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2e Dimanche de Pâques A

2ème Dimanche de Pâques –A-

Actes des Apôtres 2, 42,47 1 Pierre 1, 3-9 Jean 20, 19-31

Pour découvrir comment la Divine Miséricorde intervient dans notre vie, regardons le comportement de Jésus et des disciples avant et après la Passion.
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* Quelques jours avant la Pâque juive, Jésus est accueilli triomphalement à Jérusalem. Les apôtres sont les témoins ébahis de l’enthousiasme de la foule. Dans leur tête, ils peuvent penser que les jeux sont faits et qu’ils ont eu raison de se mettre à la suite de Jésus. Ils peuvent même envisager de recueillir quelques miettes de sa gloire.
* Le jeudi suivant, Jésus rassemble ses disciples pour le repas de la Pâque. Quand il annonce que l’un d’eux va le livrer, l’ambiance devient tendue. Chacun s’interroge. Regards, chuchotements, inquiétude ! Judas quitte le groupe.
* Le soir de ce jeudi, après l’arrestation de Jésus, c’est la débandade générale.
* Le soir du vendredi, après son exécution, c’est la fin du rêve.
Dans les coulisses du Pouvoir, ceux qui travaillent au service de la communication peuvent annoncer que le dossier Jésus est clos. On peut le classer dans les archives.
* Le samedi, jour du sabbat, les disciples sont discrets.
* Le lendemain, (premier jour de la semaine), tôt le matin, Pierre et Jean sont dérangés par Marie-Madeleine qui leur donne une information inquiétante. Le tombeau est vide. Où est le corps ? Les ennuis continuent.
* Le soir venu, (c’est le texte d’aujourd’hui) les disciples se trouvent ensemble, on ne sait où. Les portes sont verrouillées par crainte des Juifs. Il y a un absent, Thomas.

En quelques jours, les disciples de Jésus se sont trouvés plongés dans la liesse populaire, puis dans une atmosphère de gravité, de doute et de déroute.
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Quand on lit maintenant le récit des Actes des Apôtres, Changement de décor ! On est toujours à Jérusalem mais on est aussi comme dans un autre monde. Jésus a encore des disciples ! Et même, il en a davantage qui se considèrent comme des frères, assidus à l’enseignement des apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières. (…) Tous les croyants vivaient ensemble et ils avaient tout en commun. (…) Chaque jour, d’un même cœur, ils fréquentaient assidûment le Temple. »

Comment expliquer ce changement de climat ? L’intervention violente de l’Esprit Saint, le jour de la Pentecôte, a libéré des énergies inimaginables. Mais il faut revenir au soir du premier jour de la semaine avec l’évangile de ce matin et retrouver les disciples, coincés par la peur, dans leur espace verrouillé. Tout d’un coup, il y a du nouveau : « Jésus vint et il était là au milieu d’eux. »
La découverte du tombeau vide a un commencement d’explication mais peut-on imaginer la stupéfaction des disciples ? Si Jésus vient les trouver, c’est sans doute qu’il veut les sanctionner à propos de leur fuite, le jeudi précédent, devant les forces de l’Ordre : « Par ici, mes gaillards, j’ai quelques comptes à régler avec vous. »
« Il leur dit : « La Paix soit avec vous ! » Après cette parole, il leur montra ses
mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. »
Les plaies de Jésus sont définitivement inscrites sur sa carte d’identité (signes particuliers). S’il a été quelquefois en colère, il ne connaît ni la haine ni la rancune. Il ne cherche jamais à humilier qui que ce soit.
Cette parole de paix est le premier acte indispensable d’une proposition de reconstruction. Pour la confirmer, Jésus la répète. Et il ajoute : « De même que le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. » Jésus continue de leur faire confiance ! Parce qu’ils sont restaurés dans leur humanité, qu’ils deviennent donc, eux aussi, les artisans de la reconstruction des hommes qu’ils rencontreront sur leur route !

Mais Thomas était absent. Jésus n’en fait pas la remarque. Il ne demande pas qu’on lui fasse part de son passage. Il laisse les apôtres réagir comme ils l’entendent. Bien sûr, ils racontent ce qui s’est passé : « Nous avons vu le Seigneur. »
Mais Thomas ne veut pas se laisser avoir. Il résiste et veut vérifier par lui-même. En-fermés dans leur peur des juifs, les disciples vont essayer de convaincre Thomas, qui va essayer de les ramener à la raison.

Jésus n’aime pas le travail à moitié fait. Huit jours plus tard, il revient et s’adresse directement à Thomas qui renonce à discuter. Sa rencontre personnelle avec le ressuscité fait fondre son argumentation intellectuelle.
Nous avons là l’image d’une petite cellule d’Eglise qui, pendant huit jours, (c’est long comme une éternité !) s’épuise à vouloir convaincre, dans des débats interminables. On ne devient pas croyant avec des arguments.
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Associer cette démarche de Jésus à l’idée qu’on se fait spontanément de la Miséricorde est audacieux. Dans notre quotidien, à ce mot de miséricorde sont associés des mots comme faiblesse ou mollesse. On ferme les yeux, on oublie, on laisse passer. Or Dieu, par son Fils Jésus, ne laisse rien passer. Il n’y a pas de reconstruction possible hors de la vérité.
Dieu est totalement « Miséricorde ». Il ne consacre pas à la Miséricorde le surplus de son énergie. Il nous rejoint dans notre misère, nos aveuglements, nos lâchetés pour nous ouvrir un chemin de guérison. Chaque fois que c’est nécessaire, aussi souvent qu’il le faut, il n’est que miséricorde.
Il a donné aux apôtres, qui se sont écroulés dans la peur, d’être les témoins de sa victoire sur la mort. Il donnera à Paul qui a persécuté les chrétiens de son temps, une responsabilité particulière dans son Eglise.
Finalement, Jésus fait confiance à sa grâce en nous.
« Eternel est son amour ». (Ps 117)
D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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