui est au milieu d’elles. Il leur donne la lumière qu’elles ont à répandre autour d’elles.

Identification

C’est moi le premier et le dernier… : celui qui donne la vie, le vivant. Non seulement le vivant mais celui qui ayant vaincu la mort, donne son réconfort et apporte l’assurance à ceux qui ont peur. Nous pouvons avec son aide parler en son Nom.
Toute l’existence chrétienne est définie comme participation en Jésus au Royaume, mais cette participation se réalise dans l’humilité de la croix
Le témoignage en faveur de la parole de Dieu connaîtra la persécution, la croix
La constance devient alors la vertu spécifiquement chrétienne qui triomphe en attendant la venue du Seigneur
Jésus intervient auprès des siens en leur éclairant le sens de leurs épreuves et des événements et les exhorte : « dans le monde vous aurez à souffrir mais gardez courage, j’ai vaincu le monde » Jn 16,33
Voilà la préface des lettres qui seront envoyées aux sept paroisses d’Asie qui survivent dans les conditions qui sont les leurs en ce moment.

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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