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2e Dimanche de Pâques-Dimanche de la Miséricorde.

1 Jean 5, 1-6

5 1 Celui qui croit que Jésus est le Christ,
celui-là est né de Dieu ;
celui qui aime le Père qui a engendré
aime aussi le Fils qui est né de lui.
2 Voici comment nous reconnaissons
que nous aimons les enfants de Dieu :
lorsque nous aimons Dieu
et que nous accomplissons ses commandements.
3 Car tel est l’amour de Dieu :
garder ses commandements ;
et ses commandements ne sont pas un fardeau,
4 puisque tout être qui est né de Dieu
est vainqueur du monde.
Or la victoire remportée sur le monde,
c’est notre foi.
5 Qui donc est vainqueur du monde ?
N’est-ce pas celui qui croit
que Jésus est le Fils de Dieu ?
6 C’est lui, Jésus Christ,
qui est venu par l’eau et par le sang :
non pas seulement avec l’eau,
mais avec l’eau et avec le sang.
Et celui qui rend témoignage, c’est l’Esprit,
car l’Esprit est la vérité.

5.1﷓5 1.La victoire de la foi

Le mot « foi » n’apparaît qu’une fois en 1 Jn 5,4 : c’est le mot « croire » qui est toujours utilisé.
Il n’est pas inutile de relire les versets qui précèdent : « 19 Quant à nous, nous aimons parce que Dieu lui-même nous a aimés le premier. 20 Si quelqu’un dit : « J’aime Dieu », alors qu’il a de la haine contre son frère, c’est un menteur.
En effet, celui qui n’aime pas son frère, qu’il voit, est incapable d’aimer Dieu, qu’il ne voit pas. 21 Et voici le commandement que nous tenons de lui : celui qui aime Dieu, qu’il aime aussi son frère. »
L’amour n’a de sens qu’en relation avec l’amour fraternel : impossible d’aimer Dieu sans aimer les frères. On voit que Jean est concret et sait de quoi il parle : « si quelqu’un dit » : il est injustifiable d’abuser de son frère qui est là devant vous et en même temps de prétendre aimer Dieu que nu n’a jamais vu » Fleinert-Jenssen « commentaire de la première épitre de Jean . »
L’idée de l’amour amène à celle de notre relation avec Dieu, qui conduit à son tour à celle de la victoire. L’amour et la foi sont liés l’un à l’autre (cf. 4.16), et le croyant triomphe du monde.

1. « Celui qui croit que Jésus est le Christ, celui là est né de Dieu ».
La foi ne peut être séparée de notre façon de voir Jésus, et Jean insiste sur cette vérité du début à la fin de cette épître. Il est indispensable de croire que Jésus est le Christ. On est alors né de Dieu (grec : « a été engendré par Dieu »). Le fait de confesser que Jésus est le Christ n’est pas le fruit d’une compréhension intellectuelle. L’homme qui confesse cette vérité prouve que Dieu a agi en lui (cf. 1 Co. 12.3). Il aimera alors ses frères chrétiens, car quiconque aime celui qui l’a engendré, aime aussi celui qui est né de lui.

2. « Voici comment nous reconnaissons que nous aimons les enfants de Dieu ... »
Jean ne cesse d’insister sur l’idée que l’amour pour Dieu et l’amour pour les hommes sont étroitement liés. Alors que d’habitude il parle de l’amour pour Dieu qui se manifeste dans l’amour pour les frères, il adopte ici la proposition inverse : « Nous savons que nous aimons les enfants de Dieu, quand nous aimons Dieu. » Jean, qui a 1’esprit pratique, ne se limite pas à la pensée de notre amour pour Dieu. Il ajoute : « et que nous pratiquons ses commandements. » Celui qui aime vraiment a le souci de faire la volonté de Dieu. L’amour de Dieu et l’amour de l’homme, avec la vie qu’ils inspirent, ne font qu’un.

3. « Car tel est l’amour de Dieu : garder ses commandements … »
En fait, l’apôtre peut définir l’amour de Dieu en ce qu’il consiste à garder ses commandements. Jean n’est pas légaliste. Il reconnaît néanmoins que l’amour est agissant. Notre amour se manifeste tout naturellement en nous poussant à faire ce qui plaît au Bien﷓Aimé et, qu’est﷓ce qui peut le mieux nous renseigner sur ce qui lui plaît, sinon ses commandements ? En ajoutant ses commandements ne sont pas pénibles, Jean ne veut pas dire que ce soit tout à fait facile de s’acquitter de ses obligations envers Dieu, mais plutôt que les commandements de Dieu ne sont pas un fardeau ennuyeux. Ils peuvent être difficiles, mais c’est une joie de les observer.

4. « Puisque tout être qui est né de Dieu est vainqueur du monde. »
Il est question à présent de la victoire. La source de notre victoire c’est Dieu dont nous sommes ses Bien Aimés. L’ « objet », le destinataire premier de cet amour, c’est son Christ et, en lui, tout croyant né de son Amour. Vainqueur du monde, c’est à dire de toutes les forces du Mal qui se conjuguent dans l’homme et le monde, pour mettre en échec le projet de Dieu.
Il vaut la peine de remarquer que le premier verbe ‘triomphe’ a plutôt le sens de « a triomphé ». La victoire décisive a été gagnée dans le passé, quand Christ est mort pour vaincre le mal et que les croyants lui ont accordé leur confiance. La position à la fin de la phrase de « c’est notre foi » met cette expression relief (qui n’apparaît qu’à cet endroit dans 1 Jean, et ne se retrouve ni dans l’évangile ni dans 2 et 3 Jean.).

5. « Qui donc est vainqueur du monde ? N’est-ce pas celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ? »
Cette question à allure rhétorique insiste sur la place qu’occupe la foi. La victoire est pour celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu.
Notez qu’une fois de plus, l’accent est mis sur l’importance d’une vue juste de la personne du Fils, par le témoignage rendu au Fils.
Voici encore un exemple de l’habitude qu’a Jean de répéter un mot pour le mettre en évidence, car ces deux versets renferment une triple allusion à la victoire sur le monde. Cela ne peut nous échapper.

6. « C’est lui, Jésus Christ, qui est venu par l’eau et par le sang… et c’est l’Esprit qui rend témoignage. »
Puisqu’il importe tellement d’avoir une juste conception de Jésus, il est d’un grand intérêt que celui-ci soit clairement présenté. Jean va citer une partie du témoignage qui fonde sa position.
Il accrédite son affirmation en s’appuyant sur trois témoins : l’eau, le sang et l’Esprit.
Qu’il soit venu avec de l’eau est sûrement une allusion à son baptême, son immersion dans le Jourdain, signifiant son Incarnation ; le sang évoque son baptême dans la mort de la croix ; l’Esprit livré nous en déchiffre le sens. Ces témoignages sont concrets et constatables : lors du baptême, Jésus entendit la voix céleste et il commença solennellement sa mission de Fils ; lors du coup de lance, lorsque le sang a jaillit du côté transpercé du Christ, Jean a vu le don de l’Esprit.
Certains hérétiques semblent avoir soutenu que le Christ divin était descendu sur Jésus au baptême, pour le quitter avant sa mort. Jean attaque cette opinion en mettant l’accent sur le sang qui a coulé après la mort de Jésus, non avec l’eau seulement, mais avec l’eau et avec le sang. Tout semblait clair en ce qui concerne l’eau, mais il fallait que Jean insiste sur 1e sang. C’était cela, la pierre d’achoppement pour les hérétiques.
Mais l’Esprit rend témoignage. II est parfaitement qualifié pour le faire, car l’Esprit est la vérité.
Le témoignage intérieur de l’Esprit, ainsi que tout ce qu’impliquent le baptême et la mort du Christ, ne sont pas trois thèmes qui n’auraient aucun rapport les uns avec les autres. Tous trois évoquent le même acte que Dieu a accompli en Christ pour le salut de l’homme.
C’était et c’est toujours le centre même de l’Évangile.

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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