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2e Dimanche de Pâques- Dimanche de la Miséricorde.

27 avril 2014

2ème Dimanche de Pâques –A-

Très tôt, le matin de Pâques, Marie-Madeleine, Pierre et Jean se sont trouvés devant le vide inexplicable du tombeau de Jésus.
Le constat étant fait, Marie-Madeleine reste près du tombeau tandis que Pierre et Jean rentrent chez eux. Chacun essaie de mettre au clair dans sa tête ce qu’il a observé.
Jésus aurait pu profiter de la présence de ces trois témoins pour rendre évidente sa victoire sur la mort. Trois témoins qui ensemble ont vu Jésus vivant, cela aurait donné de la force à leur parole. En fait, Jésus a attendu le départ de Pierre et de Jean pour se faire reconnaître par Marie-Madeleine. Seule, elle reçoit un message à transmettre : « Va trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. » Voilà ce que doit dire Marie-Madeleine aux disciples qui ont lâché Jésus. Il les considère comme des frères ! Message trop beau pour être vrai ! Dans la culture de l’époque, le témoignage d’un seul témoin, qui plus est est une femme, n’est pas reçu. La parole de Marie-Madeleine tombe à plat !
Il y a un abîme entre le cœur de Jésus et le cœur des disciples.

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Le texte d’aujourd’hui nous les présente, le soir de ce même jour, ensemble dans un lieu secret. La peur des Juifs les imprègne plus que le message de Marie-Madeleine.
Et voilà que Jésus se trouve au milieu d’eux ! Ce ne sont pas quelques verrous qui ont pu poser problème à celui qui a bousculé la pierre de son tombeau : Première parole : « La paix soit avec vous ! » Premier geste : « Il répandit sur eux son souffle » : Il les fait sortir du tombeau dans lequel la peur les enferme et il leur demande de proposer la paix à tous ceux qui ont conscience d’être prisonniers des dérives de leur vie.

Les disciples sont tous remplis de joie. Tous sauf un. Thomas est absent. La joie qui habite les disciples trouve des mots simples, pour lui dire la bonne nouvel-le : « Nous avons vu le Seigneur. »
Mais Thomas est un homme à la tête bien charpentée. Il n’entre pas facilement dans la pensée des autres. Au cours du discours de la dernière Cène, quand Jésus a demandé à ses disciples de le suivre, il lui a répondu du tac au tac : « Seigneur, nous ne savons pas où tu vas, comment en connaîtrions-nous le chemin ? » (Jn 14,5). C’est aussi un homme généreux et loyal. Lazare étant mort à Béthanie Jésus a décidé de s’y rendre. Le déplacement est risqué (Béthanie est tout près de Jérusalem) mais Jésus est décidé. Thomas annonce son choix : « Allons, nous aussi, pour mourir avec lui. » (11,16)

_La parole de paix de Jésus transmise par les disciples bute contre la raison raisonnante de cet homme rugueux. Sortir du tombeau, c’est une chose, entrer dans le cœur de Thomas, c’est une autre affaire ! L’affrontement va durer huit jours ! On imagine l’ambiance dans un lieu fermé ! Les arguments des disciples n’égratignent pas l’assurance de Thomas. Les choses auraient pu en rester là, mais Jésus n’abandonne pas Thomas. Il veut le libérer de son entêtement. Sa miséricorde est inlassable !

Huit jours plus tard, les disciples sont toujours enfermés par peur des juifs. Jésus se manifeste à nouveau et s’adresse directement à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. » Le texte ne dit pas si Thomas a touché les plaies. Il les a vues. Il reconnait Jésus. Un cri lui échappe : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus conclut : « Parce que tu m’as vu, tu crois ; heureux ceux qui croient sans avoir vu. »

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Pierre a vécu l’effondrement de son reniement et l’affrontement avec Thomas. Il écrit : « Dieu, dans sa grande miséricorde, nous a fait renaître grâce à la Résurrection de Jésus Christ pour une vivante espérance, pour l’héritage qui ne connaitra ni destruction, ni souillure, ni vieillissement.

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A la source de la foi, il y a donc :
- 1) Un événement : la mort de Jésus et sa résurrection.
- 2) le témoignage de femmes et d’hommes qui l’ont vu ressuscité. A chaque fois, c’est Jésus qui a pris l’initiative de se faire reconnaître. A chaque fois, ce fut un choc.
- 3) Les témoins ont parlé. Leur parole d’hommes et de femmes n’était qu’une parole noyée dans le flot de toutes les paroles des hommes et des femmes de leur temps.
De génération en génération, cette parole a fait son chemin. Elle continue de s’adresser au cœur de ceux qui l’entendent. Ils l’acceptent ou la refusent. Ceux qui la reçoivent n’ont jamais fini d’en découvrir la nouveauté.
_Toute vie humaine, qu’elle soit splendide ou misérable est appelée à finir. En se mettant à la suite du Christ, les disciples visaient une vie honorable dans un horizon humain. La traversée de la Passion a été pour eux comme un gouffre.
La mort et la résurrection du Christ donnent à ceux qui le suivent un regard nouveau. Ils vivent dans ce monde autrement avec une perspective qui ne déçoit pas.
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_Le Livre des Actes des Apôtres raconte les premiers moments vécus par les premiers baptisés. N’ayant pas vu, ils écoutent ceux qui ont vu ; ils se considèrent comme des frères. Sérénité n’est pas naïveté ! Les épreuves existent à l’intérieur des communautés et les persécutions sont réelles. Ils ne se laissent pas abattre, ils voient dans les épreuves comme une purification, une invitation à approfondir, à purifier le contenu de leur foi. Chaque dimanche, ils se rassemblent pour rendre présent dans leur vie l’événement fondateur, la mort et la résurrection de Jésus, dans l’Eucharistie.
C’est ce que nous faisons aussi chaque dimanche.

D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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