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2e Dimanche de Pâques- Dimanche de la Miséricorde.

12 avril 2015

2ème Dimanche de Pâques

L’évangile de Jean nous ramène au premier jour de la semaine qui a suivi la mort de Jésus. (C’est notre dimanche) Pierre et Jean, alertés par Marie Madeleine, ont trouvé son tombeau vide. Les premiers, ils quittent les lieux. Jésus se manifeste alors à Marie Madeleine restée sur place et, le soir de ce même jour, nous retrouvons les apôtres en-semble, on ne sait où.
De quoi peuvent-ils parler ? Jean est persuadé que Jésus est vivant. A-t-il fait part de sa conviction ? Pierre a t-il retrouvé la parole ? On ne sait. Ce qui est sûr c’est que « les portes du lieu où ils se trouvaient étaient verrouillées par crainte des juifs. » Se faire oublier est leur première préoccupation.

Et voilà que sans prévenir, Jésus se trouve au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! » Les apôtres pouvaient s’attendre à tout sauf à cela. Est-ce bien celui qu’ils ont abandonné qui est là et leur donne la paix ? Pour les rassurer, Jésus montre ses plaies. Oui, c’est bien celui qui a été crucifié qui est là devant eux. Ces plaies font désormais partie de son histoire. Les apôtres passent de la peur à la joie.

Jésus a rejoint ses apôtres pour leur donner une mission : transmettre la paix qu’ils ont eux-mêmes reçue à ceux qui veulent faire la vérité sur leur vie. Il leur communique un souffle nouveau qui prendra toute sa dimension à la Pentecôte.

Très vite, et pour la première fois, les apôtres vont avoir l’occasion d’annoncer la ré-surrection. Ce sera à un collègue, Thomas, absent lors de la visite de Jésus. Comment garder pour soi une bonne nouvelle ?! Dès qu’il est de retour, ils lui annoncent : « Nous avons vu le Seigneur. » C’est donc une communauté qui annonce la résurrection et pas un individu. Pour Thomas, cette information est tellement stupide qu’il ne veut pas croire sans avoir vérifié. Lui, il n’a rien vu. Ce qui aurait pu n’être qu’une formalité est devenu un blocage, à vivre en milieu fermé. Et cela va durer huit jours !

Impuissants devant cet entêtement, les apôtres apprennent deux choses :
- Il y a l’annonce de la résurrection qui relève de l’initiative des apôtres et l’accueil de l’annonce qui relève de la décision de chacun. Le témoignage de la communauté est indispensable mais l’acte de foi n’est pas une adhésion à la pensée commune d’un groupe mais une adhésion à une personne vivante qui donne la vie et agrégé à une communauté.
- On ne devient pas croyant convaincu par un empilement d’arguments. Il faut une expérience personnelle. Jésus reviendra le dimanche suivant revoir les apôtres toujours enfermés et s’adressera à Thomas : « Avance ton doigt ici et vois mes mains ; avance ta main et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. »
Thomas est désarmé. Un acte de foi lui échappe : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Et Jésus commente ; « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »

Il reste que le comportement de Jésus est stupéfiant. La sagesse populaire dit qu’on ne change pas une équipe qui gagne mais que faire d’une équipe qui a montré une si grande fragilité dans une situation difficile ? Pour continuer sa mission, Jésus aurait pu choisir une autre équipe avec des gens plus structurés. Mais les gens les plus solides ne seront jamais que des pécheurs. Il choisit qui il veut et ne revient jamais sur le choix qu’il a fait quels que soient les faiblesses. Il leur donnera la force qui l’habite, son Esprit.
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Dans le prolongement du récit de Jean, le texte des Actes des Apôtres rapporte com-ment, après la Pentecôte, fonctionne une Eglise en bonne santé.
- En suivant le texte, on observe qu’il y a d’abord le témoignage de la communauté des croyants : « La multitude de ceux qui étaient devenus croyants avaient un seul cœur et une seule âme. » La foi est d’abord une affaire de cœur comme l’amour. On peut noter au passage, que la Bible ne parle pas d’avoir la foi comme on a une voiture. Elle parle de croire, ce qui suppose toujours une réponse risquée à une question.
- Le témoignage des croyants rend acceptable la prédication des apôtres : « C’est avec une grande puissance que les apôtres rendaient témoignage de la résurrection du Seigneur Jésus. » Les croyants apparaissent comme des gens crédibles.
- La prédication des apôtres fortifie le témoignage des croyants. Tout naturellement, l’acte de croire se traduit en gestes fraternels, en partage. La mise en œuvre de ce partage évolue avec le temps. Nous recevons tous les jours des demandes d’argent venant d’associations les plus diverses. Elles proposent plusieurs montants au choix. J’ai observé qu’aucune association ne refuse un don même s’il est au-dessous du montant proposé le plus faible. Chaque démarche de partage construit l’Eglise.

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Journellement, dans l’Eucharistie, Jésus est celui qui rencontre le mauvais serviteur que nous sommes. Il vient nous faire revivre. Il entre dans notre misère pour que nous entrions dans sa vie. Nous découvrons en lui l’homme miséricordieux. Il ne consacre pas à la miséricorde les restes de son emploi du temps, les restes de son é-nergie. Il n’est que miséricorde.
Il donne la joie à celui qui est revenu. Il invite à la joie celui qui est resté fidèle et bien souvent il reste incompris.
Que le Seigneur nous donne de reconnaître notre misère et d’être d’autant plus té-moins de sa miséricorde que nous serons plus conscients de notre péché.

« Dieu de Jésus Christ, ne laisse pas l’incrédulité fermer les portes de notre cœur mais ouvre-les toutes grandes à la présence miséricordieuse de ton Fils. »
D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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